OL-OGC Nice : Pourquoi ce non-match absolu à Lyon n’inquiète-t-il personne du côté du Gym ?

Au Parc OL,

Une tête écrasée d’Evann Guessand facilement captée par Anthony Lopes. Il a fallu attendre la 76e minute de jeu pour assister au seul tir tenté par l’OGC Nice durant le choc de samedi au Parc OL (2-0). Autant dire que les supporteurs du Gym ont sacrément dû se mouiller la nuque pour traverser ce non-match de leur équipe, seulement trois jours après le visage flamboyant affiché en Coupe de France contre l’OM (4-1), lorsque la bande à Justin Kluivert attaquait à tout va pour martyriser la défense olympienne.

OK, on entend l’argument classique, dans pareille configuration, des trois matchs en une semaine, avec qui plus est seulement deux changements dans le 11 de départ (Benitez et Lemina) par rapport à mercredi. Mais comme Morgan Schneiderlin le reconnaît avec lucidité : « On ne va pas se cacher derrière la dimension physique, il n’y a pas que ça. »

« Je ne reproche rien à mes joueurs », assure Galtier

Non, à partir du penalty bien trop vite concédé par Justin Kluivert (1-0, 8e), le Gym (3e) n’a tout simplement pas existé et permis aux Lyonnais (6es) de se relancer en revenant à cinq points du podium. Habitué aux contre-performances contre des petits (surtout les défaites contre Lorient, Troyes, Metz et Clermont), c’est la première fois de la saison que l’OGC Nice passe au travers contre un favori supposé dans la course à l’Europe. On s’attendait donc à voir un Christophe Galtier remonté contre son groupe en conférence de presse. C’était en fait tout l’inverse.

Je ne peux pas dire que mon équipe a livré un match médiocre. Je constate que Lyon a été très bon, très fort, agréable à voir jouer, supérieur dans tous les secteurs. On a été mis sous pression très rapidement. Je ne reproche rien à mes joueurs, qui ont fait le maximum. Mais il faut retenir ce qu’est le très haut niveau. »

« On ne va pas tout jeter à la poubelle »

On imagine le discours du coach champion de France en titre bien différent dans le vestiaire mais ce ton apaisé interpelle, surtout six jours après un fiasco à domicile contre Clermont (0-1). Le capitaine Dante était sur la même ligne que son entraîneur samedi soir : « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un coup d’arrêt. On est tombé sur une bonne équipe. On a essayé de donner le meilleur de nous-mêmes, en suivant le plan et en ne lâchant rien jusqu’au bout. On ne va pas tout jeter à la poubelle. On sait faire notre autocritique et être lucides, et je suis persuadé qu’on va rebondir dès la semaine prochaine. A nous de rester humbles. »

Comme tout le Gym, Dante a subi la loi de Karl Toko Ekambi et de Lucas Paqueta, samedi soir à Lyon.
Comme tout le Gym, Dante a subi la loi de Karl Toko Ekambi et de Lucas Paqueta, samedi soir à Lyon. – Laurent Cipriani/AP/SIPA

Faut-il voir dans cette dernière phrase un message pour certains des (jeunes) coéquipiers du défenseur brésilien de 38 ans, tant le Gym a été encensé après sa démonstration face à l’OM ? Pas vraiment à en croire Morgan Schneiderlin : « Contre Clermont, tout le monde nous a enfoncés, puis nous a trouvés extraordinaires contre Marseille. Et aujourd’hui, les gens vont encore avoir un autre avis. Mais on sait où on veut aller, on a un coach qui a une grosse expérience et qui nous remet les pieds sur terre quand il le faut. »

« Lyon reste un ogre du championnat »

Voir une équipe du podium à ce point trimballé collectivement et techniquement par un OL irrégulier et moribond une semaine plus tôt à Monaco (2-0) marque quand même les esprits, à l’image des 241 passes réussies d’écart samedi soir.

« Notre plan était de faire douter les Lyonnais car ils étaient dans une phase un peu difficile, confie Morgan Schneiderlin. On voulait retourner le public contre eux en utilisant bien nos transitions, mais on n’a pas réussi à le faire et ce penalty d’emblée nous a un peu tués. Quand Lyon commence à se mettre en confiance, ça reste une grande équipe, et même un ogre du championnat. » De là à voir le Gym évoluer dans pareil tournant de Ligue 1 comme un Petit Poucet, avouez qu’il y a de quoi être surpris, non ?