OM – Tottenham : Igor Tudor, des choix et une communication qui posent question

Tudor et l’OM n’ont plus le droit de balbutier. Les Marseillais jouent leur saison sur la scène européenne ce mardi soir contre Tottenham (21 heures), ils n’ont plus le droit à l’erreur puisqu’une victoire est essentielle pour atteindre les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Dommage, ce « match de l’année », comme l’a qualifié Igor Tudor, arrive dans une période de doutes pour les Marseillais et leur entraîneur.

Inconnu des supporteurs, au point d’être sifflé lors des deux premiers matchs de la saison à domicile après une préparation estivale compliquée, Igor Tudor a ensuite progressivement su mettre dans sa poche le peuple olympien. Par ses résultats, et une deuxième place juste derrière le PSG il y a encore un mois à la faveur de 23 points pris sur 27 possibles, un record, et par les prestations de son équipe. Jusqu’à se faire ovationner par les South Winners lors de la réception de Lens, juste après deux victoires historiques en C1, contre le Sporting Portugal, qui offrent aux Marseillais la possibilité de jouer cette finale contre Tottenham.

Des choix inefficaces

Depuis, les résultats de l’OM ne sont plus au rendez-vous avec trois défaites, dont la dernière contre Lens, et un nul lors des quatre derniers matchs de Ligue 1, et une nouvelle défaite contre Francfort la semaine dernière, qui aurait permis aux Marseillais d’être encore mieux positionnés avant d’affronter les Londoniens. Avec à chaque fois des contenus intéressants, comme contre Lens, Francfort ou Strasbourg, mais sans le résultat au bout. « Ce que je peux dire, c’est que je suis très content de l’équipe, mais pas des résultats », a avancé Igor Tudor en conférence de presse d’avant match.

Au-delà de ces explications, il lui est surtout reproché ses choix. Son incapacité à faire évoluer son équipe autrement que dans un 3-4-2-1 utilisé à chaque match depuis la saison. Mais surtout ses changements, alors que les entrants ne font presque jamais la différence. Interrogé sur le trop faible apport des remplaçants, Igor Tudor a reconnu qu’ils pourraient « apporter plus ». Avant de partir dans un listing des avantages des 5 changements, qu’il n’arrive pourtant pas à mettre au profit de son équipe comme lors des défaites contre Ajaccio, Lens, Francfort.

Lors de ces matchs, il a à chaque fois remplacé Mattéo Guendouzi, pourtant l’un des cadres de son effectif, et l’un des joueurs qui apporte le plus de stabilité à son équipe. Son positionnement, souvent en soutien d’Alexis Sanchez, et parfois au cœur d’un milieu à deux avec Veretout, ou Rongier, a questionné les journalistes. « Mattéo est le joueur qui a le plus joué avec Mbemba cette année, cela veut tout dire », a-t-il balayé lorsqu’il a été interrogé en conférence de presse sur le positionnement idéal de l’international français.

Une communication douteuse

Et c’est l’autre reproche qui peut être fait à l’entraîneur croate, ses erreurs de communication. Comme lorsqu’il concède « ne pas avoir trop eu le temps d’analyser le match contre Strasbourg, tellement on joue souvent ». Incroyable lorsque l’on sait que l’OM vient de dégringoler à la cinquième place de Ligue 1, à six points de Lens, et que le club joue son avenir européen trois jours après ce match nul. Ou lorsqu’il juge l’entrée de Gerson comme « bonne » contre Strasbourg, alors qu’elle coïncide avec la réduction du score strasbourgeoise.

Déjà après la défaite contre Lens, Igor Tudor avait esquivé plusieurs questions sur le manque de réalisme de son équipe, pour insister sur sa « fierté » du jeu produit par ses joueurs. Ce qui avait eu le don d’énerver pas mal de journalistes face à des réponses aussi expéditives que laconiques. De son propre aveu les Marseillais ont « beaucoup de progrès à faire, surtout sur les détails ». Et le premier serait peut-être d’être capable d’avoir d’autres options, tout en se remettant en question. Parce qu’en cas de défaites contre Tottenham, puis contre Lyon, ou Monaco, les deux derniers matchs avant la Coupe du Monde, Pablo Longoria, ne devrait, lui, pas se poser de question.