Parcoursup : « 17.800 formations seront disponibles cette année sur la plateforme »

Image d’illustration du site Parcoursup. — DENIS CHARLET / AFP

  • A partir de mercredi, les lycéens ou étudiants en réorientation pourront commencer à y saisir leurs vœux d’orientation jusqu’au 11 mars minuit sur Parcoursup.
  • La plateforme va intégrer encore de nouvelles formations cette année.
  • Et pour la première fois, les notes des spécialités de terminale vont être prises en compte dans l’étude du dossier du candidat.

A vos marques… Mercredi sera le premier jour de lancement des inscriptions sur la plateforme Parcoursup, et les lycéens ou étudiants en réorientation pourront commencer à y saisir leurs vœux d’orientation jusqu’au 11 mars minuit. Jérôme Teillard, chargé de mission Parcoursup au ministère de l’Enseignement supérieur, explique à 20 Minutes les nouveautés de cette quatrième édition de Parcoursup et les conséquences de la situation sanitaire sur son fonctionnement.

Quelles nouvelles formations vont intégrer la plateforme cette année ?

Nous avons très largement augmenté le nombre de formations disponibles. Elles seront 17.800 cette année, dont 5.000 proposées par la voie de l’apprentissage. De nouvelles formations font leur entrée : un concours commun des écoles nationales de vétérinaires post-bac, les bachelors universitaires de technologie (BUT), qui remplacent les DUT. Mais aussi des parcours préparatoires au professorat des écoles (PPPE), mis en place dans 23 académies à titre expérimental, qui sont des licences généralistes associées à des enseignements en lycée et destinées aux futurs enseignants.

Il y aura aussi de nouvelles classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) : la MP2I (pour mathématiques, physique-chimie, informatique et ingénierie) et la ECG (économique et commerciale voie générale), qui remplacera les anciennes classes prépas économiques et commerciales. Et Sciences Po Paris, qui a supprimé son concours d’entrée, rejoint Parcoursup.

A partir de cette année, les notes des spécialités de terminale vont être prises en compte dans l’étude du dossier du candidat. Seront-elles décisives ?

Ces notes comptent pour 32 % dans son évaluation pour le bac. Elles sont intéressantes à prendre en compte, puisqu’elles seront le reflet de l’investissement de l’élève en 1re et en Terminale.

Il n’est pas impossible que les deux épreuves de spécialités prévues en mars soient reportées ou annulées en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. Que se passera-t-il dans ce cas ?

Pour l’heure, elles sont toujours prévues entre le 15 et le 17 mars. Mais si cela change, les élèves seront prévenus de la manière dont ils seront évalués. Concernant les formations sélectives sur Parcoursup, elles donneront un maximum de visibilité aux candidats : si, par exemple, un oral initialement prévu en présentiel est remplacé par un entretien en visioconférence en raison de la situation sanitaire, cela sera indiqué noir sur blanc sur la plateforme.

Si jamais les épreuves du bac sont annulées comme l’an dernier, le taux de réussite à l’examen risque d’être exceptionnel, à l’instar de 2020. Y aura-t-il suffisamment de places dans l’enseignement supérieur pour accueillir tous les néobacheliers ?

Oui, car il est prévu de créer 20.000 places supplémentaires en 2021 dans des filières qui sont très demandées par les élèves. Ces dernières années, les formations en apprentissage ont par exemple suscité un fort engouement : du coup, nous passons de 4.200 formations en apprentissage en 2020 à près de 5.000 en 2021.

Idem pour les IFSI (instituts de formation en soins infirmiers), qui sont très prisés. En 2019, 103.000 candidats ont demandé cette formation pour 25.000 places Nous nous sommes fixé l’objectif en partenariat avec les régions de créer 6.000 places de plus en deux ans.

Dans un sondage Ipsos* publié en septembre, 22 % des néobacheliers déclaraient ne pas être satisfaits de la formation qu’ils ont obtenue via Parcoursup. Comment améliorer la situation ?

En développant l’accompagnement des candidats, afin qu’ils connaissent mieux les filières qui peuvent leur convenir et les attendus qu’elles demandent. En raison de la crise sanitaire, nous avons développé les salons de l’orientation en virtuel et les établissements organisent des journées portes ouvertes en ligne. Et cette année, nous lançons un compte Instagram pour aller à le rencontre des candidats.

Rappelons aussi l’existence de vidéos tutorielles, d’un numéro vert, de tchats orientation, de la possibilité de joindre nos experts par mail…

Quelles formations vont être les plus demandées en 2021, selon vos pronostics ?

Je pense que le concours commun des écoles nationales de vétérinaires post-bac va connaître un grand succès, car le fait de ne pas passer par une classe prépa va lever les appréhensions de certains candidats qui n’osaient pas tenter leur chance. Les formations médicales vont aussi continuer à susciter un fort engouement : le parcours spécifique accès santé (PASS) et les licences avec option accès santé (LAS). Tout comme les formations paramédicales et les BUT. Les licences droit, psychologie, Staps et économie vont encore aussi être très demandées.

La mobilité des étudiants d’une académie à une autre risque-t-elle d’être moins forte en raison de la crise sanitaire ?

L’aide à la mobilité a bénéficié à 10.000 étudiants en 2019 et à 20.000 en 2020. Mais cette année, les difficultés économiques rencontrées par les parents freineront peut-être la mobilité de leurs enfants.

Certains étudiants en réorientation estimaient avoir été moins bien lotis sur Parcoursup que les néobacheliers l’an dernier. Est-ce le cas ?

Non, ils ne passent pas après les néobacheliers. D’ailleurs, 81 % des étudiants en réorientation ont reçu une proposition d’inscription à la fin de la procédure.

Avec trois années de recul, sait-on si Parcoursup a contribué à réduire le taux d’échec en licence ?

Oui. En 2018-2019, le taux de passage en 2 e année de licence était de 45,4 %. Après quelques années de stabilité, autour de 40 %, ce taux a augmenté de 4,4 points entre 2016 et 2018. Mais il est à craindre que la crise sanitaire puisse avoir un impact sur cette bonne lancée.

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* Sondage Ipsos réalisé via Internet du 9 au 20 septembre 2020 sur 1.001 néo bacheliers (sur la base des fichiers fournis par le ministère), constituant un échantillon d’inscrits sur Parcoursup en 2020 et ayant été admis ou non dans une formation.

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