Oscars 2019: Scandale… Quatre prix seront remis pendant la pub

Guillermo del Toro, winner of the awards for best director for « The Shape of Water » and best picture for « The Shape of Water », poses in the press room at the Oscars on Sunday, March 4, 2018, at the Dolby Theatre in Los Angeles. — JORDAN STRAUSS/INVISION/2018

Les Oscars feront difficilement pire que l’édition 2017, et leur méli-mélo de cartons avec le prix du meilleur film pour La La Land mais en fait non Moonlight. Quoi que… Après la cérémonie tranquille de l’année dernière, et le sacre de La Forme de l’eau, les Oscars 2019 avaient très mal commencé avec l’annonce de Kevin Hart en maître de cérémonie, puis son retrait après l’exhumation de tweets homophobes. Après des semaines de tergiversations, et un The Rock occupé par le tournage de Jumanji, l’Académie a décidé de se passer de présentateur, une première depuis 1989. Ne restait plus qu’à trouver la solution pour booster une audience en baisse constante et, par exemple, raccourcir la durée de la cérémonie qui frôle les quatre heures.

Ne zappez pas

Le président de l’Académie, John Bailey, a ainsi annoncé que quatre Oscars seront remis pendant les coupures publicités, quatre catégories que l’on s’imagine donc moins importantes : la photographie, le montage, les maquillages et coiffures, et le court-métrage live. SI les remerciements des gagnants seront bien diffusés, mais en différé pour plus de fluidité, c’est le choix des catégories qui a provoqué une levée de boucliers.

Et le premier à s’exprimer, et pas des moindres, n’était nul autre que le réalisateur Guillermo del Toro, grand vainqueur de l’année dernière. « Si je peux me permettre, a-t-il tweeté. Je ne prétends pas suggérer quelles catégories couper lors de la cérémonie, mais la photographie et le montage sont au coeur de notre métier. Ils ne sont pas hérités du théâtre ou de la littérature : ils sont le cinéma. »

De la théorie à la pratique

« Le show TV, dont le seul but est d’emballer la célébration de l’art du cinéma comme un produit de consommation, t’annonce que la célébration de l’art du cinéma est trop ennuyeuse comme produit de consommation », a parfaitement, et ironiquement, résumé sur Twitter le directeur de la photographie Steve Yedlin, connu pour son travail avec Rian Johnson et donc sur Star Wars : Les Derniers Jedi.

Pour passer de la théorie à la pratique, le journaliste et écrivain de cinéma Rhett Bartlett a appliqué cette nouvelle règle à l’édition 2018, et bonjour les dégâts. Le téléspectateur aurait alors loupé la standing-ovation pour le chef op’ Roger Deakins, enfin récompensé pour son travail (sur Blade Runner 2049) après pas moins de treize nominations. Un des autres moments forts était les remerciements en langue des signes de la scénariste Rachel Shenton pour l’Oscar du meilleur court-métrage à The Silent Child. Et au moment où les Oscars décident de zapper le montage pendant la pub, les BAFTA donnaient dimanche leur prix honorifique à Thelma Schoonmaker, monteuse des films de Martin Scorsese et oscarisée à trois reprises.

Comment expliquer ce choix de l’Académie ? Certains, dont Rhett Bartlett, ont une petite idée. En effet, ils ont remarqué l’absence de Black Panther et Mary Poppins, les deux films Disney les plus nommés et donc à même de gagner, dans les quatre catégories reléguées pendant les pubs. Or, Disney n’est autre que le propriétaire d’ABC, la chaîne qui diffuse la cérémonie des Oscars. Ceci explique peut-être cela.

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