Nice : Après l’accident mortel d’un enfant de 5 ans, quelle politique pour les trottinettes électriques ?

Déjà opposé aux trottinettes électriques en refusant l’installation d’un dispositif en libre-service à Nice, le maire Christian Estrosi aimerait aller encore plus loin concernant leur réglementation, notamment après l’accident mortel de mercredi dernier.

Un enfant de 5 ans, qui avait fui la guerre en Ukraine avec sa mère, est décédé des suites de ses blessures après s’être fait renverser par une trottinette électrique qui circulait sur la piste cyclable de la promenade des Anglais en traversant le passage piéton. Le conducteur de l’engin, un homme d’une quarantaine d’années, aurait roulé à une « vitesse excessive » selon les premiers éléments de l’enquête. Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Des « radars sur la piste cyclable »

Depuis leur entrée dans le Code de la route en octobre 2019, les trottinettes électriques sont considérées comme des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) tout comme les monoroues, les gyropodes ou encore les hoverboards. Leur vitesse est réglementée à 25 km/h et elles doivent circuler sur les pistes cyclables, en l’absence d’aménagements, elles peuvent emprunter la chaussée si la vitesse est limitée à 50 km/h mais jamais circuler sur les trottoirs.

Le maire de Nice ne peut alors « pas prendre un arrêté interdisant aux trottinettes d’emprunter les pistes cyclables » mais a demandé à « l’Etat qu’une piste cyclable soit à l’usage exclusif des vélos ». En attendant, il compte encadrer davantage la réglementation en place et a annoncé « travailler à mettre en place des radars pour les pistes cyclables ».

Des aménagements cyclables « dangereux »

Christian Estrosi a également affirmé réfléchir à deux options pour sécuriser les aménagements prévus. « La première est de soumettre la piste cyclable aux mêmes dispositions que la voirie en parallèle, c’est-à-dire feux rouges et passages piétons. La deuxième est d’implanter la piste cyclable entre la chaussée nord et la chaussée sud de la promenade des Anglais, sans que cela ne perturbe les flux de circulation. Avec cette deuxième solution, il n’y aurait plus de contact direct entre les piétons et les cyclistes », a-t-il indiqué. Pour faire un choix, l’élu se reposera sur des « études de circulations menées sous trois mois » et « des concertations avec les usagers de toutes mobilités ».

Justement, Daniele, membre du collectif Nice à vélo, espère être consulté à ce sujet. « C’est ce qu’on demande depuis toujours d’avoir plus de sécurité sur les pistes cyclables », insiste-t-il. Selon lui, les aménagements cyclables sont « dangereux ».

« Dans certaines zones, notamment les nouvelles, les bandes sont peintes directement sur le trottoir, sans protection avec les piétons par exemple, continue-t-il. Les flux sont mélangés et ce qui cause malheureusement des accidents. » De son expérience d’usager, le problème vient aussi du non-respect de la réglementation et des voies réservées. « Je vois des gens qui courent, des scooters, toutes sortes d’engins à moteur à des vitesses très rapides et qui circulent n’importe comment. » Il plaide alors pour davantage de contrôles en plus d’infrastructures adaptées, « comme à Copenhague » tout en soulignant la nécessité « du respect des règles » mais « surtout le respect des autres ».