Panne des numéros d’urgence : Le PDG d’Orange assure qu’il ne s’agit « pas un problème de sous-investissement »

Stéphane Richard était entendu mercredi 16 juin 2021 concernant la panne d’Orange début juin. (Illustration) — Thomas SAMSON / AFP

Le PDG d’Orange était auditionné ce mercredi à l’Assemblée nationale concernant la panne de l’opérateur début juin. « Ce n’est pas un problème de sous-investissement de la part d’Orange, ce n’est pas lié au réseau cuivre, c’est lié à un bug logiciel préexistant » sur un équipement « installé en 2016 », a expliqué Stéphane Richard devant les députés de la Commission des Affaires économiques.

Le « bug logiciel – qui ne s’était pas manifesté jusque-là- s’est produit au moment d’une commande de reconnexion (…) à l’occasion d’une opération de modernisation et d’extension du réseau pour faire face à l’augmentation du trafic que nous avons observé tout au long de l’année 2020 » a détaillé le directeur d’Orange.

« L’activation des cellules de crise a été trop lente »

Pour son PDG, « cet incident n’est pas lié à un sous-investissement mais à un investissement. Tous les messages sur l’obsolescence du réseau sont hors sujet », a-t-il insisté mercredi. Le dirigeant de l’opérateur a néanmoins reconnu devant les députés « des faiblesses » dans la communication de crise de la part de son groupe lors de la survenance de la panne.

Le jour de la panne, « la mobilisation technique a été immédiate » mais « l’activation des cellules de crise et notamment managériales a été trop lente », a estimé Stéphane Richard. Le délai de déclenchement de ces cellules « va passer de 2 heures à 30 minutes », comme le recommande l’enquête interne d’Orange, a-t-il rappelé.

« Un bug dans les logiciels des « calls servers » »

Le 2 juin en fin de journée, les numéros 15, 17, 18 et 112 étaient pour beaucoup de Français inaccessibles ou joignables seulement après de multiples tentatives, une panne qui a de façon inédite affecté tout le territoire. A ce jour, cinq décès suspects ont été constatés dans le Morbihan, en Haute-Saône, en Vendée, sur l’île de la Réunion, et dans les Bouches-du-Rhône, durant cette panne.

Selon les conclusions de l’enquête d’Orange publiée le 11 juin, 11.800 appels, soit 11 % du total, n’ont pas été acheminés pendant la panne du 2 juin, entre 16h45 et minuit. Ce dysfonctionnement « est la conséquence d’un bug dans les logiciels des « calls servers » », c’est-à-dire les équipements techniques qui gèrent l’interconnexion entre le réseau IP et l’ancien réseau analogique, avait indiqué l’enquête d’Orange, qui écarte également la piste d’une cyber-attaque.

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