Nouvelle-Aquitaine: «Un taux de régularité des TER inédit depuis le début de l’année»

Trains TER de la région Nouvelle-Aquitaine, en garde de Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes

  • Plusieurs régions ont déjà lancé la démarche d’ouverture à la concurrence de certaines lignes TER.
  • La Nouvelle-Aquitaine, qui a re-signé une convention avec la SNCF, souligne les efforts de celle-ci depuis le début de l’année, et les bons résultats de son réseau TER.
  • Elle assure toutefois qu’elle ne s’interdira pas d’expérimenter la concurrence sur certaines zones, si ces résultats n’étaient plus au rendez-vous.

Avant l’obligation d’ouvrir l’exploitation des lignes à la concurrence à partir de 2023, les régions auront la possibilité de le faire, si elles le souhaitent, dès le 1er décembre 2019. Soit dans un peu moins de six mois. Une échéance attendue de pied ferme par plusieurs régions françaises, mécontentes des performances de la SNCF.

Certaines ont d’ailleurs pris les devants, comme la région Sud (ex-Paca), ou les Hauts-de-France. Le président de la région Sud, Renaud Muselier (LR), se plaint depuis des années des mauvais résultats des TER dans sa région, qui affichent un piètre taux de 82 % de régularité. « Nous avons le plus mauvais service TER de France » répète à l’envi le président LR.

Et en Nouvelle-Aquitaine ? Alain Rousset (PS) a dû lui aussi taper du poing sur la table à plusieurs reprises. Et si le conseil régional a resigné avec elle une nouvelle convention de six ans en début d’année, elle y a inscrit quelques clauses qui lui permettront de tester, elle aussi, la concurrence sur une à deux zones. Le vice-président en charge des transports Renaud Lagrave fait le point sur la situation.

Renaud Lagrave, vice-président de la région en charge des transports (à g.) et Philippe Bru, directeur régional SNCF Nouvelle-Aquitaine.

Êtes-vous tenté par une ouverture à la concurrence de certaines lignes TER de la région ?

Nous avons décidé de signer une nouvelle convention avec la SNCF pour une durée de six ans. En revanche, et nous sommes les seuls à l’avoir inscrit, nous exigeons une optimisation de l’offre de 8 %, particulièrement sur cinq bassins de mobilité, et à commencer par la zone allant de Bordeaux Métropole à Agen, le Périgord-Limousin, et l’ex-Poitou-Charentes. L’idée, c’est que la SNCF mette davantage de trains, offre plus de cadencement et de régularité, sur ces zones. Si les objectifs ne sont pas atteints, on se laisse la possibilité, avant la fin de la convention, de faire appel à l’ouverture.

Vous lui laissez donc une chance ?

Une chance qu’elle a saisie, car depuis le début de l’année, nous sommes à 94,3 % de régularité des TER [contre 90,2 % en 2018], c’est inédit en Nouvelle-Aquitaine [ce taux comprend les trains arrivant avec moins de six minutes de retard]. C’est-à-dire que nous avons presque atteint le taux de 95 % que nous avons fixé à la SNCF d’ici à la fin de la convention. Le taux de suppression de trains a vraiment baissé, suite à une réorganisation de la maintenance qui porte ses fruits. C’est aussi le résultat d’un certain nombre de travaux qui ont eu lieu sur le réseau ces dernières années. Enfin, il y a eu un très gros travail sur les trains au départ de Bordeaux qui étaient tout le temps en retard. Force est de constater qu’à ce jour, du boulot a été fait.

Que pensez-vous de ces régions qui souhaitent, elles, ouvrir à la concurrence au plus vite ?

Dans la région Sud, la régularité était tombée à 80-82 %. C’est un vrai scandale. Je comprends que lorsque rien ne bouge, on finisse par prendre cette décision. Cela dit, même si la possibilité existe à partir du 1er décembre 2019, il faut savoir que les décrets d’application ne sont pas encore parus, notamment sur le transfert des personnels et du matériel. L’échéance la plus plausible à l’heure actuelle pour l’ouverture à la concurrence, c’est plutôt 2022… Donc, même si on doit tous se préparer à cette ouverture, on en est encore très loin, surtout tant que l’on n’a pas les décrets.

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