OL-FC Metz : 20 % de tirs cadrés, un Lopes « à contretemps »… Pourquoi le coup d’arrêt lyonnais peut être significatif

Face à Metz, Lucas Paqueta s’est parfois montré nerveux. Il a été moins rayonnant dans le jeu que lors des précédentes semaines. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

  • Champion d’automne la semaine passée, l’OL a déjà craqué dimanche en s’inclinant face à Metz (0-1). Les hommes de Rudi Garcia comptent désormais deux points de retard sur le PSG et le Losc.
  • Ce revers inattendu pose plusieurs questions, notamment sur le manque d’efficacité offensive et l’impact moindre dimanche de son milieu clé Lucas Paqueta.
  • Rudi Garcia est également revenu sur la mauvaise passe traversée par Anthony Lopes, impliqué sur le but messin en toute fin de rencontre et guère rassurant dans ses sorties.

Au Parc OL,

Lorsque l’OL perdait son précédent match en Ligue 1, Donald Trump était un président américain (presque) serein et Juliette Greco pouvait encore rêver de planifier un improbable duo avec Eddie Van Halen. On était le 15 septembre à Montpellier (2-1) et rien ou presque ne permettait aux Lyonnais de réellement songer à quatre mois d’invincibilité, avec 10 victoires et 6 nuls. Et puis Rudi Garcia s’est trouvé une formule gagnante (4-3-3) avec Lucas Paqueta en dépositaire du jeu et un trio offensif survolté (23 buts et 13 passes décisives cumulés sur la période pour Depay, Toko Ekambi et Kadewere).

Quand on devient champions d’automne pour la première fois depuis 12 piges, on peut imaginer que voir cette belle série se stopper à domicile contre le FC Metz (0-1), sur un but d’Aaron Leya Iseka à la dernière minute de jeu, il y a plus glorieux. Voici même trois raisons pouvant laisser à penser que l’OL ne restera pas jusqu’au bout dans la course au titre avec le PSG et le Losc, désormais deux points devant. Le latéral lyonnais Léo Dubois évoque le sentiment du vestiaire, dimanche soir.

Ce but nous fait mal, je souhaitais qu’on reste le plus longtemps possible premiers. On ne l’est plus ce soir, il va falloir qu’on reste à portée de fusil de nos adversaires pour pouvoir toujours réussir nos objectifs [le podium]. Pour l’instant on y est mais on sait qu’on peut faire mieux et on reste ambitieux… Cette défaite nous fait prendre conscience que rien n’est acquis ou facile. Il ne faut absolument pas douter de nos qualités et continuer à croire au podium. »

Ça arrose parfois sans cohérence devant le but

3/24, 11/28, 5/23, non ce ne sont pas les pourcentages à trois points en play-off de l’ancien tandem des Rockets Westbrook-Harden. Il s’agit du nombre de tirs cadrés de l’OL sur ses trois plus grosses contre-performances de la saison à Décines, respectivement contre l’OM (1-1) en octobre, Brest (2-2) en décembre puis le FC Metz dimanche (0-1). « Quand on cadre 20 % de nos tirs, on ne s’étonne pas de ne pas marquer, soupire Rudi Garcia. Notre efficacité offensive doit faire la différence. »

Mais malgré le siège de la défense messine après le repos, et malgré les entrées en jeu d’Islam Slimani et Rayan Cherki, ainsi qu’un but étrangement refusé à Karl Toko Ekambi (74e), l’OL a été foudroyé par l’efficacité messine. « Il va falloir vite rectifier le tir, exhorte l’entraîneur lyonnais. On perd deux places au classement, ce qui est énorme et il va falloir retrouver le goût de la victoire dès le derby dimanche. »

Un coup de mou pour Lucas Paqueta ?

Le lancement de la folle série lyonnaise, de la 14e place à cet éphémère statut de leader, a coïncidé comme par magie avec l’installation dans le 11 de l’OL de Lucas Paqueta. Ébouriffant de facilité technique, l’ancien milieu brésilien de l’AC Milan a donné l’impression de porter le jeu sur ses épaules. Quand celui-ci est davantage dans le dur comme à Rennes (2-2) puis contre Metz (0-1), cela se ressent aussitôt dans les résultats et le rendement de l’équipe.

« C’est un très grand joueur, il nous fait énormément de bien au milieu, apprécie Léo Dubois. Il a joué un rôle très important sur les quatre derniers mois et une baisse de régime peut arriver pour chacun d’entre nous. Il était peut-être moins en jambes là, à nous de l’aider à retrouver du peps. » Frustré à plusieurs reprises par l’arbitrage de Stéphanie Frappart, il va avoir le temps de souffler, étant suspendu pour le derby dimanche.

Anthony Lopes plus que fébrile

Rudi Garcia a mis dimanche, en conférence de presse, un léger taquet « au petit Cherki », coupable d’avoir perdu le ballon menant au but messin. Mais l’individualité posant actuellement le plus question reste sans doute Anthony Lopes. Très médiatisé, son coup de genou dans le dos de l’Angevin Romain Thomas il y a deux mois a visiblement laissé des traces. Coupable d’une étrange sortie en décembre contre Brest (2-2) ayant coûté un penalty et donc deux points, l’international portugais a confirmé sa mauvaise passe dimanche, et ce dès la 25e minute avec un choc aérien non contrôlé contre Vagner Dias (25e). A la peine sur le centre-tir sur le poteau du talentueux Farid Boulaya (82e), il n’a jamais été rassurant dans ce rôle d’ultime rempart peu sollicité. « C’est le gardien d’une équipe qui domine ses matchs et qui joue haut, décrypte Rudi Garcia. Il doit se comporter comme un libéro. Il a cette qualité d’aller vers l’avant et de pouvoir bien lire les trajectoires et d’intervenir quand il le faut. »

Euh, sauf sur ce numéro de Farid Boulaya, dont il a cru lire l’ouverture au bout du temps réglementaire, quelques secondes avant d’être contourné sans réagir par Aaron Leya Iseka (0-1, 90e). « Sur le but, il sort effectivement à contretemps mais l’erreur ne vient pas que de là. On ne doit pas perdre le ballon dos au jeu avant [coucou à nouveau Rayan]. Je ne sais pas si Antho est un peu perturbé par le fait de ne pas vouloir faire de faute. Si c’est le cas, il faut qu’il retrouve la normalité de son jeu. » A savoir une dose de sérénité en plus de sa nature « virile mais correcte ». Le derby tombe à point nommé, qu’on se le dise.

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