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Open d’Australie : « Je ne veux vraiment pas m’arrêter là »… Djokovic se projette sur le record en Grand Chelem

On peut gagner un tournoi pour la 10e fois et, apparemment, ressentir une émotion pas loin de vous faire défaillir. L’image de Novak Djokovic littéralement effondré au milieu de ses proches quelques secondes après avoir remporté la finale de l’Open d’Australie contre Stefanos Tsitsipas, dimanche, est sans doute celle qui restera de cette quinzaine. La preuve en tout cas qu’il est passé par tous les états ces deux dernières semaines, entre son retour attendu en Australie, sa blessure et l’incident diplomatique déclenché par son père.

Que ressentez-vous après cette victoire qui conclut des semaines compliquées ?

Je ressens une immense fierté et une immense satisfaction. Quand je suis monté dans mon box, je me suis effondré émotionnellement et j’ai pleuré, en particulier avec ma mère et mon frère quand je les ai embrassés parce que jusqu’à ce moment, je ne me permettais pas de me laisser distraire par tout ce qui se passait hors du court : la blessure et le reste. Ça m’a demandé une énergie mentale énorme. Il y a deux semaines et demi, à cause de ma jambe, je ne me donnais pas énormément de chances de gagner le tournoi. Puis, chaque match a été une question de survie. Heureusement, en Grands Chelems, il y a une journée de repos entre chaque match. A partir des 8es de finale, ma jambe ne me dérangeait plus autant. Je bougeais mieux et j’ai atteint l’un de mes meilleurs niveaux dans ce tournoi depuis que je le joue.

Maintenant que vous en êtes à 22 titres du Grand Chelem, le record chez les hommes partagé avec Nadal, visez-vous le record absolu de Margaret Court (24) ?

Je veux gagner autant de titres du Grand Chelem que possible. Au point où j’en suis, ces trophées sont le principal facteur de motivation. Je ne veux vraiment pas m’arrêter là, je n’en ai pas l’intention. Je sais que lorsque je me sens bien physiquement et mentalement, je peux gagner n’importe quel tournoi du Grand Chelem, contre n’importe qui. Mais rien n’est jamais acquis. Je ne sais pas combien d’années, ni combien de Majeurs je vais encore pouvoir jouer. Ça dépend de beaucoup de choses et pas seulement de mon corps. Il est très important que j’aie le soutien de mes proches et que je puisse conserver un équilibre entre les tournois et ma vie familiale. Et parallèlement il faut que je conserve cette faim de trophées. J’ai 35 ans, et ce n’est pas 25 même si je voudrais que ça le soit, mais je pense avoir encore du temps devant moi.

Etre numéro 1 mondial et gagner des Majeurs à 35 ans, ça a une saveur particulière ?

Je savoure ces moments plus que jamais. Il va me falloir plusieurs nuits de repos pour digérer tout ça et réaliser ce que nous avons réalisé avec mon équipe. Je suis très fier, évidemment, mais aussi soulagé parce que ces trois dernières semaines n’ont pas été un fleuve tranquille.

Avez-vous regretté l’absence de votre père en tribunes ?

Je pensais que les choses se calmeraient, mais pas. Nous sommes tombés d’accord qu’il serait mieux qu’il ne vienne pas. Ça nous a fait mal à tous les deux parce que ce sont des moments très spéciaux, uniques. Qui sait s’ils se reproduiront ? Je l’ai vu après le match, il ne se sentait pas au mieux, même s’il était très heureux en m’embrassant. Je voyais bien qu’il était un peu triste. Et moi aussi j’étais un peu triste qu’il ne soit pas dans les tribunes. Mais il y a été la plupart du tournoi et tout est bien qui finit bien.