OL : Du rôle de Juni aux critiques des supporters… Quelles sont les cinq infos majeures sur l’arrivée de Rudi Garcia?

Rudi Garcia, ici aux côtés de Jean-Michel Aulas et Juninho, à la fin de sa présentation devant la presse, ce mardi à Décines. ROMAIN LAFABREGUE — AFP

  • L’OL a officialisé lundi l’arrivée, pour un contrat qui court jusqu’en 2021, de Rudi Garcia en tant qu’entraîneur.
  • L’ancien coach de l’OM (de 2016 à 2019), dont la nomination est mal vécue par de nombreux supporters lyonnais, a donné sa première conférence de presse ce mardi.
  • Aux côtés de Jean-Michel Aulas et Juninho, l’entraîneur de 55 ans est notamment revenu sur ses anciennes déclarations offensives à l’encontre de l’OL.

Au centre d’entraînement de l’OL à Décines,

Le 28 mai, Jean-Michel Aulas avait conclu la présentation de Sylvinho et Juninho devant la presse en citant Martin Luther King : « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement. » Le président lyonnais n’est pas superstitieux puisqu’il a remis ça ce mardi en introduisant Rudi Garcia avec les mots de « William Churchill » (sacré fail pour lancer une nouvelle ère) : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité. Et un optimiste, ce que nous sommes, voit l’opportunité dans chaque difficulté. »

Niveau difficulté, il y a de quoi faire actuellement à Lyon, entre une 14e place en Ligue 1, un derby perdu il y a neuf jours, le licenciement de Sylvinho et de son adjoint Fernando Lazaro (pour environ un million d’euros), et la nomination lundi de Rudi Garcia. L’entraîneur de 55 ans, qui reste sur une dernière saison désastreuse à l’OM, s’est présenté pour la première fois devant la presse à Décines, aux côtés de JMA et de Juninho. 20 Minutes vous évoque les six points essentiels de cette présentation.

Pourquoi Rudi Garcia a-t-il empoché la mise face à Blanc et Gourvennec ?

« Rudi a dirigé plus de 700 matchs. On n’est donc pas dans l’expérience précédente. » Jean-Michel Aulas a vite pointé le critère jugé majeur à Lyon après l’échec de Sylvinho. Si Rudi Garcia est devenu lundi le 29e entraîneur de l’histoire de l’OL, c’est avant tout pour son important vécu, tant en Ligue 1 qu’en Serie A, avec aussi « 80 matchs de Coupe d’Europe » disputés.

« Ça m’a intéressé qu’il gagne tous les derbys contre la Lazio et qu’il soit finaliste de la Ligue Europa au Groupama Stadium avec l’OM », a aussi glissé le président lyonnais, qui l’a aussi qualifié de « combattant ». « Outre sa connaissance du foot, j’aime bien le caractère de Rudi, a complété Juninho plus tard. Il a la culture de la victoire. » Et ce même s’il reste sur une saison à 20 défaites avec l’OM, toutes compétitions confondues.

Les exigences d’adjoints ont-elles joué un rôle dans le choix lyonnais ?

Juninho, Jean-Michel Aulas mais aussi Gérard Houllier (conseiller du président) et Vincent Ponsot (directeur général adjoint juridique) ont décidé tous les quatre du successeur de Sylvinho. Parmi les enjeux évoqués depuis l’éviction du coach brésilien, il est beaucoup question de la difficulté de la direction lyonnaise à se séparer de son staff en place avec Bruno Genesio et Sylvinho. En clair, Laurent Blanc a-t-il été recalé car il souhaitait former son propre staff ? Jean-Michel Aulas a senti le besoin de vite évoquer ce point, avant même que la question ne soit posée.

Le choix ne s’est pas fait sur un a priori de venir avec son équipe ou pas. Certains proposaient de venir avec beaucoup d’adjoints, d’autres sans adjoint comme Jocelyn Gourvennec. Là on a choisi une solution intermédiaire. Ça n’est pas une question de manque de moyens économiques. On a bien fait le travail et on n’a tenu compte que du projet. »

Rudi Garcia arrive ainsi à Lyon avec Claude Fichaux, « un formateur dans l’âme » et Christophe Prudhon, « son œil ».

