« On a flingué la méritocratie », Carlos Ghosn critique le « lâchage » de Bruno Le Maire après son inculpation au Japon

Deux ans plus tard, Carlos Ghosn est toujours amer depuis sa résidence luxueuse au Liban. L’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a rencontré nos confrères du Parisien, et ne ménage pas ses mots envers Bruno Le Maire notamment. Il regrette « l’abandon » de Renault et de l’Etat français, quelques semaines après les premières accusations de détournements de fonds, alors qu’il avait été soutenu dans un premier temps.

Mais l’homme d’affaires évoque une décision prise « début janvier 2019, lors d’une réunion au ministère des Finances », et vise le contexte du mouvement des Gilets jaunes. « Cela arrangeait tout le monde de me laisser tomber et de nommer quelqu’un de beaucoup plus malléable », enrage-t-il. Le contrôle fiscal qui a suivi était selon lui l’occasion « de monter un dossier contre » lui, après un « lâchage ».

Une dent contre Bruno Le Maire

Carlos Ghosn ressasse aussi la phrase de Bruno Le Maire, qui indiquait faire « confiance à la justice japonaise »… qui est justement la « face la plus noire » du Japon pour le franco libanais. Selon lui, il n’a pas été davantage soutenu parce qu’il « ne sortait pas de l’ENA » et n’était proche d’aucun politique. « J’étais arrivé là où j’étais grâce à mes compétences et à mes performances », dit-il, estimant qu’on « a flingué la méritocratie ».

Toujours à l’encontre du ministre de l’Economie, Carlos Ghosn retient sa propre « surprise », constatant une hostilité de Bruno Le Maire envers lui alors qu’il l’avait auparavant soutenu. « C’est lui qui a ordonné le contrôle fiscal. C’est lui qui a donné une consigne claire à deux membres du conseil d’administration de Renault » pour « abandonner » le patron du groupe. « Les langues vont se délier avec le temps et nous saurons pourquoi la France m’a lâché », prédit-il, taclant un manque de « souveraineté ».