Nouvelle-Aquitaine : L’appli Modalis veut créer une billettique unique à l’ensemble des réseaux de transport

Un réseau de transport en commun, c’est de l’infrastructure et du digital. C’est pourquoi la région Nouvelle-Aquitaine a créé, il y a quatre ans, le Syndicat mixte Nouvelle-Aquitaine Mobilités, qui développe une plateforme multimodale et connectée, dont le principal objectif est de créer une billettique unique à l’ensemble des réseaux de transport urbains de Nouvelle-Aquitaine. L’objectif, à terme, est de pouvoir planifier et acheter son trajet en transport en commun d’Agen à Bordeaux, de Tulle à Périgeux, depuis chez soi avec une seule appli.

Brique par brique, la plateforme Modalis a d’abord mis en place une carte d’abonnement, puis un calculateur d’itinéraires de transport incluant toutes les offres possibles, y compris le vélo en libre-service et le covoiturage, et enfin l’achat de billets (via l’application Ticket Modalis, qui va fusionner avec Modalis) pour treize réseaux urbains de Nouvelle-Aquitaine, ainsi que pour le TER et certains cars régionaux. L’année 2023 doit voir Modalis venir « coiffer » 25 des 28 réseaux urbains de la région avec son offre d’achat de billets.

Les nouveaux réseaux intégrés par salves jusqu’en 2025

« Demain, vous irez sur Modalis, vous ferez votre calcul d’itinéraire, vous cliquerez sur le bouton « acheter » et vous aurez la [quasi]-totalité des titres de transport en commun du territoire néoaquitain, ce qui évitera de passer par plusieurs applications », résume le directeur du syndicat Jérôme Kravetz. Ce qui sera possible sur l’appli mobile Modalis, le sera aussi sur des distributeurs de titres qui seront déployés au fur et à mesure dans les réseaux de la région, et qui proposeront non seulement les titres du réseau concerné, mais aussi ceux d’autres réseaux, sans devoir passer par trois guichets différents pour acheter trois titres.

Concrètement, une nouvelle mouture de la plateforme Modalis sera proposée en mars 2023, puis en septembre la carte Modalis sera revue et corrigée avec la possibilité d’intégrer la carte bancaire comme moyen de validation, tandis que les distributeurs commenceront à être disséminés dans les réseaux urbains. « Dès la fin 2023, nous intégrerons les nouveaux réseaux, comme Guéret et Tulle, pour l’achat de billets, et nous poursuivrons par salves jusqu’en 2025 pour atteindre les 25 réseaux urbains » poursuit Jérôme Kravetz.

« Développer des réseaux sans couture »

En ce qui concerne la SNCF, l’offre TER est déjà disponible sur Modalis, mais pas (encore) le TGV. Une histoire de gros sous… « SNCF nous réclame des rétributions pour vendre du TGV chez nous, explique le président du syndicat mixte, et vice-président de la région aux transports, Renaud Lagrave. Mais dans le même temps, la SNCF vient nous voir en nous disant qu’elle serait intéressée pour vendre notre réseau… Nous allons donc commencer à discuter, et nous verrons bien… Nous représentons tout de même 25 réseaux. »

Le développement du MaaS (Mobility as a Service, ou services numériques multimodaux) devrait coûter de l’ordre de trois à quatre millions d’euros sur quatre ans, estime le syndicat mixte. « Cela coûte de 40 à 50 % moins cher que si chaque Autorité organisatrice de transport (AOT) faisait son marché de son côté » insiste Renaud Lagrave. « Et nous aurons la faculté de développer des réseaux sans couture, prolonge Jérôme Kravetz, puisqu’on passera d’un réseau à l’autre avec sa carte ou son smartphone dans un même écosystème. »