Nord : Une cérémonie pour se souvenir de la mort des otages au Niger, en 2011

Le 7 janvier 2011, Vincent Delory et Antoine de Léocour étaient enlevés par un groupe d’hommes armés à Niamey, au Niger. Les deux amis avaient trouvé la mort à la frontière entre le Mali et le Niger, le lendemain, lors d’une opération militaire censée les libérer. Depuis onze ans, chaque année, la famille de Vincent Delory, originaire de Linselles, près de Lille, organise un hommage commémoratif.

L’an dernier, l’épidémie de Covid-19 avait contraint la famille à annuler la cérémonie anniversaire des 10 ans. « Cette année, la préfecture a accepté de participer à une commémoration publique qui aura lieu samedi au cimetière de Linselles », annonce sa sœur, Annabelle.

Rassemblement au cimetière de Linselles

Un rassemblement est prévu à 10h avec la plantation d’un arbre du souvenir. « Malgré le temps qui passe, nous continuons à espérer la reconnaissance de son sacrifice, et à lutter contre l’oubli qui gagne », assure sa sœur, Annabelle.

Vincent Delory avait rejoint son ami d’enfance, Antoine de Léocour, au Niger pour assister à son mariage. Ce dernier était en poste en mission humanitaire en Centrafrique, et avait pris un mois de congé pour préparer l’événement. Selon l’autopsie, Antoine de Léocour a été exécuté à bout portant, tandis que le corps de Vincent Delory présentait des traces de brûlures et des impacts de balles, sans que les causes de sa mort n’aient jamais été exactement déterminées.

« Leur sacrifice est encore loin d’être assumé »

« Plusieurs personnalités, actuelles ou en poste en 2011, ont été conviées à la cérémonie de samedi, assure Annabelle Delory. Pour l’instant, nous avons peu de retours positifs, signe que malheureusement, leur sacrifice est encore loin d’être assumé. »

Depuis onze ans, une instruction judiciaire est ouverte pour faire la lumière sur les conditions de l’intervention de l’armée française. La famille s’était constituée partie civile mais a dû renoncer, faute d’argent pour payer l’avocat. « Nous suivons l’affaire grâce à l’association des victimes du terrorisme, souligne la sœur. On ne cherche pas un coupable. On ne demande pas d’argent. On voudrait simplement que moralement, l’Etat montre un peu de décence, car c’est bien le choix de l’opération militaire qui a causé leur mort. »