OL-OM : Pourquoi les supporters lyonnais et marseillais partagent-ils (déjà) « une vraie sinistrose » cette saison ?

Le 18 juillet dernier, le groupe des Lyon 1950 avait pu assister au match de préparation contre le Celtic Glasgow au Parc OL. Mais dimanche, seules les loges seront ouvertes dans l’enceinte de Décines. — JEFF PACHOUD / AFP

  • Les affrontements entre l’OL et l’OM sont depuis plusieurs saisons des chocs très attendus en Ligue 1.
  • Celui qui aura lieu dimanche (21 heures) au Parc OL semble faire figure d’exception, au-delà du contexte sanitaire de Covid-19 limitant le stade à 1.000 spectateurs.
  • Des supporters des deux camps rivaux expliquent à 20 Minutes pourquoi il est actuellement difficile de vibrer pour le début de saison des Lyonnais et des Marseillais.

Un Olympique sort d’une demi-finale de Ligue des champions et un autre va retrouver l’épreuve reine ce mois-ci, après six ans d’absence. Pourtant, la morosité a rarement semblé aussi présente parmi les supporters de l’OL et de l’OM, qui s’affrontent dimanche (21 heures) à Décines. Et ce bien au-delà du contexte sanitaire de  Covid-19 les privant actuellement de Parc OL et de Vélodrome. « Il y a une vraie sinistrose chez nous tant chaque saison de l’OL vire à l’éternel recommencement, soupire Richard, un habitué du virage sud. Il y a un mois et demi, le Final 8 de Lisbonne nous redonnait de la fierté et laissait augurer un vrai élan, même si on avait affaire à une année sans Coupe d’Europe. Et depuis la reprise, la déception est à la hauteur de l’espoir suscité. »

Avec quatre matchs de rang sans victoire, une 11e place en Ligue 1 à sept points de Rennes, et le flou actuel autour de joueurs majeurs durant ce mercato (Houssem Aouar et Memphis Depay), l’OL a brutalement rechuté après sa parenthèse européenne enchantée de l’été. « Il faut bien se mouiller la nuque en passant d’une demie de C1 à une série de quatre non-matchs en L1, poursuit Gary, un autre supporter lyonnais de 36 ans. Dans un sens, c’était prévisible car on n’avait pas à faire le jeu durant notre parcours européen. En France, on affronte par contre le plus souvent des blocs bas et on constate qu’il n’y a aucune animation offensive à Lyon. »

L’affaire Alvaro-Neymar et le mercato plus passionnants que ce match ?

Un constat similaire du côté de Marseille, où l’euphorie d’un premier succès (0-1) en neuf ans contre le rival parisien a laissé place au doute. « Ça aurait dû être un super début de saison. On aurait dû surfer sur cette victoire au Parc mais entre l’après-match, les célébrations dans le vestiaire, le chambrage et l’affaire Alvaro-Neymar, ça n’a pas été le cas. Et puis l’enchaînement des matchs a été compliqué parce qu’on n’a pas fait une préparation digne d’un club de Ligue 1 », estime Téo, supporter de l’OM et originaire de la région lyonnaise.

Abonné aux South Winners, Anthony baigne dans la morosité après les trois contre-performances enchaînées à domicile (une défaite et deux nuls quasi-miraculeux). « Je ne sais pas trop pourquoi mais je ne suis pas dedans, s’interroge-t-il. Il y a déjà eu un gros choc face au PSG. Ces jours-ci, j’attendais plutôt la décision de la LFP pour Alvaro et la fin du mercato que ce match contre Lyon. S’il tombait fin novembre, il aurait plus d’attrait. »

« Si on plonge Lyon dans une crise, ça ne sera que du bonus »

Quel sera justement l’engouement pour cet « Olympico » entre le 9e et le 11e, dans un stade accueillant seulement 1.000 partenaires et sponsors du club lyonnais dans les loges ? « Je supporte l’OL depuis 24 ans et je pense vraiment que c’est la saison où je suis le moins  »hypé », constate Gary. Je ressens un mélange de déprime et de lassitude en voyant mon équipe jouer. Pour dimanche, je m’attends à un combat entre deux anciennes légendes dépassées et pensant encore être des têtes d’affiche. Je préfère même m’auto-chambrer que d’attaquer un Marseillais tant on est ridicules. » Richard confirme le profil bas dans les rangs lyonnais : « Même ce match contre l’OM ne m’excite pas plus que ça. Ça sent la saison dans laquelle on peut se faire taper par n’importe qui et finir 10e ».

« On a tous très peur que ça soit une purge, pour nous comme pour Lyon, prédit dans le camp d’en face Téo. Un peu comme si c’était un match où les deux clubs allaient trouver le moyen de perdre. Car au-delà des résultats, les deux équipes sont mauvaises dans le jeu. Il faudrait cinq penaltys pour l’OL et cinq corners gagnants pour nous si on veut revivre un 5-5 comme en 2009. Mais ça reste un match important, on doit raccrocher le wagon du haut et si on plonge Lyon dans une crise, ça ne sera que du bonus. »

« S’il faut une défaite pour voir Garcia partir loin de mon club… »

Un scénario qui pourrait convenir… aux supporters de l’OL ? Les anti-Rudi Garcia sont plus nombreux que jamais à Lyon et la perspective de voir l’ancien coach marseillais (sous contrat jusqu’en juin 2021 avec l’OL) menacé en cas de nouveau couac dimanche, tente en effet certains fans. « Ce n’est pas une réaction normale de supporter mais j’en viens à craindre une victoire lyonnaise, reconnaît ainsi Gary. Cela aurait pour effet de redonner du crédit à Garcia et la vraie défaite serait là selon moi tant nous sommes inoffensifs avec cet entraîneur. Donc s’il faut une défaite contre l’OM pour voir Garcia partir loin de mon club… »

Du côté marseillais, certains hésiteraient presque aussi entre une victoire et un maintien de Rudi Garcia, tant les supporters prennent du plaisir à le voir galérer avec l’Olympique concurrent. « Je préférerais qu’il reste sur le banc lyonnais, mais une victoire de l’OM est toujours la chose la plus importante », tranche Téo. « Mais au fait, ce match aura lieu à Lyon ou à Marseille ? », lance symboliquement Anthony à propos de ce « morosico » annoncé.

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