Open d’Australie : L’histoire (improbable) de Victoria Azarenka, la nouvelle ultra du PSG

Si le tournoi d’Adélaïde est une sorte de répétition générale tennistique pour les joueuses et les joueurs avant l’Open d’Australie, il l’est aussi d’un point de vue stylistique. C’est en effet là-bas que Viktoria Azarenka a pu réaliser quelques réglages sur sa tenue d’entrée de scène. Apparue avec le maillot extérieur du PSG de la saison dernière, celle-ci s’est fait tirer les oreilles par l’arbitre de chaise pour avoir contrevenu aux règles vestimentaires en vigueur.

En cause, le sponsor principal du club parisien de l’époque, Accor Live Limitless. Mais il en faut visiblement plus pour que la double lauréate l’Open d’Australie (2012 et 2013), qui affrontera la Russe Elena Rybakina en demi-finale ce jeudi, n’abandonne sa liquette parisienne. A Melbourne, depuis le début du tournoi, celle-ci arrive sur les courts avec le maillot domicile 2022-2023 du PSG débarrassé de son sponsor.

« Elle s’est fait recaler par les organisateurs de l’Open d’Australie car elle n’avait pas le droit d’entrer avec le maillot officiel pour une histoire de sponsor, mais elle s’est débrouillée pour les enlever et ainsi pouvoir entrer sur le court avec avant chacun de ses matchs, nous confirme Michelle Gilbert, la nouvelle directrice de la communication Corporate du Paris Saint-Germain. C’est une fan de longue date du PSG et elle est vraiment à fond ! On a un peu échangé par SMS quand on a vu qu’elle portait notre maillot, poursuit-elle. Elle nous a expliqué qu’elle et son fils étaient de grands supporters du club et elle nous a félicités pour tout ce qu’on a fait avec le club depuis des années. »

Supportrice du PSG grâce à Beckham

S’il n’est pas rare de voir des sportifs et sportives de haut niveau porter la liquette parisienne, notamment des joueurs de NBA, cela relève d’habitude d’une sorte de deal avec l’équipementier Nike, qui invite gentiment ses poulains à revêtir le maillot du PSG histoire de booster un peu les ventes en Amérique du Nord. Avec la Biélorusse de 33 ans, rien de tout ça, donc. Sa passion pour le PSG, on ne peut plus sincère, est née de la saison 2012-2013, avec la signature de David Beckham dans la capitale française. La preuve, comme quoi, que l’Anglais n’aura pas tout à fait servi à rien finalement.

« Je supporte le PSG depuis plus de dix ans maintenant, peu de temps après l’arrivée du Qatar, a-t-elle expliqué en conférence de presse ces derniers jours. J’avais des amis là-bas quand je jouais au tennis. J’ai aussi beaucoup travaillé avec Aspetar (le centre médical de Doha où les joueurs du PSG vont parfois soigner leurs blessures). J’ai aussi fait des évènements à Paris en lien avec le football, donc je tournais toujours autour d’eux. »

Pour ce qui est du maillot qu’elle porte fièrement avant et après chaque match à Melbourne, c’est un clin d’œil à son petit garçon de six ans – Leo, fan de Messi COMME PAR HASARD – qui rêve de faire carrière dans le foot, et encore plus au Paris Saint-Germain. « C’est juste un truc cool entre lui et moi, a-t-elle confié à L’Equipe. Ça me plaît et il adore, quand il l’a vu il m’a dit : « Maman tu portes le maillot de Paris !  » On a le même, on est assortis, c’est un peu notre truc. Et quand je suis loin, c’est comme une connexion avec lui ».

A quand un coup d’envoi au Parc des Princes ?

Pour celles et ceux, et on les entend d’ici, qui oseraient mettre en doute la sincérité de l’amour que la joueuse porte au club parisien, sachez qu’Azarenka n’a rien de la footix qui supporterait Paname parce que c’est dans l’air du temps. Toujours à nos confrères de L’Equipe : « Je suis la Ligue 1 mais aussi la Ligue des champions, voyons ! Il faut avoir de l’ambition. J’essaie de regarder les matchs autant que je peux, mais je ne manque jamais les highlights. Je n’ai pas pu regarder leur dernière rencontre (7-0 en Coupe de France, lundi, contre Pays de Cassel) à cause du décalage horaire et de mon match, mais au réveil j’ai vu les cinq buts de Mbappé. Il est vraiment incroyable. »

De quoi alimenter les discussions avec son jeune coach français, Maxime Tchoutakian (29 ans), originaire d’Aix en Provence et grand fan de l’OM. « On blague sur ça, on se chambre, c’est une bonne guéguerre. Je lui laisse son maillot du PSG, moi j’ai celui de l’OM bien au chaud à la maison et je le porterai quand je rentrerai », rigolait-il auprès de notre confrère de RMC présent en Australie.

Les deux auront alors sûrement l’occasion de débattre sur lequel des deux stades, entre le Parc des Princes et le Vélodrome, est le plus volcanique. Même si, pour Azarenka, la question est vite répondue : « Le Parc des Princes est le meilleur stade à mon avis, a-t-elle assuré à L’Equipe. Même s’il n’est pas aussi grand que les autres, l’ambiance est folle. J’ai emmené mon fils et mon neveu cette année, ils avaient les yeux qui brillaient de joie. Ça fait des souvenirs incroyables, gravés à vie, pour eux comme pour moi. »

Contacté par 20 Minutes, le club n’a pas su nous en dire plus sur la venue de la joueuse mais, selon nos calculs, le calendrier de la saison dernière et les infos lâchées par Maxime Tchoutakian, il devait s’agir du PSG-Metz remporté par 5-0, avec notamment un triplé de Kylian Mbappé, en clôture de la saison, à la veille du début de Roland-Garros. A son retour de Melbourne, qu’elle gagne ou non l’Open d’Australie, Nasser Al-Khelaïfi, lui-même ancien joueur de tennis, serait bien inspiré de l’inviter à donner le coup d’envoi d’un match. A sa place en tout cas, nous, c’est ce qu’on ferait.