« OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique noire »: Jean Dujardin bien entouré pour être plus drôle que jamais

C’est toujours un plaisir de retrouver Hubert Bonisseur de la Bath, alias Jean Dujardin ! OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique noire, de Nicolas Bedos, sort enfin en salles après avoir été maintes fois repoussé en raison de la crise du Covid-19, et avoir été présenté en soirée de clôture du Festival de Cannes.

« Mon film, c’est exotisme, aventure, transgression », a confié au magazinePremière le réalisateur de La Belle époque , qui remplace Michel Hazanavicius derrière la caméra. Un bon résumé pour cette histoire folle, qui confronte OSS 117 à des conspirateurs africains, et qui est dans la digne lignée des précédents opus.

La nouveauté ne défrise pas la franchise

Qu’on se le dise, 117 n’a pas changé, c’est ce qui fait son charme et sa drôlerie ! L’espion est toujours bête, misogyne, raciste et content de lui. Nicolas Bedos le montre encore plus odieux dans sa « beauferie », que Jean Dujardin rend toujours plus délectable. Incapable de se plier aux changements de mœurs des années 1980, le héros, décrit comme un has been, est plus que jamais joyeusement insupportable. Sa goujaterie, son homophobie et sa xénophobie constituent toujours d’excellents ressorts comiques.

Mais OSS 117 est confronté à d’autres fortes natures. Bedos a adjoint à son héros un Pierre Niney délectable avec sa perruque blonde de dandy, dans le rôle d’un jeune espion bien dans ses mocassins de séducteur des années 1980. Fatou N’Diaye fait aussi montre d’un sacré caractère, en rebelle prête à tous les sacrifices pour la liberté. L’image de marque et la virilité du héros sont sévèrement mises à mal par ces deux nouveaux personnages, qui tranchent avec ses comportements machos.

Nicolas Bedos tape sur le politiquement correct avec une belle énergie. OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire reste fidèle à l’esprit de la saga. Quoique franchement ringard, l’espion vieillissant fait régner sa loi, quitte à sacrifier des proches sur l’autel de principes plus que douteux. Le personnage devient même carrément antipathique dans ses choix comme dans ses actions. C’est ce qui rend l’approche de Nicolas Bedos intéressante en conduisant le spectateur à s’interroger sur ce qui le fait rire (ou pas).