Non, l’appli StopCovid ne fera pas l’objet d’un « chantage à l’installation »

L’appli StopCovid sur un smartphone. (illustration) — THOMAS SAMSON / AFP

  • En préparation depuis plusieurs mois, l’appli StopCovid du gouvernement doit être lancée début juin, si elle obtient le feu vert des députés, et permettre de retracer la chaîne de contamination du Covid-19 grâce à ses utilisateurs.
  • Si cette appli pour smartphone est censée fonctionner sur la base du volontariat, des internautes dénoncent un « début de tentative de chantage » pour la faire installer, en citant le courrier d’un député LREM préconisant de diminuer certaines restrictions des utilisateurs acceptant de l’utiliser.
  • Cette proposition n’a toutefois pas été retenue, comme le confirment respectivement le gouvernement et la Cnil : aucun avantage ou désavantage ne sera lié à son utilisation.

Le gouvernement est-il prêt à conférer certains avantages pratiques aux utilisateurs de l’appli StopCovid, pour inciter le plus grand nombre à utiliser cet outil permettant d’être informé d’une éventuelle exposition à des personnes diagnostiquées positives au Covid-19 ?

Si les députés doivent se prononcer cet après-midi sur StopCovid avant son lancement prévu le 2 juin, de nombreux internautes dénoncent un « début de tentative de chantage à l’installation » de cette appli décriée pour son recours aux données personnelles des volontaires qui l’installeront sur leur smartphone.

Un extrait du post Facebook dénonçant un chantage autour de l'appli StopCovid. Un extrait du post Facebook dénonçant un chantage autour de l’appli StopCovid. – capture d’écran/Facebook

Plusieurs posts Facebook ou tweets citent ainsi, en guise de preuve, une suggestion émise par le député LREM de La Sarthe, Damien Pichereau dans un courrier adressé au secrétaire d’État chargé du numérique, Cédric O : « Il semble judicieux de coupler l’utilisation de l’application StopCovid à une contrepartie, comme par exemple une légère baisse des restrictions en cette période de sortie du confinement (on peut notamment penser à une augmentation du périmètre de déplacement de 100 km à 150 km). »

« Cet allégement permettrait sans aucune doute d’inciter un plus grand nombre de nos concitoyens à télécharger l’application, renforçant ainsi notre capacité à retracer les chaînes de contamination », conclut le député à la fin de cette lettre datée du 18 mai mais partagée par l’élu sur son compte Twitter le 25 mai.

Or, si le courrier est authentique, il fait part d’une simple suggestion à Cédric O, en charge du déploiement de l’appli StopCovid, pour connaître son avis à ce sujet. Et ce dernier a depuis démenti toute mise en place de la moindre contrepartie dans l’appli.

FAKE OFF

Le secrétaire d’État chargé du numérique l’affirmait encore ce matin sur l’antenne d’Europe 1 : « C’est un principe de base : c’est le volontariat. Cela veut dire que non seulement c’est vous qui décidez si vous téléchargez [l’appli] mais nous nous sommes engagés à ce qu’il n’y ait aucune contrepartie. C’est-à-dire qu’on ne vous offre aucun avantage ou vous n’avez aucune interdiction qui est liée à l’utilisation de l’application. ». Son cabinet avait par ailleurs démenti à nos confrères de La Tribune toute mise en place d’une contrepartie dès le 25 mai : « Cédric O défend le volontariat, le libre arbitre. Cette proposition n’entre pas dans ce cadre et ne sera pas retenue ».

En outre, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) soulignait dès la fin avril, dans sa délibération sur le projet, que « le volontariat signifie aussi qu’aucune conséquence négative n’est attachée à l’absence de téléchargement ou d’utilisation de l’application. »

Pas de « conséquences juridiques défavorables » en cas de non installation

« L’utilisation d’une application sur la base du volontariat ne devrait pas conditionner ni la possibilité de se déplacer, dans le cadre de la levée du confinement, ni l’accès à certains services, tels que par exemple les transports en commun. Les utilisateurs de l’application ne devraient pas davantage être contraints de sortir en possession de leurs équipements mobiles », poursuivait-elle. Et elle a confirmé la prise en compte de ce principe par le gouvernement dans son avis rendu le 25 mai : « Le ministère a confirmé qu’il n’envisage pas d’attacher des conséquences juridiques défavorables au fait de ne pas avoir téléchargé l’application et qu’aucun droit spécifique ne sera réservé aux personnes qui l’utiliseront. »

Enfin, Damien Pichereau a lui-même indiqué dans un tweet, hier, avoir pris acte de la réponse de Cédric O. « Si cette idée, issue d’un débat citoyen, se révèle être une fausse bonne idée, je me réjouis de voir toutes les réactions qu’elle a engendrées, car c’est là toute la force du débat, et c’est par la confrontation d’idées que nous ferons avancer notre pays », concluait le député.

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