OL-OGC Nice : Les supporteurs lyonnais regrettent-ils d’être passés à côté de Christophe Galtier cette saison ?

Une partie de la saison de l’OL s’est-elle jouée le 25 mai dernier dans le classieux restaurant gastronomique de la Villa Florentine, sur les hauteurs de la colline de Fourvière (Lyon 5e) ? Ce soir-là, selon un proche du dossier, Christophe Galtier débarque « très décontracté, limite désinvolte » après deux journées à fêter son incroyable titre de champion de France fraîchement obtenu à la tête du Losc. « Là, face à Jean-Michel Aulas, Vincent Ponsot et Juninho, il annonce directement : « Je vous ai choisis, je veux être le coach de l’OL ». Personne ne s’attendait à ce que Galtier sorte ça, les dirigeants lyonnais hallucinaient. »

Car plusieurs médias évoquent déjà un accord entre l’ancien entraîneur stéphanois et l’OGC Nice. Il y a bien un moment tendu, durant ce repas, lorsque Christophe Galtier cherche à savoir sur quels profils de joueurs le club travaille pour le mercato estival. La position de Juninho est alors claire : prudent, il ne compte les exposer à son ex-coach adjoint (lors de la saison du doublé en 2007-2008 avec Alain Perrin) qu’une fois le contrat signé.

Les Lyonnais souffrent en voyant Gouiri enquiller les buts

La suite, vous la connaissez : si les modalités de ce contrat sont bien évoquées à la fin de ce fameux dîner, Christophe Galtier prévient le 27 mai Jean-Michel Aulas pour lui annoncer qu’il décline finalement l’offre lyonnaise. Sa destination sera vite connue, mais officialisée seulement un mois plus tard par l’OGC Nice, en raison de laborieuses négociations avec Olivier Létang. De son côté, l’OL est contraint d’activer d’autres pistes et officialise Peter Bosz dès le 29 mai. Et c’est donc bien ce dernier qui va affronter ce samedi (21 heures) le Gym au Parc OL pour un match qui va valoir très cher.

« Avec Nice, c’était probablement ficelé depuis longtemps pour Galtier, et il a rencontré Lyon pour la forme », évoque une autre source proche de ce récent feuilleton de la Ligue 1. Comme à 20 Minutes, on aime les séquences what if, on se demande où en serait l’OL, si « Galette » avait choisi de prendre les clés de l’équipe il y a près de neuf mois. Et finalement, les supporteurs lyonnais, qui souffrent déjà en voyant Amine Gouiri enquiller 11 buts et 7 passes décisives cette saison (quel chef-d’œuvre encore mercredi contre l’OM), regrettent-ils avec le recul de ne pas avoir Christophe Galtier sur le banc ?

« Galtier est trop marqué Sainté »

« Honnêtement, je préférais 10.000 fois le choix de Peter Bosz en juin dernier, reconnaît Richard, un habitué du virage sud. A mes yeux, il allait y avoir grâce à lui une vraie évolution dans mon club au niveau de l’exigence et du jeu déployé. Même aujourd’hui, alors qu’on peut imaginer qu’on ne serait pas 8e avec lui, je n’arrive pas à réellement regretter qu’il ne soit pas venu. Bon, c’est autant parce qu’il est trop marqué Sainté selon moi que parce que ses équipes ne pratiquent pas un jeu flamboyant. »

Un bémol qui revient régulièrement au sujet de l’ancien défenseur marseillais, adepte d’un 4-4-2 avec beaucoup de vitesse dans les transitions. Mais quand on voit le récital offensif de son équipe (3e de Ligue 1) pour mettre en pièces l’OM de Jorge Sampaoli (4-1) et entrer dans le dernier carré de la Coupe de France, on se dit que les supporteurs niçois ne s’ennuient pas chaque semaine.

« Avec lui, on serait probablement un solide deuxième »

Pendant ce temps, dans le camp d’en face, Peter Bosz reste sur deux compos improbables avec ses quatre latéraux alignés dans le onze (Henrique, Emerson, Dubois et Gusto). Des choix dignes de la doublette Réveillère-Debuchy signée Laurent Blanc en quart de l’Euro 2012 contre l’Espagne (0-2). Qui de Bosz ou de Galtier est donc finalement le garant d’un jeu « attractif et offensif », expression martelée à outrance par l’actuel coach de l’OL l’été dernier ?

« A Lyon, même un entraîneur avec un ADN de jeu bien clair, et quasiment caricatural, voit tous ses principes disparaître au bout de quelques matchs, regrette Vincent, fidèle supporteur lyonnais. C’est là qu’on comprend que le mal est profond chez nous : au PSG, les stars sont plus fortes que le coach. A l’OL, c’est Aulas qui est au-dessus de lui. » Si bien que selon lui, la venue de Galtier à Lyon cette saison « aurait fait un bon mariage de raison ».

Il s’adapte tellement bien à plein de situations différentes en Ligue 1 qu’on peut imaginer qu’il aurait été plus Aulas-compatible. Avec lui, on serait probablement un solide deuxième du championnat avec un bloc défensif impassable. Mais de là à imaginer un projet de trois ans avec Galtier, mouais… »

« Ça aurait été chiant de voir l’OL jouer en contre-attaque »

Vous l’aurez compris, malgré les 8 points d’écart en Ligue 1 entre Nice et Lyon, les supporteurs de l’OL ne regrettent pas vraiment la tournure du dernier mercato estival. « Ça aurait été chiant de voir l’OL jouer en contre-attaque comme toutes les équipes de Galtier, appuie Nicolas (33 ans). Je n’oublie pas comment Nice s’est fait manger pendant 80 minutes par l’OL à l’aller (0-2 à la 80e, 3-2 au final). Si Kadewere ne prend pas son carton rouge, on n’en aurait pas fait des caisses derrière sur le soi-disant coup tactique de Galtier ce jour-là. C’était l’un des meilleurs matchs de l’OL de Bosz avec celui au Parc des Princes. »

L'échec du match aller à Nice (3-2), le 24 octobre, a été l'un des tournants de la saison lyonnaise.
L’échec du match aller à Nice (3-2), le 24 octobre, a été l’un des tournants de la saison lyonnaise. – Adil Benayache/SIPA

Pour deux défaites après avoir mené au score au final. Des crashs dans le money time qui mettent en exergue tout ce qu’aurait pu apporter Christophe Galtier à ce groupe, avec son sens de la gagne et son profil de meneur d’hommes unanimement reconnu. « Galtier a un truc qu’on ne peut pas lui enlever : il permet à ses équipes de mettre beaucoup d’intensité dans le jeu », observe Richard.

L’homme des mémorables renversements de matchs contre l’OL

Comme la saison passée également, lorsque son équipe lilloise a subitement étouffé et renversé l’OL de Rudi Garcia dans un match charnière (2-0 à la 40e, 2-3 à la fin). Ce succès a quasiment offert le titre au Losc, et coûté la Ligue des champions aux Lyonnais.

Rebelote donc en octobre dernier, lorsque les cinq changements enchaînés par le coach du Gym dans la dernière demi-heure, et surtout l’entrée en jeu de Youcef Atal, ont chamboulé l’issue de ce tournant de la saison dans la lutte pour le podium. Avouez que ça sent la mémorable effusion de joie entre Amine Gouiri et un Galtier (comme d’hab) en transe contre l’OL, cette affaire, non ?