Onze ultras stéphanois renvoyés en correctionnelle pour leur rôle dans le chaotique ASSE-AJ Auxerre

Une importante opération baptisée « Ultras 42 » s’est déroulée lundi matin, près de quatre mois après les graves incidents ayant suivi le barrage retour L1-L2 entre l’AS Saint-Etienne et l’AJ Auxerre. Une centaine de policiers ont été mobilisés et ont interpellé au total 27 hommes, dont un mineur, âgés de 17 à 38 ans, le tout dans six départements différents, comme l’explique le procureur de Saint-Etienne dans un communiqué. Onze des ultras interpellés dans le cadre de cette enquête sur les violences après le match ASSE-AJA seront jugés en correctionnelle le 16 novembre, a-t-on appris ce mardi auprès d’un des avocats.

Il s’agit de membres des Magic Fans et des Green Angels, les deux principaux groupes de supporteurs du club stéphanois, précise Me Laurent Verilhac, qui représente cinq des prévenus. Les suspects ont été identifiés après visionnage de dizaines d’heures d’enregistrement des caméras de vidéosurveillance, permettant de retracer les auteurs des violences à l’intérieur du stade Geoffroy-Guichard (notamment dans la tribune officielle), ceux qui ont participé aux affrontements avec dégradation de mobilier urbain à l’extérieur du stade, mais aussi ceux qui ont introduit des fumigènes, selon le communiqué diffusé lundi soir.

Des dégâts évalués à près de 600.000 euros

Certains suspects avaient déjà été condamnés pour des infractions en lien avec une manifestation sportive, selon la même source. Les onze prévenus renvoyés en correctionnelle seront placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de stade, interdiction de participer à un rassemblement et obligation de pointer au commissariat de police pendant les matchs de l’ASSE, selon Me Verilhac. Le parquet de Saint-Etienne a requis le placement en détention provisoire pour l’un d’eux, en attendant le procès du 16 novembre.

Le 29 mai, dans les secondes qui ont suivi la séance de tirs au but perdue par les Verts (1-1, 4-5 t.a.b.), synonyme de relégation de l’équipe stéphanoise, des centaines d’ultras, souvent dissimulés sous des capuches ou écharpes, avaient envahi la pelouse, manifestant leur colère en lançant des fumigènes et des mortiers d’artifice vers la tribune officielle, parfois à tir tendu. Les violences, qui s’étaient poursuivies durant près de deux heures aux abords du Chaudron, avaient impliqué 150 à 200 hommes, provoquant des dégâts évalués à environ 500.000 euros (selon la régie publicitaire du club), pour la destruction d’écrans publicitaires en LED, et 90.000 euros côté métropole.