Nvidia veut racheter le géant des puces mobiles ARM pour 40 milliards de dollars

Le patron de Nvidia Jensen Huang en 2017. — Chiang Ying-ying/AP/SIPA

Alors que tous les yeux sont braqués sur TikTok, Nvidia a créé la surprise lundi. Le géant des cartes graphiques, qui a de grosses ambitions sur le front de l’IA, a annoncé qu’il allait racheter le leader des puces pour smartphones ARM au groupe japonais SoftBank pour la coquette somme de 40 milliards de dollars. Cette méga-acquisition devrait être finalisée d’ici mars 2022, sous réserve de l’approbation de nombreuses autorités réglementaires dans le monde entier, et notamment britanniques qui voient d’un oeil suspicieux le changement de propriétaire de ce joyau technologique national.

Le gouvernement britannique a fait valoir qu’il avait conscience du « rôle vital d’ARM dans le secteur de la technologie » et l’économie au Royaume-Uni. Il étudie cette transaction « y compris son impact pour le siège social de Cambridge », avec la possibilité de « prendre les mesures appropriées ».

L’un des co-fondateurs d’ARM, Hermann Hauser, s’est quant à lui dit « extrêmement inquiet » du passage sous pavillon américain de l’entreprise alors qu’elle est « la dernière restante au Royaume-Uni avec une position dominante dans la téléphonie mobile et les microprocesseurs ».

Des partenariats menacés

Le rachat ne ferait, selon lui, qu’aggraver la domination de la technologie américaine, comme le montre la puissance des géants comme Apple, Amazon ou Facebook. « La vente d’ARM à Nvidia va détruire son modèle d’entreprise : être la » Suisse du secteur des microprocesseurs « en agissant de manière égale envers ses 500 détenteurs de licences, s’émeut M. Hauser dans une lettre au Premier ministre. Or, » la plupart d’entre eux sont des concurrents de Nvidia » et plusieurs sont des entreprises britanniques, relève M. Hauser.

Sans donner de garanties sur les 3.000 employés au Royaume-Uni (sur 6.500 dans le monde), Nvidia promet de garder le siège d’ARM à Cambridge et veut y bâtir un « super-ordinateur d’intelligence artificielle » ainsi que son « hub européen ». Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a également assuré dans une lettre à ses employés qu’il allait « maintenir la neutralité » d’ARM vis-à-vis de ses clients ainsi que son modèle de licence ouverte.

Ascension fulgurante

Fondé en 1990 en Angleterre, ARM est un spécialiste des microprocesseurs avec une part de marché mondiale écrasante dans les smartphones (95 %). Mais ses puces, fabriqués sous licence, se retrouvent aussi dans d’innombrables capteurs, objets connectés et services de Cloud (informatique à distance).

Nvidia paie le prix fort pour monter en puissance dans l’intelligence artificielle, les objets connectés et la 5G, les points forts d’ARM. C’est l’une des plus importantes fusions-acquisitions mondiales annoncées depuis le début de l’année et l’une des plus importantes jamais réalisées dans le secteur des microprocesseurs, et qui propulse Nvidia au rang de mastodonte du secteur.

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