OM – Liverpool : Depuis quand l’OM n’a-t-il pas offert un match mémorable en Coupe d’Europe ?
L’OM a été sèchement battu 3-0 par Liverpool en Ligue des champions. « La volonté ne suffit quand tu joues contre Liverpool […] Est-ce que l’adversaire était plus fort ? On le savait hier qu’ils étaient plus forts. Mais on aurait pu faire mieux », a constaté Roberto De Zerbi en conférence de presse d’après match ce mercredi soir.

Au stade vélodrome,
Le Virage Sud a exprimé ce mercredi son souhait que « l’histoire se répète », affichant un magnifique tifo rappelant une Une du journal Le Provençal, qui fusionna en 1997 avec le Méridional pour devenir La Provence. Après une défaite 3-0 contre Liverpool en Ligue des champions, les joueurs de l’OM n’ont pas répondu aux attentes des supporters, laissant un sentiment de déception quant à leur performance.
Mais à quelle « histoire » font allusion les ultras marseillais ? Ils évoquent évidemment les années « Tapie », les finales de 1991 et 1993, et un titre, cela remonte à presque trente-cinq ans. À la fin des années 1990, des joueurs comme Laurent Blanc, Pires et Ravanelli avaient fait rêver les supporters lors d’un match contre Bologne, avant de s’incliner face à Parme en finale. Quatre ans plus tard, contre Newcastle, Barthez, Marlet, et surtout Drogba avaient offert un moment mémorable à l’histoire olympienne. Voilà un bref aperçu de l’héritage marseillais.
Depuis, un supporter me confiait dans un soupir : « Mes enfants n’auront jamais les souvenirs qui donnent la passion ». En d’autres termes, qu’ont connu les jeunes générations de supporters, et même au-delà, comme moments marquants de l’OM en Coupe d’Europe ?
Leipzig, 2018. Payet et les larmes de joie d’Hiroki Sakaï. 5-2. Un retournement de situation. Un stade en émoi. Des supporters tout aussi enthousiastes. Voilà ce qui constitue la liste des parcours européens de l’OM qui les ont conduits à une finale, inéluctablement mémorables.
Les ingrédients et la volonté
Cependant, ce match OM-Leipzig n’était qu’un quart de finale. Évoquer cette « histoire » pour en appeler à sa répétition lors d’un affrontement contre Liverpool mobilise les souvenirs des soirées européennes de l’OM. En 2007, sous la direction de Gerets, Valbuena avait inscrit un tir dans la lucarne pour un 1-0 à Anfield. Jamais un club français ne s’y était imposé. Ce soir-là, Marseille écrivait « l’histoire ». Pourtant, c’était un simple match de poule de Ligue des champions, suivi d’une défaite 0-4 au retour et du transfert en Europa League, où l’équipe avait été éliminée dès les huitièmes de finale. Un parcours peu mémorable sur le papier. Pourtant, vingt ans plus tard, des articles continuent d’en parler.
« La volonté ne suffit pas lorsque tu joues contre Liverpool […] Est-ce que l’adversaire était plus fort ? On le savait hier qu’ils l’étaient. Mais nous aurions pu faire mieux », a remarqué Roberto De Zerbi lors de la conférence de presse après la défaite de l’OM 0-3.
C’est justement de ces « mieux » que se construit l’« histoire » de l’OM. Quand Marseille parvient à renverser une situation et à marquer l’histoire. Cependant, ces moments deviennent de plus en plus rares. De plus, les occasions de laisser une empreinte forte ne sont pas abondantes. Il faut aussi les ingrédients pour nourrir la mémoire : un affrontement prestigieux contre un adversaire plus fort, un match à fort enjeu et un scénario surprenant. Idéalement, il faudrait les trois simultanément, sinon au moins deux.
Les trois éléments ne seront sûrement pas réunis lors du match à Bruges, mercredi prochain, l’OM devant au minimum viser un match nul contre les Belges. Pourtant, le coach marseillais a déclaré que « ce sera une finale », conscient que son équipe devra donner le meilleur pour décrocher sa qualification en phase de barrage. C’est une nouvelle occasion de forger un souvenir important. Mais encore faut-il que les ingrédients soient réunis.

