Nucléaire : Emmanuel Macron visite la base ultrasecrète de l’île Longue.
L’Île Longue est le port d’attache des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français, à savoir le Triomphant, le Téméraire, le Vigilant et le Terrible. En janvier 2025, le journal Le Monde a révélé des failles dans la sécurité du site, où des membres d’équipage de sous-marins français avaient accidentellement fait fuiter des informations sensibles via l’application de running Strava.
Si vous essayez de la localiser sur Google Earth, vous ne découvrirez qu’une zone floue. La navigation et la pêche y sont également interdites, tout comme le survol de cette zone, bien que cinq drones aient été aperçus là-bas début décembre. Dans la rade de Brest (Finistère), sur un site de plus d’une centaine d’hectares rattaché à la presqu’île de Crozon, se trouve la base la plus secrète de France. Ce fort où Emmanuel Macron est attendu ce lundi après-midi pour un discours très anticipé sur la dissuasion nucléaire.

Ce site n’a pas été choisi au hasard. Cette petite parcelle de terre ultra-sécurisée est l’un des piliers de la défense française, l’un de ses secrets les mieux gardés. À l’abri des regards, l’Île Longue est le port d’attache du Triomphant, du Téméraire, du Vigilant et du Terrible, les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français. « Tapis dans l’océan, indétectables, dotés de seize missiles portant chacun plusieurs têtes nucléaires, les 4 SNLE patrouillent successivement pour assurer, depuis 1972, la présence à la mer de la dissuasion nucléaire », précise le ministère des Armées sur son site.
2.500 personnes, militaires et civiles, y travaillent
C’est en 1965 que le général de Gaulle a décidé de transformer l’Île Longue, qui n’était autrefois reliée au continent que par un chemin submersible, en base opérationnelle de la Force océanique stratégique française et en « garage » pour ses sous-marins nucléaires. Le chantier de construction a duré plus de trois ans, devenant à l’époque le plus important d’Europe avec plus de 1.500 ouvriers se relayant quotidiennement pour couler les 300.000 m³ de béton et les 6.000 tonnes d’acier nécessaires à la réalisation des deux grands bassins de plus de 200 mètres de long.
Actuellement, près de 2.500 personnes, militaires et civiles, travaillent quotidiennement sur cette base, qui est constamment surveillée par 120 gendarmes maritimes, assistés de fusiliers marins. Employés et visiteurs doivent se soumettre à des contrôles rigoureux pour y accéder et laisser leurs téléphones portables et appareils connectés dans des casiers avant de passer sous des portiques de sécurité.
Des failles dans la sécurité du site nucléaire
En janvier 2025, le journal Le Monde avait d’ailleurs révélé des failles dans la sécurité de cette installation, des membres d’équipage de sous-marins français ayant, par inadvertance, divulgué des informations sensibles via l’application de course Strava.
Le 4 décembre dernier, cinq drones ont également été détectés en train de survoler la zone. Une enquête a été ouverte à la suite de cet événement, bien qu’aucune infrastructure sensible n’ait été « menacée », selon le porte-parole du préfet maritime de l’Atlantique.