Rudi Garcia est apparu très à l'aise pour sa première sortie médiatique en tant qu'entraîneur de l'OL Rudi Garcia est apparu très à l’aise pour sa première sortie médiatique en tant qu’entraîneur de l’OL – Laurent Cipriani/AP/SIPA

A quel style de jeu doit-on s’attendre ?

Outre les mauvais résultats (une moyenne de points de relégable après neuf journées), c’est surtout le peu d’ambition du jeu pratiqué depuis la reprise qui a coûté cher à Sylvinho. « On a perdu les bases laissées par Bruno Genesio, à savoir une équipe jouant vers l’avant, créative et avec une base technique importante », indique Juninho. C’est dans ce contexte que Rudi Garcia va chercher à apporter « un jeu de possession ».

« J’ai toujours pensé qu’en jouant super bien dix matchs, on aurait plus de chance d’en gagner beaucoup, rappelle le champion de France 2011 avec le Losc. J’espère inculquer ma culture de la gagne. On a un effectif porté vers l’avant avec beaucoup de talents offensifs. Je sais où je suis, L’OL doit imposer son style de jeu. Il faut qu’on soit l’Olympique Lyonnais. » Il veut une équipe « ayant une âme et un esprit collectif ». Tiens tiens, le mot « âme » avait été mis en avant aussi par Sylvinho cinq mois plus tôt.

Cette nomination est-elle réellement le choix de Juninho ?

Lorsque le nom de Rudi Garcia a été officialisé, lundi après-midi, tous les supporters lyonnais ont aussitôt pensé qu’il ne pouvait être le choix de Juninho, seulement cinq mois après le début d’une véritable révolution mise en place à l’OL avec l’audace de l’option Sylvinho, premier entraîneur étranger de l’OL d’Aulas. Les trois principaux protagonistes ont donc tout fait pour convaincre les médias que Rudi Garcia avait bien été choisi par Juninho.

« C’était un choix à l’unanimité mais je confirme que c’est « Juni » qui a eu la parole définitive. C’est lui aussi qui m’a dit qu’il fallait arrêter l’expérience précédente », a notamment confié JMA. « Ça a matché tout de suite avec « Juni » », résume Rudi Garcia, qui a multiplié les compliments à son sujet et références à son passé de joueur, lorsque lui était un jeune coach au Mans. Juninho n’était pas vraiment d’humeur et a, par la suite, sorti les crocs, notamment pour préciser son rôle de directeur sportif.

Pour moi, le directeur technique est là pour faire la liaison entre le staff et les joueurs et entre le staff et le président. J’ai le droit de poser des questions à l’entraîneur par rapport à ses choix. Bien sûr, c’est lui qui aura le dernier mot sur la tactique et la composition d’équipe. Je suis là aussi pour aider certains joueurs à progresser via des discussions personnelles. Je suis là aussi pour intervenir dans le vestiaire pour des questions de discipline, ce que j’ai déjà fait. »

Comment éviter une fronde des supporters ?

« Je cumule plusieurs défauts, je ne suis pas passé qu’à Marseille. J’ai démarré mon métier d’entraîneur chez le voisin en vert. » Rudi Garcia a préféré prendre avec humour les vagues de réactions négatives ayant suivi sa nomination à l’OL. Il a fait ce qu’il a pu ce mardi pour revenir sur ses nombreuses déclarations pointant un arbitrage supposé favorable aux Lyonnais durant ses trois saisons sur le banc de l’OM. « Parfois j’étais un peu obligé de le faire car je me sentais un peu seul », a-t-il notamment indiqué, avec un tacle à peine voilé pour le duo Zubizarreta-Eyraud.

« Il y a eu quelques échanges mais quand Rudi défend son club avec un esprit de combattant et l’envie de faire gagner celui pour qui il travaille, ça me plaît, a poursuivi Jean-Michel Aulas. Dès le premier contact, on s’est remémoré un certain nombre de choses et ça nous a fait sourire parce qu’on est tournés vers l’avenir et non le passé. » Ils vont tous les trois (avec Juninho) rencontrer les deux principaux groupes de supporters dès ce mardi après-midi, afin de désamorcer une atmosphère qui s’annonce hostile samedi (17h30) pour OL-Dijon. Car les virages lyonnais risquent d’être plus durs à convaincre que le quatuor Aulas-Juninho-Houllier-Ponsot.

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