OM: Mercato mal géré, galère contre les gros, mais quelques coups… Quel bilan pour Rudi Garcia?

Rudi Garcia en trois chiffres (#Opta20Minutes) — SIPA / 20 Minutes

  • Rudi Garcia a mené l’OM en finale de Ligue Europa et affiche un bilan comptable relativement bon, sur ses deux ans et demi passés à Marseille.
  • Ses lacunes contre les grosses équipes, ses mauvais choix au mercato et sa gestion parfois étrange du groupe ont toutefois rendu son départ inéluctable.
  • Il l’a annoncé ce mercredi, en conférence de presse : « J’ai décidé de partir, j’ai proposé cette décision car si j’écoutais mon bon sens et ma raison, c’était bien d’arrêter l’aventure maintenant. » 

Rudi can fail. Les fans des Clash seront surpris. Ceux de l’Olympique de Marseille soulagés.  Rudi Garcia quitte l’OM sept mois après avoir prolongé son contrat d’entraîneur. Il a lui-même annoncé son départ ce mercredi, en conférence de presse. 

« Pour le bien du projet, c’est mieux de se séparer maintenant, a déclaré Rudi Garcia, qui estime avoir beaucoup appris à Marseille, et pas seulement dans la réussite. » Il dit aussi « assumer sa part de responsabilité cette saison. » Jacques-Henri Eyruad lui a rendu hommage : « il y a peu de métiers aussi difficiles que celui d’entraîneur. J’ai beaucoup de respect pour Rudi qui reste le premier coach à avoir amené une équipe française en finale de Coupe d’Europe en 14 ans ! » Mais son bilan est, globalement, très mitigé…

Le mercato des copains

Les choses ont été claires dès le premier mercato : Rudi Garcia est un coach qui impose ses choix. Il a fait venir Grégory Sertic contre la volonté de son président, Jacques-Henri Eyraud, qui refusait, par principe, de traiter avec les agents de Garcia, qui sont aussi ceux du défenseur passé par Bordeaux. Un joueur, d’ailleurs, dont le passage à Marseille a viré au flop : en deux ans, Sertic n’a porté que 25 fois le maillot de l’OM, sans jamais briller.

Rudi Garcia, qui a dirigé de A à Z les mercatos marseillais, refusant de nombreuses propositions d’Andoni Zubizarreta, pourra donc être tenu responsable de nombreux « flops ». Aymen Abdennour en est le symbole ultime. En 24 mois, le Tunisien n’a disputé que 14 rencontres. Il touche pourtant 250.000 euros mensuels. Citons aussi pêle-mêle Patrice Evra, Kostas Mitroglou, Nemanja Radonjic et même… Kevin Strootman. Ce qui nous amène vers le point suivant.

Un groupe parfois bizarrement géré

L’arrivée de Strootman, organisée en désespoir de cause, alors que l’OM était en train de rater son mercato 2018, a fait exploser un groupe qui « vivait bien ». « Le salaire de Strootman, c’est devenu un problème pour les gros cadres de l’équipe, les cadors de l’an dernier, qui voulaient garder leur statut », explique le conseiller d’un Marseillais. « Strootman est arrivé de l’AS Roma avec un statut d’international, de grand joueur européen… Mais ses performances ne collent pas », poursuit-il.

Rudi Garcia n’a jamais réussi à ressouder son groupe, marqué par de très nombreux clashs. Entre Adil Rami et Dimitri Payet, par exemple. Ou entre Florian Thauvin et son coach. Rudi Garcia a finalement organisé une journée de team building, avec le RAID, à Aix-en-Provence… Mais à deux journées de la fin du championnat, alors que l’OM n’avait plus rien à jouer. Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Impuissant face aux gros

Avec les 19 défaites de cette saison, les statistiques de Rudi Garcia en ont pris un coup. Avec lui, l’OM remporte en moyenne 1,67 point par match. Le problème, c’est que l’OM est fort avec les faibles et faible avec les forts. Si l’on dessine un mini-championnat avec uniquement le Top 6, cette saison, Marseille serait bon dernier, avec une seule victoire et huit défaites. Même chose l’an dernier : l’OM a perdu quatre de ses six matchs contre les équipes du podium (et fait deux matchs nuls).

Quelques gros coups… et une finale

Mettons-le à son crédit : lors de ses deux premières saisons, Rudi Garcia a atteint les objectifs fixés par la direction. A son arrivée à la tête d’une équipe lessivée par un mercato fou, Rudi Garcia a réussi, en six mois, à qualifier l’OM pour la Ligue Europa. Il a réussi cette année-là de jolis coups, notamment un match nul 0-0 au Parc, pour sa première avec Marseille.

L’année suivante, son objectif en championnat était de progresser… Il y est parvenu, hissant l’OM de la 5e à la 4e place. Et, surtout, cet OM 2017-18 n’a échoué qu’à un point du Top 3, avec un total de 77 points, qui, en général, suffit à se qualifier pour la Ligue des champions.

Cette même saison, sa plus aboutie à l’OM, Rudi Garcia a emmené l’OM en finale de Ligue Europa. Avec, disons-le, une qualification très chanceuse à la fin de la phase de groupes et des adversaires faciles ensuite. Jusqu’à l’Atlético de Madrid, qui n’a fait qu’une bouchée des hommes de Rudi Garcia.

Une communication foireuse

« Nous avons perdu un match que nous avons gagné. » « Nous avons fait une mi-temps de haute volée. » « Je ne vais pas parler de l’arbitrage… Mais il faut quand même dire qu’il n’y avait pas pénalty. » Les supporters de l’OM se souviendront longtemps de ses sorties étonnantes en conf’ de presse d’après-match. Souvent mauvais perdant, rarement objectif, Rudi Garcia ne s’est quasiment jamais remis en cause après un match perdu. Ses complaintes anti-arbitrales ont épuisé les fans de l’OM. Qui, à chaud, assurent qu’ils ne le regretteront pas.

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