Nouveau porte-avions français : L’Académie française décide « La France libre » ou « Le France libre »
Emmanuel Macron a annoncé que « notre nouveau porte-avions portera le nom de France libre » lors de son discours sur le site du Naval Group de Nantes-Indret mercredi. Contactée par l’AFP, l’Académie française dit s’en remettre « aux règles typographiques de l’Imprimerie nationale ».
C’était le moment le plus attendu du discours d’Emmanuel Macron, prononcé sur le site du Naval Group à Nantes-Indret mercredi. Après avoir visité le chantier des chaufferies nucléaires du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG), le président de la République a révélé le nom du successeur du Charles-de-Gaulle.
« Notre nouveau porte-avions portera le nom de France libre », a déclaré le chef de l’État, concluant son discours par : « Vive la République, vive la France, vive le France Libre ». L’utilisation de l’article défini au masculin singulier a suscité des réactions, les règles concernant les noms de navires en vigueur recommandant le féminin. Emmanuel Macron aurait-il donc dû dire « Vive la France Libre » ?
Dans la marine, l’article s’accorde avec le genre. Contactée par l’AFP, l’Académie française a indiqué se fier « aux règles typographiques de l’Imprimerie nationale ». « La tradition typographique dans la Marine nationale veut que l’article s’accorde avec le genre qui suit, donc on devrait dire la France Libre », a précisé l’institution. Ce n’est pas le cas dans la marine marchande où l’accord se fait selon le type de navire, souvent un paquebot, comme le Normandie ou le France.
La langue française distingue le genre des navires en fonction de leur nom. Ainsi, des marins embarquent sur un ravitailleur pétrolier nommé la Somme ou ont pu servir sur le porte-hélicoptères la Jeanne d’Arc. Dans son « Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale », l’institution souligne que « l’article qui précède le nom propre français prend le genre de celui-ci », rappelant que cette question a été tranchée par des circulaires ministérielles en 1934 et 1955, « approuvées par l’Académie française et l’Académie de marine ».
Interrogé par 20 Minutes, l’Élysée n’a pas pu confirmer immédiatement s’il s’agissait d’une volonté du président d’utiliser l’article « le » devant le nom commun « France ». Si Emmanuel Macron décide d’en faire usage, le futur porte-avions français pourrait conserver cette particularité.

