Parcoursup : Les vœux doivent être formulés avant ce mardi minuit

C’est le grand pour les lycéens de Terminale et les jeunes en réorientation pour décider de leur avenir. Ils ont en effet jusqu’à minuit ce mardi pour formuler leurs vœux dans Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur qui continue de diviser, y compris dans les discours des candidats à la présidentielle.

Encore quelques heures de réflexion et de stress pour les futurs étudiants pour inscrire leurs 10 vœux maximum et 20 sous-vœux parmi toutes les formations reconnues par l’Etat, sans avoir à les classer. Ils ont cependant jusqu’au 7 avril pour peaufiner leurs lettres de motivation et dossiers de candidature.

Une « ignominie » pour Mélenchon

La plateforme d’admission post-bac a fait couler beaucoup d’encre dès sa création il y a quatre ans, beaucoup l’accusant d’introduire de la sélection à l’université. Des candidats à la présidentielle la fustigent, plusieurs à gauche proposant de le supprimer.

« J’abrogerai Parcoursup, cette ignominie », a ainsi lancé début mars Jean-Luc Mélenchon. Le candidat communiste Fabien Roussel, qui veut aussi « y mettre fin », a qualifié Parcoursup de « Koh-Lanta de l’orientation professionnelle, mais sans totem d’immunité ». Anne Hidalgo veut aussi « supprimer Parcoursup », « pour rétablir l’accès équitable des lycéens français à l’enseignement supérieur », tout comme Yannick Jadot, pour qui « ce système d’une boîte noire qui définit votre avenir, c’est insupportable ».

La question de la transparence des algorithmes

Pour « éviter les délits d’initiés en matière d’orientation », Valérie Pécresse affirme de son côté qu’elle « rendra aussi transparents et accessibles les algorithmes locaux de Parcoursup ». Emmanuel Macron a, lui, vanté la « formidable réussite » de Parcoursup, avec « des résultats plus performants » que le système précédent Admission Post-Bac (APB), très critiqué.

Si beaucoup reconnaissent des progrès par rapport à APB – notamment la fin du tirage au sort, la création de quotas de boursiers ou les informations sur les formations fournies par la plateforme – syndicats et spécialistes du sujet pointent cependant des lacunes de Parcoursup.

La Snesup-FSU veut « créer de nouvelles places »

Pour Hervé Christofol, membre du bureau national du syndicat Snesup-FSU, « on ne va bien sûr pas revenir à des inscriptions sur papier et des files d’attente devant chaque université », mais « il faut abandonner le non-classement des vœux, qui a créé une réelle mise sous tension des formations, et a pour conséquence de faire du surbooking ». Selon lui, il faudrait « créer de nouvelles places pour supprimer la sélection ».

Le fait que les propositions soient faites « au fil de l’eau » est également critiqué, les candidats se retrouvant souvent sur liste d’attente. Ils pourront recevoir cette année des réponses du 2 juin jusqu’en septembre. Mais, « c’est une procédure qui s’étale sur plusieurs mois et qui crée un certain nombre de difficultés », notamment « pour les étudiants qui n’ont pas la possibilité d’attendre jusqu’à l’été pour se décider », souligne Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS et coauteur d’une étude de l’Insee sur Parcoursup.