Nice : Un baron de la drogue interpellé et condamné dans deux affaires le même jour

Un baron de la drogue niçois a été interpellé pour trafic de stupéfiants une heure avant le prononcé d’un jugement dans une autre affaire de drogue pour laquelle il a été condamné à 12 ans de prison par le tribunal correctionnel de Nice, ce vendredi.

Christophe Dicranian « a été placé en garde à vue vers 19 heures après avoir été interpellé au péage du Capitou », sur l’autoroute A8, dans le Var, à plus de 60 km de Nice, « dans le cadre d’une enquête préliminaire pour des faits de trafic de stupéfiants », a indiqué une source judiciaire. « On l’a comme par hasard interpellé à 18h30 », alors que le jugement devait être rendu à 19 heures, « et ce dans le cadre d’une enquête préliminaire, ce n’est pas un procédé normal », a fustigé son avocate Me Audrey Vazzana.

« Pas moins de trois tonnes de cannabis » écoulées

Cet homme de 41 ans était jugé depuis le 24 octobre avec 12 autres prévenus pour participation à une association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants et blanchiment, devant le tribunal correctionnel de Nice où il comparaissait libre.

Les peines prononcées pour ce trafic de stupéfiants remontant à 2016 s’échelonnent de 18 mois avec sursis jusqu’à 12 ans pour Christophe Dicranian présenté par l’accusation, qui avait requis seize ans, comme le chef de ce trafic. Le tribunal a transformé, pour trois autres prévenus absents à la barre, les mandats de dépôt en mandats d’arrêt. Un seul prévenu a été relaxé au bénéfice du doute.

En septembre 2016, lors du démantèlement de ce réseau, la police judiciaire de Nice avait découvert dans trois boxes et aux domiciles des mis en cause 580 kg de cannabis, des véhicules volés ayant servi au transport de la drogue, 8 kg de cocaïne et 560.000 euros en liquide. Sur la période de prévention, soit un peu moins d’un an, ce réseau est suspecté « d’avoir écoulé pas moins de 3 tonnes de cannabis ».

« Un exemple de réinsertion », selon son avocate

Christophe Dicranian qui, selon le procureur de la République Jean-Philippe Navarre, était à la tête du réseau où il jouait « un rôle directeur, d’organisateur », a également été condamné à 50.000 euros d’amende et à une interdiction de gérer pendant cinq ans.

Ce Niçois de 41 ans, adepte de triathlon et qui roulait en Lamborghini, a reconnu le blanchiment d’argent mais a toujours nié sa participation au trafic. Confondu notamment par son train de vie, le sportif, qui possédait des vélos de compétition haut de gamme à 20.000 euros, avait déjà été condamné à quatre reprises pour trafic de stupéfiants, dont la dernière fois en 2007 à huit ans d’emprisonnement. Selon les enquêteurs, il avait immédiatement repris ses activités à sa sortie de prison en 2011.

De nouveau incarcéré après son interpellation en 2016, puis placé sous bracelet électronique, l’homme a bénéficié de failles dans la procédure pour recouvrer la liberté à l’été 2019. Depuis lors, après un séjour à Dubaï, il était revenu en France, avait épousé une vedette de la téléréalité et était devenu « un exemple de réinsertion », selon son avocate. Dernièrement, il avait pris part avec son épouse à l’émission Les 50, diffusée sur W9, mais avait finalement été coupé au montage dans la perspective de son procès.