Non, le maire EELV de Lyon n’a pas annulé un voyage de lycéens à Auschwitz pour qu’ils ne prennent pas l’avion

« Le maire écologiste de Lyon annule un voyage de lycéens à Auschwitz pour qu’ils ne prennent pas l’avion. » L’information a été reprise de nombreuses fois sur les réseaux sociaux depuis lundi, à la suite de plusieurs échanges entre élus lors du conseil de la métropole de Lyon.

En plus, Grégory Doucet, par ses convictions écologistes et son aversion de l’avion, aurait décidé d’annuler ce voyage de mémoire alors que le département du Rhône maintient les deux dates en mars prochain à destination de ce camp de travail et de concentration de Pologne ? Explications.

FAKE OFF

D’abord, même s’il s’agit de Lyon, cette histoire ne concerne pas la ville de Lyon et son maire, mais la métropole Grand Lyon, dont son président est Bruno Bernard, également écologiste. Il ne s’agit pas non plus de lycéens, mais de collégiens.

La rumeur a en réalité été lancée par Christophe Guilloteau, président LR du département du Rhône, lors de ses vœux à la presse le 13 janvier. Il avait annoncé qu’il n’y aurait pas de voyage en Pologne organisé par la métropole à cause d’un militantisme écologiste contre les déplacements en avions.

Des élus de plusieurs groupes d’oppositions ont alors demandé, lors du conseil métropolitain lundi, des explications à la majorité qui avait justifié renoncer à envoyer des élèves à Auschwitz-Birkenau pour des raisons de sécurité, le camp étant trop proche des combats en Ukraine, notamment de Lviv, en guerre depuis bientôt un an.

Dans Le Progrès, Christophe Guilloteau, président LR du département du Rhône, a rajouté : « Si c’était dangereux, croyez-vous qu’il y aurait autant de vols quotidiens en Pologne ? » Le département du Rhône a confirmé son intention d’envoyer 120 enfants visiter en mars ce camp de concentration. D’autres départements ont déjà envoyé des collégiens ces derniers mois.

Accomplir le devoir de mémoire sur d’autres lieux

Pour répondre à « cette accusation odieuse et mensongère », le président de la métropole Bruno Bernard, a écrit un fil Twitter. Il a réexpliqué que la décision n’a été motivée que par la crainte d’envoyer des élèves et des enseignants à « 250 km de la frontière ukrainienne ». Il explique qu’un travail collectif avec « les équipes pédagogiques et les parents d’élèves » a été réalisé afin que ces élèves puissent tout de même « accomplir le devoir de mémoire » en France, « en premier lieu ».

Afin d’être sensibilisés à la Shoah, les collégiens se sont rendus au camp de Natzweiler-Struthof en Alsace. Cette nouvelle disposition a ainsi permis à la métropole de doubler le nombre de collégiens participants au voyage.

Et sur la polémique de l’avion, le président de la métropole lyonnaise dénonce une « fake news » en démontrant que ce moyen de transport n’a pas été exclu par la métropole, notamment lorsqu’il a fallu l’utiliser « pour des raisons humanitaires ».