Nord : Embauche de sa fille, « armée illégale de conseillers », le président du département a « la conscience tranquille »

Jean-René Lecerf, au sein de l’hémicycle de l’hôtel du département du Nord, en 2015. — M.Libert/20 Minutes

  • Vendredi 10 janvier, le site d’informations Mediacités a publié un article concernant le département du Nord.
  • Sa publication évoque notamment « une armée illégale de conseillers » et l’emploi de la fille du président par l’institution nordiste.
  • Jean-René Lecerf, élu en 2015, a répliqué via un long droit de réponse offensif, assurant être totalement serein et prêt à se justifier devant les autorités compétentes.
  • La réponse de Mediacités n’a pas tardé et son nouvel article annonce la saisine du procureur de Lille par Anticor, ce que nous a confirmé l’association.

Encore une histoire de famille. La fille du président du département du Nord, Jean-René Lecerf, a été embauchée par l’institution. Une révélation du site d’informations Mediacités qui en rappelle d’autres au conseil départemental du Nord. En 2008 alors que la collectivité était socialiste, son président Bernard Derosier s’était retrouvé au cœur d’une affaire concernant le contrat de son fils à la direction du service juridique départemental. Contrat finalement invalidé par le tribunal administratif, l’année suivante.

« Je n’ai rien à reprocher au travail de Philippe Derosier. Mais que son père, président du conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), déroge au concours, c’est savoureux », glissait, à l’époque, Jean-René Lecerf, devenu président du Nord en 2015.

Aucune réponse sur le cas de sa fille

A son tour d’être mis en cause. Pour quels motifs ? L’article de Mediacités évoque une « armée illégale de conseillers » dont la fonction serait déguisée – « une vingtaine » – et donc, l’emploi de sa fille par le département. Le site Web évoque même un délit pénal en cas de requalification de son statut en collaboratrice de cabinet.

L’article 5 de la loi pour la confiance dans la vie politique est clair : faire travailler ses enfants au sein de son cabinet est interdit. Aujourd’hui, Laetitia Lecerf est la collaboratrice d’un vice-président. Une fonction – nommée à plusieurs reprises par Jean-René Lecerf dans son communiqué – qui n’existe pas en droit, selon Mediacités. Quoi qu’il en soit, le président a totalement éludé sa descendante dans le communiqué envoyé à 20 Minutes.

Par ailleurs, d’après l’article 11 du décret 87-1004, le cabinet du président du département du Nord peut compter treize collaborateurs. Mediacités, qui s’appuie aussi sur des avis d’experts, en a dénombré 21 de plus sur les réseaux sociaux professionnels. Autre donnée chiffrée : d’après le Code général des collectivités territoriales, l’assemblée départementale pouvait élire de 4 à 15 vice-présidents. Ils sont 15.

Le président serein et offensif face au média Web

Sûr de lui et d’avoir respecté les lois, Jean-René Lecerf assure avoir « la conscience totalement tranquille » et attendre « avec sérénité le prochain contrôle de gestion. Je lui apporterai toutes les explications et justifications utiles comme je l’ai fait en son temps pour le contrôle de légalité ». Rappelant au passage que le département fonctionnait déjà sur ces bases avant son élection.

En 2016, la Chambre régionale des comptes avait mis en garde le Val-de-Marne à propos de fonctionnaires s’apparentant à des « collaborateurs du cabinet », ce qui est considéré comme une « illégalité ». Ce département, comme la région qui l’englobe, avait mis fin aux chargés de mission rattachés aux vice-présidents ou élus délégués. Et ça, ce n’est pas Mediacités mais Le Parisien qui l’écrivait.

La réplique de Mediacités n’a pas tardé. Ce mardi, un nouvel article répond clairement au communiqué acide, annonçant même la saisine du procureur de Lille par Anticor. Ce que l’association a confirmé à 20 Minutes dans la foulée.

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