Paca : Renaud Muselier lance son parti régional

Nous connaissions les « copains d’abord » de Georges Brassens, il existe désormais, sur un tout autre registre, « Nos territoires d’abord », une nouvelle formation politique à vocation régionale initiée par Renaud Muselier, le président de la Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). Plus de 200 élus de la région ont signé mercredi une tribune annonçant la création de ce nouveau parti à vocation régionale qui sera officiellement lancé le 14 octobre à Marseille.

« Sur le terrain, le bouleversement de la vie politique lors des dernières élections crée un espace politique nouveau », estiment les élus signataires, selon lesquels de nombreux militants « cherchent un moyen de s’engager ». « Aujourd’hui, nous apportons cette réponse politique en fondant un nouveau parti, « Nos territoires d’abord » » qui est un « parti 100 % régional », ajoutent dans cette tribune publiée dans la presse locale présidents de départements, de métropoles, parlementaires, maires, conseillers départementaux d’une région comptant cinq millions de citoyens.

« Les gens raisonnables qui militent dans les formations politiques sont complètement perdus au niveau national », a expliqué l’ex-LR Renaud Muselier. « Quand on donne les moyens de s’exprimer gentiment, avec détermination, au profit d’une ambition collective, elle devient partagée et elle apaise », a-t-il poursuivi, disant refuser « la nostalgie » et la « résignation ». « Par le poids du local, nous avons la capacité de gagner toutes les élections parce qu’on est au service de nos concitoyens », a encore jugé Renaud Muselier, avant d’ajouter : « Ce que nous avons réussi aux régionales est un exemple en la matière ».

« Nous n’allons pas nous mêler du national »

Lors des élections régionales de 2021, Renaud Muselier, au terme d’une campagne difficile, s’était finalement imposé face à l’extrême droite menée par Thierry Mariani, notamment grâce au retrait de la gauche. Un exemple de barrage contre l’extrême droite cité en exemple par la présidente socialiste de la région Occitanie Carole Delga.

« Il y a bien entendu un risque Front [national, aujourd’hui dénommé Rassemblement national] au niveau local très important : nous n’allons pas nous mêler du national mais nous ferons le maximum pour faire en sorte que les meilleurs puissent gagner leurs élections au niveau local », a complété le président de région, qui, fort d’une majorité de 84 élus sur 123, dirigera la région jusqu’en 2028.

Le parti ne s’exprimera pas lors des élections nationales, mais « chacun est libre de s’engager individuellement » par ailleurs si c’est « en dehors des extrêmes », selon la tribune. Parmi les 216 signataires figurent une majorité d’élus ou sympathisants de la droite classique et de la majorité présidentielle, tels le maire de Nice Christian Estrosi, le maire de Toulon Hubert Falco ou la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal.

Comme Renaud Muselier, ils ont quitté ces derniers mois Les Républicains pour soutenir Emmanuel Macron à l’élection présidentielle. Mais des personnalités proches du centre voire de la gauche font également partie des signataires, à l’instar de l’ex-patron des socialistes du Vaucluse Jean-François Lovisolo ou des écologistes Christophe Madrolle et Jean-Marc Governatori.