« Ninja Warrior » : Jean Tezenas du Montcel et Clément Gravier reviennent sur leur victoire avant de rempiler

Six saisons de l’édition française de Ninja Warrior ont été conclues sur TF1 mais seuls deux champions sont parvenus à remporter les 100.000 € promis au vainqueur. Preuve de la complexité du défi qui s’impose aux nouveaux candidats de la septième saison, actuellement diffusée chaque samedi à 21 h 10, la victoire s’arrache à l’issue d’un parcours titanesque et pas à la portée des sportifs du dimanche que nous sommes.

Les deux champions en titre retentent l’expérience et seront à nouveau suspendus aux impressionnants obstacles dans une spéciale dédiée aux candidats de tous les records. Clément Gravier, 22 ans et vainqueur de la saison 6, détient le record français du meilleur temps pour grimper les 23 mètres la Tour des Héros – l’épreuve qui conclut la compétition – en 25,16 secondes. Premier vainqueur lors de la saison 4, Jean Tezenas du Montcel s’est hissé en finale lors de toutes les éditions de l’émission. Aujourd’hui âgé de 33 ans, il est le candidat emblématique du concours en France.

« Après ma victoire l’an dernier, j’étais sur un petit nuage, je n’ai pas dormi pendant deux jours », confie le plus jeune à 20 Minutes. Avec des enregistrements à Cannes du 28 mars au 4 avril 2022, plusieurs mois séparent les déboires des candidats sur le parcours et la diffusion. « Ça permet de revivre les choses avec une intensité différente. Quand on le voit à la télé, c’est presque plus fort que quand on le vit pour de vrai », se réjouit de son côté Jean Tezenas du Montcel. Ambitions pour cette saison 7, meilleur souvenir, nouvelles règles et difficulté des obstacles… Les deux champions en titre se confient à quelques heures de leur passage sur la Une.

Dans quel état d’esprit revenez-vous pour cette nouvelle saison de Ninja Warrior ?

Clément Gravier : Je reviens pour regagner, en conquérant avec mon frère et pourquoi pas la victoire du frangin aussi.

Jean Tezenas du Montcel : Je reste un compétiteur et je me dis forcément que je vais essayer d’aller le plus loin possible. Je n’y vais pas en me disant je vais gagner, ce n’est pas du tout l’objectif. Si je vais en finale pour la septième fois et que je suis le seul avec Clément Dumais à atteindre la finale à chaque fois depuis le début de l’émission, ce serait déjà bien.

Qu’avez-vous pensé du parcours de cette année ?

Clément : Je trouve que la Memory Tower [une tour en acier dont certaines prises sont piégées et peuvent faire chuter les candidats, N.D.L.R.] change la donne, il y a eu beaucoup de chutes sur cet obstacle. Ça rend le parcours de qualification encore plus long. A part ça, je trouve que la difficulté était similaire à l’an dernier.

Jean : J’étais hyper content avant les qualifs de voir ces quelques trucs un peu nouveaux. La Memory Tower ça m’amusait particulièrement d’avoir cette histoire de prise qu’il faut retenir avant et qui peuvent tomber. Depuis la saison 3, où on est passés à des obstacles beaucoup plus durs, plus grand, on a des types d’obstacles qui sont à peu près similaires avec des règles qui évoluent un petit peu et je trouve ça toujours assez excitant pour nous.

Vous avez pourtant chacun remporté une fois le concours après être parvenu au sommet de la Tour des Héros. Pourquoi revenir après ça ?

Clément : Peu importe le résultat de l’an dernier, c’est une émission qui me plaît énormément avec mon frère donc c’était évident pour moi de revenir avec mon frère. Le parcours est XXL, c’est assez unique. Avec tous les autres candidats dans l’hôtel, c’est vraiment une semaine de vacances entre sportifs avec une très bonne ambiance.

Jean : Ce qui me motive ce sont les rencontres. Je rencontre chaque année des gens très différents de ceux que je croise dans la vie de tous les jours. J’ai atteint l’objectif ultime mais je n’en fais pas une finalité. C’était clairement quelque chose d’important pour moi de gagner Ninja Warrior mais disons que maintenant, j’y vais pour le plaisir… Je ne vais pas m’arrêter de vivre car j’ai été le meilleur trois fois ni parce que j’ai été battu l’an dernier. En fait ça ne change rien à mon comportement de gagner ou de perdre, ça n’a pas d’influence.

Avez-vous eu recours à un entraînement particulier pour cette nouvelle saison ?

Clément : Non pas spécialement mes entraînements étaient les mêmes que l’an dernier. Deux à trois mois avant l’émission je commence à refaire beaucoup d’exercices de cardio, de détente et beaucoup de grimpé de corde.

