Nouvelle-Aquitaine : Plus de 8.200 entreprises artisanales ont mis la clé sous la porte en 2022

Comme partout en France, les entreprises artisanales de Nouvelle-Aquitaine vivent une période difficile, marquée notamment par la crise énergétique. La Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) a comptabilisé auprès du répertoire des métiers 8.273 radiations en 2022 contre 6.866 en 2021, soit une augmentation de 17 %.

« On observe cette tendance depuis début 2021, mais elle s’est accélérée en 2022 pour dépasser le niveau de 2019, alerte ce mardi la Chambre consulaire à l’occasion de la présentation des résultats d’une enquête de conjoncture. Il s’agit là d’un vrai signal d’alerte alors que des aides sont toujours en vigueur. » Dans le même temps, Gérard Gomez, président de la CMA Nouvelle-Aquitaine, rapproche aussi ce chiffre de la fin du « quoi qu’il en coûte ».

L’institution a sollicité du 28 novembre au 8 décembre 2022 les dirigeants des entreprises régionales sur leur situation financière. Environ 3.000 d’entre eux ont répondu et les résultats de l’enquête ont été redressés selon la méthode des quotas, pour qu’ils soient représentatifs des métiers de l’artisanat en Nouvelle-Aquitaine. Il en ressort que les augmentations du coût des matières premières (66 %) et des transports (61 %) sont les deux principales difficultés des entreprises artisanales.

17 % des artisans de l’alimentaire envisagent des licenciements

Le secteur de l’alimentaire est particulièrement touché par la flambée des tarifs de l’énergie (83 %) et plus particulièrement celle de l’électricité (79,8 %). La crise durant, d’autres entreprises comme les pressings ou les entreprises de ferronnerie d’art par exemple, se retrouvent, elles aussi, en difficulté. 

« Mais il faut comprendre que 60 % des gens interrogés n’ont pas encore connaissance de la teneur de la hausse, pointe Gérard Gomez, président de la CMA Nouvelle-Aquitaine. Ils s’apprêtent à recevoir les premières factures. » Alors que des appels de détresse sont reçus par la Chambre, elle a décidé de réactiver la cellule d’aide psychologique, accessible via les standards des chambres départementales. Parmi les répondants, 66,6 % des artisans se disent en situation de fragilité financière, dont 38,2 % en situation critique pour la survie de leur entreprise et 11,8 % des artisans envisagent de réduire leurs effectifs salariés. Dans le secteur de l’alimentaire c’est 17,4 % des artisans qui y songent.

Sur les 4.000 boulangers installés dans la région, 60 % ont été contactés par la Chambre. Certains n’ont pas attendu des conseils extérieurs pour prendre des dispositions. « Le pain chaud, c’est fini, résume Gérard Gomez. Ils font une cuisson le matin ou alors si c’est tout au long de la journée, la baguette ne peut pas rester à 1 euro. » Pour ceux qui ont besoin d’être accompagnés, il s’agit d’abord de les informer de leurs droits. « 50 % n’étaient pas au courant des dispositifs proposés par l’Etat », ajoute le président. « On a encore quelques mois avant la sortie du tunnel, conclut Gérard Gomez. On est dans l’œil du cyclone pour le moment et on a un certain nombre d’incertitudes sur les capacités de résilience de nos entreprises. »