Nord : Des militants écologistes « dégonfleurs » s’en prennent à 65 véhicules utilitaires

Les SUV dans le collimateur. Un collectif écologiste baptisé « Stop SUV Lille » revendique ce mardi matin, une action militante, près de Lille, dans le Nord, envers les propriétaires de ces grosses voitures devenues à la mode depuis quelques années. Dans un communiqué, les activistes annoncent avoir dégonflé, dans la nuit de lundi à mardi, les pneus de 65 SUV « dans le quartier huppé de Lambersart » pour les mettre « hors d’état de nuire ».

La méthode est simple. « A l »aide de haricots, elles et ils ont bloqué les valves des roues qui se sont ainsi vidées de leur air », raconte le collectif qui a prévenu les conducteurs par un tract pour éviter de leur faire courir un danger en prenant la route avec un pneu dégonflé.

Objectif : faire baisser les ventes.

Les militants mettent le problème à plat en estimant que ces véhicules sont « plus consommateurs en énergie » et « représentent la 2e cause de la hausse des émissions de gaz à effet de serre en France, derrière la hausse du trafic aérien ». Objectif de cette action : faire baisser les ventes.

Selon eux, « les collectivités, comme la ville de Lille et la métropole de Lille, doivent assumer des choix politiques forts en faveur du climat et contraindre l’usage de ces véhicules polluants ».

Interrogée par 20 Minutes, l’Automobile Club du Nord dénonce ces actions. « D’abord, ça peut être dangereux si le conducteur ne s’en aperçoit pas avant de prendre le volant, note son directeur Philippe Dutrieu. Et puis qu’appelle-t-on un SUV ? Il en existe qui ne sont pas forcément plus gros, mais simplement plus haut. »

De moins en moins de petits véhicules économiques

Selon lui, l’ambiguïté vient aussi des constructeurs qui « fabriquent de moins en moins de petits véhicules économiques ». « Le choix pour acheter une voiture se restreint, explique-t-il. Avec les normes de pollution et de sécurité qui augmentent, les constructeurs préfèrent produire des véhicules plus grands, car les petits coûtent trop cher en fabrication. »

Selon l’Automobile Club, il s’agit de la première opération de dégonflage militante dans le Nord. Ce genre d’action n’est pourtant pas nouveau. En 2006, le collectif Solid’air, avait déjà sévi en Gironde. Les huit membres, mis en examen pour « dégradations volontaires en réunion », avaient été condamnés à verser 1 500 euros de dommages et intérêts aux propriétaires des véhicules, selon Actu.fr.

Ce genre d’action peut être considéré comme « la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui », un acte puni par la loi.