OL-PSG : « On leur a montré trop de respect »… Comment Lyon a-t-il pu signer un début de match aussi immonde ?

Au Parc OL,

A quoi bon investir dans un show pyrotechnique d’avant-match, avec en fond sonore le survolté Master of Puppets de Metallica, si c’est pour avoir face à soi dix joueurs de champ semblant s’être enquillé l’intégrale de Vincent Delerm depuis une semaine ? Les dirigeants de l’Olympique Lyonnais ont pu se faire cette réflexion, dimanche soir, au vu des 20 premières minutes catastrophiques de leur équipe contre le PSG (0-1). Avec Lionel Messi et Neymar à la baguette, l’ogre parisien s’est créé dans cette entame à sens unique quatre occasions franches, dont le premier but signé Messi dès la 5e minute de jeu. A la dérive sur le coup, les joueurs de Peter Bosz ont assisté, spectateurs, à un mouvement collectif de 22 passes du champion de France en titre, conclu par un une-deux d’une facilité déconcertante entre les deux ex-Barcelonais.

Mais comment expliquer cette inconsciente passivité face à de tels talents, alors que l’heure était déjà grave pour l’OL, après deux défaites de rang à Lorient (3-1) et Monaco (2-1) ?  « On savait qu’ils allaient démarrer fort, indique Anthony Lopes, dans un grand soir avec quatre parades déterminantes. On avait l’intention d’en faire de même. On n’a pas dormi, ce n’est pas le terme, mais on était moins concentrés qu’eux. En face, ce sont des joueurs de classe mondiale, donc c’est compliqué de courir après le score. On n’a peut-être pas été assez agressifs sur ce début de match. » Le « peut-être » est clairement de trop au vu du bouillon pris sans le moindre impact dans les duels, hormis une poussette autoritaire d’Alexandre Lacazette sur Neymar pour gratter une touche (3e).

« C’était difficile de rentrer dans les duels »

Sur OL Play, Malo Gusto y est allé de sa tentative d’explication : « Quand on joue une équipe comme le PSG, il faut être plus concentrés. Ça peut parfois entraîner des petites crispations ou des hésitations ». Celles-ci sautaient aux yeux dans une première période outrageusement dominée par Paris, avec 70 % de possession et 442 passes à 187 en leur faveur. Face à la « tendresse » (dixit Rémy Vercoutre, entraîneur des gardiens lyonnais) des titulaires du soir, le capitaine Alexandre Lacazette a vite tenté de réagir avec de grands gestes en direction de Thiago Mendes et Castello Lukeba.

L’intéressé s’en est expliqué après la rencontre sur Free Ligue 1 : « J’avais envie que les défenseurs soient plus proches de Kylian, de Neymar et de Messi. Forcément, quand on joue Kylian, il y a cette crainte d’être pris dans son dos car il va à 2000 à l’heure. Mais sur le terrain, j’ai toujours envie que mes défenseurs soient proches de moi ». Cela n’a pas été le cas du tout durant ces 20 premières minutes, ce qui pousse Peter Bosz à une hypothèse intéressante.

« On leur a montré trop de respect en première période. On a trop reculé car on avait peur de leur vitesse. Quand la défense recule de 10 mètres de trop, c’est difficile de rentrer dans les duels. J’ai demandé à la mi-temps à ce qu’on monte d’au moins 10 mètres, et c’était mieux à partir de là. »

Mêmes mots et mêmes maux avec Genesio en 2016 ?

Sauf que le handicap d’une entame frileuse, techniquement faiblarde et sans le moindre pressing tenté dans le camp parisien, n’a jamais été rattrapé. La saison passée, Peter Bosz avait déjà renoncé de manière criante à son style de jeu supposé « offensif et attractif » pour accrocher un point contre le PSG (1-1). Plus loin encore, en novembre 2016, l’OL alors coaché par Bruno Genesio avait vécu une première période catastrophique à domicile contre Paris (0-1, 1-2 au final), animée par un légendaire couloir gauche Morel-Rybus.

« On a peut-être un peu trop respecté cette équipe », avait alors estimé l’actuel entraîneur rennais. Tiens, tiens… Même si plusieurs joueurs/coach lyonnais étaient à deux doigts d’emprunter dimanche au rugby le concept de défaite encourageante, louant tour à tour « l’énorme match » de Thiago Mendes et le plan de jeu en 4-4-2 offrant « plus de liberté » à Alexandre Lacazette, le classement brut est formel.

Malgré le gros match de Thiago Mendes face à Kylian Mbappé, l'OL lâche le bon wagon en Ligue 1.
Malgré le gros match de Thiago Mendes face à Kylian Mbappé, l’OL lâche le bon wagon en Ligue 1. – Laurent Cipriani/AP/SIPA

Privé de Coupe d’Europe cette saison, l’OL présente un bilan « clairement insuffisant » au moment d’attaquer la trêve internationale, avec une 6e place à 6 points de Lorient (3e), 7 de l’OM, et 9 du leader parisien. « Quand on aspire à être dans les trois premiers, à aller chercher la qualification en Ligue des champions en fin de saison, on ne doit pas lâcher le wagon, et on n’est pour l’instant pas dans le bon rythme, assume Anthony Lopes. Il y a des petits signaux positifs : on arrive à faire du jeu et on se procure des occasions contre Monaco et Paris. On va tous relever la tête pour aller à Lens avec beaucoup de détermination afin de prendre les trois points. » Et si Les Corons de Pierre Bachelet convenaient mieux aux Lyonnais que Metallica, finalement ?