Oscars : Une publicité sur le post-partum jugée « trop crue » par la chaîne ABC

Image extraite de la publicité pour la marque Frida Mom. — Capture d’écran YouTube

Il est parfois difficile de regarder la vérité en face, et peut-être encore plus lorsqu’il s’agit de l’intimité féminine. Comme le rapportent plusieurs médias américains, une publicité sur les « suites de couches » (appelée également  post-partum), a été jugée « trop crue » par la chaîne ABC pour être diffusée lors de la cérémonie des Oscars qui a eu lieu ce dimanche soir.

Le sujet de la vidéo ? Simplement une mère fatiguée et les douleurs physiques et intimes qu’elle endure après son accouchement. Une vision certes très éloignée des représentations habituelles (mais faussées) des jeunes mamans, qui apparaissent généralement rayonnantes et avec des ventres ultra-plats.

Une publicité trop honnête et réaliste ?

« La publicité que vous allez regarder a été refusée par ABC et les Oscars lors de la remise de prix cette année. Elle n’est pas à caractère « violent, politique », ou sexuel. Notre publicité n’est pas « religieuse ou obscène » et ne montre pas des « armes à feu ou des munitions » », explique en préambule de la vidéo, la marque Frida Mom qui commercialise des produits pour la période du post-partum.

« « L’hygiène et le soulagement des hémorroïdes » sont des sujets également bannis. Il s’agit juste d’une nouvelle maman, à la maison avec son bébé et son nouveau corps pour la première fois. Elle [la publicité] a pourtant été rejetée ». Et en effet, on y découvre une femme se levant la nuit pour aller changer sa culotte jetable et tentant de soulager les souffrances liées à l’accouchement.

« Normaliser l’expérience corporelle d’une femme dans les médias »

Une publicité réaliste et honnête qui n’a visiblement pas rempli les critères des vidéos acceptées par la chaîne ABC, et dont le rejet a provoqué un petit tollé sur les réseaux sociaux. L’actrice Busy Philipps (Dawson), a fait part de sa colère sur Instagram : « J’ai fondu en larmes quand je l’ai regardée. En partie parce qu’il s’agit d’une pub faite par des femmes qui ont connu ça mais aussi parce que je pense fermement que plus nous pourrons normaliser l’expérience corporelle d’une femme dans les médias, mieux notre société et notre culture se porteront (…) Vous n’avez probablement pas bronché devant une publicité sur le dysfonctionnement érectile, mais cette pub a été rejetée ? Je pense que c’est une publicité incroyable qui représente avec précision quelque chose que des millions de femmes connaissent intimement. Et je suis malade de vivre dans une société où le simple fait d’être une femme est rejeté par les gardiens des médias ».

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