Non, les magasins bio ne sont pas tous implantés à Paris (et ils sont très rentables)

Un rayon bio dans un supermarché (Illustration). — Witt/SIPA

  • L’Insee a publié ce mardi une étude sur les magasins bio de proximité.
  • Ils sont environ 2.000 en France, répartis sur tout le territoire.
  • Si leur rentabilité est élevée comparée aux supermarchés, le secteur de la grande distribution représente une part de plus en plus importante dans le bio.

Les magasins bio, délire de bobo parisien ? Pas du tout, comme le montre une étude de l’Insee publiée ce mardi. En effet, au dernier pointage de 2016, pas moins de 1.970 commerces « de proximité »* de ce type étaient recensés un peu partout en France, sur un total de 57.000 magasins alimentaires de proximité. « Les magasins spécialistes du bio [La Vie Claire, Biocoop, Naturalia, etc] sont présents sur l’ensemble du territoire français » explique l’Insee, qui relève néanmoins des « disparités territoriales ».

Si Paris, ainsi que sa banlieue sud et ouest, présentent une concentration importante de magasins bio (voir la carte ci-dessous), d’autres régions françaises sont aussi concernées. C’est le cas d’une bonne partie de la Bretagne et de plusieurs départements d’Occitanie et de Rhône-Alpes. « Cette implantation coïncide en partie avec les territoires où la culture de produits biologiques est plus développée » relève l’Insee.

La proportion de magasins bio dans les magasins alimentaires de proximité. En vert, les zones où la proportion est la plus élevée. La proportion de magasins bio dans les magasins alimentaires de proximité. En vert, les zones où la proportion est la plus élevée. – Insee 2019

Des magasins surtout installés en ville

En revanche, sur un territoire donné, les magasins bio se retrouvent en général dans les grandes villes : « 83 % sont implantés dans des pôles urbains » note l’Insee, alors que les magasins alimentaires classiques (supérettes, supermarchés) sont un peu mieux répartis (71 % d’entre eux se situent dans des pôles urbains).

L’étude s’intéresse aussi à la structure économique de ces magasins. Ils sont en moyenne plus grand que les supérettes (223 m² de surface de vente contre 141 m²), mais restent petits comparés aux supermarchés de proximité (1.234 m²). Rapporté à la surface, ils emploient un nombre équivalent de salariés : 2,5 salariés pour 100m² dans les magasins bio, 2,4 salariés pour 100 m² dans les supermarchés.

Des produits vendus plus chers

En revanche, là où ils se distinguent, c’est dans la rentabilité. S’ils dégagent moins de chiffre d’affaires que les supermarchés (1,4 million d’euros par an en moyenne, contre 8 millions d’euros), le taux de marge des magasins bio est de 32 %, là où les supermarchés plafonnent à 19 % en moyenne. Une différence qui s’explique par le fait que le modèle économique des supermarchés « est davantage fondé sur un volume élevé associé à des prix de ventes plus faibles », comme le rappelle l’étude de l’Insee. A l’inverse, les magasins bio, s’ils réalisent moins de volume, vendent leurs produits plus chers. Une enquête réalisée en 2017 par l’UFC-Que Choisir montrait ainsi qu’un panier bio standard coûtait 28 % plus cher en magasin spécialisé, par rapport au prix proposé dans une grande surface. Seule exception : les fruits et légumes bio, qui sont en général vendus moins cher qu’en supermarché.

Au vu de leur rentabilité, les magasins bio ont la cote chez les distributeurs. En 2018, l’Agence Bio, qui recense les magasins labellisés, a ainsi reçu deux fois plus de notifications (lorsqu’un magasin ouvre) qu’en 2016. Ce succès n’a évidemment pas échappé aux hypermarchés, qui ont développé leurs propres marques (Bio Village pour Leclerc, Carrefour Bio, Auchan Bio…). Résultat : la grande distribution commercialise désormais la moitié des produits bio vendus en France.

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*Un magasin « de proximité » est un magasin fréquenté quotidiennement ou quasi quotidiennement par un consommateur donné, ou désigne un magasin implanté dans un « pôle de vie » (plusieurs commerces regroupés dans une rue par exemple). La définition exclut de fait les grands centres commerciaux situés à l’extérieur d’une ville.

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