Jean : Je ne m’entraîne plus vraiment (rires). Maintenant, je le fais uniquement pour m’amuser…

Il a fallu quatre saisons pour que l’émission ait son premier gagnant. Pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ?

Clément : À la première saison de Ninja Warrior [qu’il a regardée en tant que téléspectateur, N.D.L.R.], les gens n’étaient pas préparés. Au fur et à mesure des saisons, même si le parcours devenait de plus en plus dur, les candidats étaient de plus en plus entraînés…

Jean : Les premières années, les participants s’entraînaient pour les obstacles mais pas à la corde. Maintenant les jeunes s’entraînent à la corde, car ils veulent aller vite sur l’étape finale. Mon objectif n’est pas d’arriver à la corde sauf si je suis tout seul à y arriver. S’il y a trop de monde à la Tour des Héros, cela veut dire que le parcours est trop facile, ça ne m’intéresse pas du tout de faire un combat de vitesse à la corde. Ce qui m’intéresse c’est de faire les obstacles les plus durs possibles. En saison 4, je suis allé à la corde avec deux concurrents parce que le parcours était un peu plus facile. Durant la saison 5, qui était pour moi la plus belle, je suis arrivé tout seul à la corde, je n’ai pas remporté le gain mais c’est ma participation préférée.

Qu’est-ce que votre victoire respective a changé à votre quotidien ?

Clément : Ça m’a permis de trouver un peu de travail en dispensant des stages dans des salles où je suis embauché à la journée. Ça m’a aussi motivé à passer un CAP en escalade que j’ai terminé il y a très peu de temps. Je suis désormais initiateur et animateur d’escalade et si le sport continue à évoluer comme ça, pourquoi pas passer le même diplôme dans le domaine du ninja.

Jean : Dans mon état d’esprit, ça a changé énormément car j’avais des choses à me prouver comme beaucoup de jeunes. Avant, mon stress était plutôt subi, je ne le maîtrisais pas… Maintenant il est parfaitement maîtrisé, je sais quand l’activer. C’est devenu une arme qui me permet de me concentrer, d’avoir un afflux sanguin important et ça ne sert à rien d’être stressé tôt. Ce stress est devenu quelque chose que j’arrive à maîtriser, j’ai même été invité deux fois à m’exprimer sur le sujet dans des écoles de commerce à Paris.

Et les 100.000 € ?

Clément : Le projet d’ouvrir une salle de sport avec mon frère est toujours en cours de réflexion. On essaye d’investir l’argent en attendant de se sentir pleinement capable de faire aboutir cette idée. On est encore trop jeunes et on ne saurait pas bâtir une salle et encore moins la gérer donc on attend les années à venir mais ça reste à l’état de projet.

Jean : Ils m’ont permis d’acheter une maison qu’on retape actuellement avec ma copine. Quand je suis arrivé sur le tournage de Ninja Warrior saison 7, ça faisait cinq jours qu’on se levait à 7 heures du matin et qu’on se couchait à 22 heures tous les soirs sans s’arrêter sauf pour manger un sandwich pour retaper la maison. Je faisais du plâtre, je passais mes journées à poncer, j’avais mal partout…

Est-ce que vous vous considérez comme des adversaires sur le parcours ?

Clément : Jean est un exemple pour moi, même si je l’ai dépassé l’an dernier. C’est lui qui m’a motivé à faire l’émission. Tous les conseils qu’il m’a apportés sur ma première saison m’ont beaucoup. Il est plus un ami qu’un concurrent sur l’émission.

Jean : Clément est un ami, je le connais depuis qu’il a 15 ans. Il a toujours été plus fougueux sur certains mouvements car il est plus jeune mais quand on est sur un parcours Ninja Warrior, à vue, on a à peu près le même niveau… Je ne suis donc pas encore complètement décrépi. Ça ne va pas tarder mais pour l’instant ça va (rires)…

Cela signifie-t-il que vous vous apprêtez à tirer votre révérence sur le parcours ?

Jean : Si je reviens pour une saison 8, j’ai dit à la production que ce serait la dernière. Même si j’aime beaucoup ça, les dix jours de tournage restent un lourd investissement. Aujourd’hui Ninja Warrior c’est quelque chose que je connais trop et donc forcément on finit par être moins enthousiaste quand on connaît quelque chose par cœur. En revanche si on venait à me proposer un nouveau défi et je suis ouvert aux propositions…

Vous pourriez donc retrouver Denis Brogniart sur Koh-Lanta ?

Jean : On m’en parle tout le temps ! Je sais que la question a déjà été posée à Denis Brogniart qui a répondu : « Pourquoi pas… ». Je ne suis pas convaincu que je saurais gérer la faim et il faudrait d’abord que je négocie avec ma copine qui m’a dit qu’elle me quitterait si je participais à cette émission (rires).