Nouvelle-Aquitaine : En recyclant les masques grand public, la start-up Plaxtil découvre tout un marché du « jetable » à conquérir en 2021

Plaxtil est une start-up qui donne une seconde vie aux masques jetables dans son usine de Châtellerault, dans la Vienne. — Getty

  • En ce début d’année, 20 Minutes vous présente celles et ceux qui feront l’actu en 2021 grâce à leur action associative, leur performance sportive, leur esprit d’entreprise ou leur créativité. 
  • La start-up Plaxtil, spécialisée dans le recyclage du textile, a fait un test concluant de transformation des masques grand public en divers objets plastiques.
  • Elle prévoit de tripler son effectif en 2021 et d’ouvrir des usines dans plusieurs sites en France.

Plaxtil est une toute jeune start-up créée il y a un an pour recycler les textiles mélangés en les transformant en polymères (qui deviendront divers objets en plastique). Son usine est à Châtellerault dans la Vienne où elle est adossée à une entreprise de taille plus importante, CDA Developpement. Son initiative de recyclage des masques jetables au printemps l’a propulsée sous les feux des projecteurs et lui a permis d’identifier un marché à haut potentiel sur les équipements de protection. Un filon si prometteur qu’elle envisage de tripler son effectif en 2021 et d’installer de nouvelles usines en France, en commençant par les Hauts-de-France.

Un engouement sur le recyclage des masques

A la fin du mois de juin, lassés de voir des masques abandonnés dans la rue, les gérants de Plaxtil ont l’idée de tenter de les recycler. « On a adapté ce qu’on savait faire aux masques en ajoutant une logique de décontamination pointue pour qu’il n’y ait pas de problème sanitaire », explique l’un des cofondateurs Olivier Civil. Pour y parvenir, Plaxtil s’est ainsi associé à la start-up Uvmobi pour mettre en place une désinfection par ultraviolets.

Depuis le début de l’opération, 500.000 masques ont été recyclés par Plaxtil. Elle a organisé une collecte localement sur Châtellerault et Poitiers. Un partenariat a été noué en fin d’année 2020 avec une grande enseigne et va permettre à la société de changer d’échelle. « On vient de lancer une opération avec Kiabi dans une quinzaine de magasins du Grand Ouest pour la collecte de masques, explique Olivier Civil. Et, on va lancer d’ici quelques jours des partenariats avec de très grandes entreprises qui veulent recycler leurs masques utilisés en interne ».

A l’origine, la fonction de Plaxtil est de recycler le textile mélangé, très répandu dans l’industrie de la mode, et qui n’a pas de filière de recyclage. « Nous proposons la seule solution qui permet de les transformer en polymères. On en fait des cintres qui vont être réutilisés dans les magasins Kiabi, par exemple », détaille le cogérant de la start-up. Elle espère que d’autres enseignes de l’habillement seront intéressés par ce recyclage du textile en cintre, dès 2021.

Les masques sont, eux, transformés en divers objets en plastique. « On en fait des ouvre portes, des attache masques etc. A Poitiers on fait aussi des kits d’écoliers (équerre, règle, rapporteur) à partir de ce polymère, précise-t-il. On part toujours du principe que l’émetteur du déchet va être celui qui va utiliser la matière. »

Une ouverture vers tous les équipements à usage unique

Le recyclage des masques n’était pas prévu au lancement de la boîte et « on souhaite bien sûr que cette problématique masques (pour le grand public) s’arrête à un moment, souligne Olivier Civil. Par contre, cela nous a donné une visibilité sur d’autres marchés, en particulier celui des équipements de protection individuels jetables (dans les secteurs de l’agroalimentaire, pharmaceutique etc.) ». Hors secteur hospitalier, où un protocole très encadré existe déjà pour traiter ces déchets, ces domaines d’activité utilisent des équipements à usage unique (blouses, charlottes, surchausses et masques) qui finissent à la poubelle, sans être recyclés. Fort de son système d’ultraviolet, Plaxtil regarde ces secteurs avec intérêt. « Lorsqu’on sera en vitesse de croisière, cela peut être un marché, hors contexte covid », commente le cogérant.

L’année 2021 s’annonce bien plus porteuse que prévu pour cette start-up limousine. « On avait déjà prévu un budget ambitieux avec notre transformation de textiles en cintres. Ce marché important nous assure une montée en puissance pour 2021 et 2022. Ensuite, le marché des masques et des EPI, cela nous ouvre un deuxième axe de développement qui sera très clairement porteur. » La jeune entreprise aborde 2021 le cœur léger, prévoyant de dépasser ses objectifs de croissance. « En 2022 et 2023, on va très rapidement opérer un développement à l’international, lance Olivier Civil. Des opportunités s’ouvrent de partout. »

Un fort développement en 2021

Pour accompagner ce fort développement Plaxtil va passer de six salariés à une vingtaine en 2021 dont 4 à 8 salariés en insertion. La start-up ne veut pas agrandir son usine de Chatellerault mais prévoit d’implanter d’autres unités de transformation en France. « En 2021, ce qu’on fait à Chatelleraut, on le fera sur les Hauts de France, parce que c’est une région de textile et qu’il y a des partenaires, on continuera avec la région parisienne, et on regarde aussi le sud et l’est ».

La force de l’usine Plaxtil c’est que son procédé reste le même pour transformer le textile mélangé et les EPI (dont les masques). « On peut faire tout ça dans la même usine, pointe le cogérant. On est assez flexibles. » En clair, même les masques pourraient être transformés en cintres à terme. Un champ des possibles assez ouvert qui offre de belles perspectives à la jeune entreprise.

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