Occitanie : Faute de publicités, l’épidémie de Covid-19 a mis les radios régionales dans la galère

Dans une radio (illustration) — 20 MINUTES/SIPA

  • Avec la chute des revenus publicitaires, le Covid-19 a impacté de plein fouet les radios régionales, qui ne vivent que des campagnes qu’elles diffusent sur les ondes.
  • Aujourd’hui, la reprise est là, mais la situation est loin d’être revenue à la normale.
  • Pour donner un coup de pouce aux commerces du coin (et montrer l’exemple), les radios d’Occitanie, qui se sont regroupées dans une association, s’apprêtent à offrir 300.000 euros d’annonces publicitaires à des entreprises locales.

Depuis l’instauration des mesures de confinement en raison de l’épidémie de Covid-19, en mars dernier, les écrans publicitaires des radios régionales sont désespérément vides. La chute générale des revenus publicitaires a frappé de plein fouet les radios B, qui vivent exclusivement grâce aux campagnes diffusées sur leurs antennes.

En avril, en Occitanie, dix radios régionales s’unissaient au sein d’une association, pour tirer la sonnette d’alarme : « Nous avons perdu presque la totalité de notre chiffre d’affaires issu des campagnes publicitaires, alors que les mois de printemps sont parmi les plus importants dans la constitution de nos recettes, déploraient-elles, dans une lettre aux institutions. Nos entreprises traversent une crise sans précédent. »

« La reprise est bien là, mais la situation est toujours compliquée »

Un mois et demi plus tard, certains annonceurs, notamment les commerçants qui avaient dû fermer temporairement, ont ressurgi. Mais la situation est très loin d’être revenue à la normale. « En plein confinement, nos écrans étaient vides, ou presque, note Jacques Iribarren, président de l’association des radios régionales d’Occitanie et fondateur de la radio 100 %, qui émet dans 11 départements de la région, et dans les Pyrénées-Atlantiques. Nous avions seulement quelques campagnes gouvernementales, quelques publicités de clients qui mettaient en place des drives. Aujourd’hui, nous sentons une petite reprise, mais nous sommes loin du niveau que l’on connaissait auparavant. »

« La reprise est bien là, mais la situation est toujours compliquée, et les mois perdus resteront perdus, reprend François-Xavier Delacoux, le directeur de RTS FM, qui émet du Vaucluse aux Pyrénées-Orientales. Pour autant, nous n’avons jamais suspendu nos programmes, au contraire, nous avons continué nos services, nous avons multiplié l’information locale. » « D’autres radios ont stoppé leurs antennes locales, mais nous, nous avons fait un tout autre choix, confie Olivier Coquin, fondateur de Radio One, la radio d’Agde et du bassin de Thau. L’essence de nos radios locales, c’est le lien avec les auditeurs, avec le territoire. Un lien que l’on a mis des années à construire. Il ne fallait surtout pas le rompre, et continuer à faire de l’antenne, informer, divertir, rassurer. »

« Nos emplois, ils sont là, dans nos territoires »

Jacques Iribarren évoque « plus de 50 % de perte de chiffre d’affaires en mars », et un mois d’avril « terrible ». « Certaines radios souffrent d’une perte d’au moins 80 % du chiffre d’affaires », reprend-il. Une crise « sans précédent », qui a fortement affecté les radios régionales d’Occitanie, qui emploient 124 salariés, et sont écoutées par plus de 2,5 millions d’auditeurs. « Nous n’avons pas vraiment de visibilité sur la suite, nous ne savons pas ce que va donner l’été, ni si ça va repartir en septembre. »

Dans leur lettre ouverte, en avril, les radios régionales regrettaient aussi que certaines institutions allouaient des budgets à Facebook ou Google plutôt que de soutenir leurs antennes. « Nos emplois, nous, ils sont là, ils sont dans nos territoires, rappelle François-Xavier Delacoux. Dans des crises comme celle que nous avons traversée, il faut faire des choix différents, un peu de patriotisme économique ne fait pas de mal. »

Pour donner un coup de pouce aux commerces du coin (et montrer l’exemple), les radios d’Occitanie s’apprêtent par ailleurs à offrir 300.000 euros d’annonces publicitaires à des entreprises locales. Les commerces ont été sélectionnés, les publicités seront diffusées bientôt sur leurs ondes. « Nous avons un devoir d’aider, note Jacques Iribarren. Nous avons de l’espace publicitaire, alors autant en faire profiter les commerces locaux. Et c’est aussi un moyen de démontrer que le média radio est efficace. »

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