NFT: Savoir-faire français et Serena Williams, comment Sorare a noué un partenariat avec la NBA

Les joueurs ne cessent de le répéter, « tout va très vite dans le football ». Alors quand le ballon rond se mélange aux technologies émergentes, autant vous dire que l’on est sur une autoroute intergalactique, où les panneaux de limitation de vitesse sont vite oubliés. Lancé en 2019 par deux Français (cocorico), Sorare mise sur la technologie des NFT pour créer un jeu en ligne d’échange de vignettes de sportifs. Tout a commencé avec le football. Il y a maintenant aussi le baseball, avec la MLB (la Ligue américaine) et, bientôt, la NBA.

La start-up française a en effet annoncé, ce mercredi, le lancement d’un partenariat sur plusieurs années avec la puissante Ligue de basket américaine et la NBPA (l’association des joueurs de NBA). « On est extrêmement fiers d’avoir noué ce partenariat, explique à 20 Minutes Thibaut Predhomme, bras droit de Nicolas Julia, l’un des cofondateurs de Sorare. La NBA, c’était un choix évident pour nous, car la base de fans est extrêmement fidèle et engagée, parce qu’il y a déjà un marché de la carte de collection et énormément de statistiques. »

Une étape de plus dans le Web 3 pour la NBA

Pour la NBA, c’est aussi une suite logique à sa « découverte » du Web 3. En avril, la Ligue américaine avait lancé NBAxNFT, qui vise à rassembler tout ce qui concerne « le basket avec les NFT, les jeux, le métaverse et les idées Web3 », rapporte le site TechTribune.net. Quelques jours avant, les Golden State Warriors avaient créé, de leur côté, le NFT responsive Playoff 2022. « S’ils ont choisi Sorare pour les accompagner dans la suite de ce développement, c’est qu’on est reconnu dans ce marché », se félicite Thibaut Predhomme.

Alors, comment cette start-up française a réussi ce gros coup ? « Déjà grâce à ce qu’on a fait dans le foot et le baseball », répond celui qui se présente comme le chief of staff chez Sorare. Et aussi grâce à l’intervention d’une certaine Serena Williams, recrutée comme conseillère du conseil d’administration de la boîte. Autant vous dire que quand la plus grande joueuse de tennis de tous les temps présente un projet, il ne vous faut pas cinq minutes pour donner une réponse.

Serena Williams comme entremetteuse

« Quand on a Serena Williams en tant que conseillère du board, c’est quelqu’un sur qui on s’appuie pour faciliter les échanges avec la NBPA et les joueurs importants de NBA, car elle nous apporte une crédibilité, en tant qu’athlète elle-même », reconnaît Thibaut Predhomme. Et voilà comment le jeu, à l’intersection entre des cartes de collections basées sur la blockain et une forme de gamification qui se fait à travers un fantasy va s’ouvrir à la NBA.

Concrètement, pour les utilisateurs, il n’y aura pas de grand bouleversement dans la manière de jouer avec l’arrivée de la NBA. Il reste juste à fixer le nombre de cartes pour faire son équipe (5 au football, 7 au baseball). Mais ni le rythme des matchs en NBA, ni le poids démesuré des statistiques dans la Ligue, ne devraient venir chambouler le gameplay.

Le produit basketball va réutiliser les succès du produit foot. Mais on va s’adapter aux spécificités de chaque sport. On s’ajuste pour s’assurer que le produit qu’on crée va résonner auprès des fans. Ce produit va être dirigé par le bureau de New York, où on a recruté des équipes locales expertes du sport, avec de nombreux collaborateurs qui viennent d’ESPN, qui vont s’atteler à créer le gameplay le plus pertinent pour les fans de basket. »

Une nouvelle base de fans

Avec ce nouveau partenariat, Sorare espère bien recruter de nouveaux adeptes. Aujourd’hui, la start-up revendique deux millions d’utilisateurs, notamment grâce aux 280 licences signées avec les clubs de foot (celles avec la Russie ont été suspendues du fait de la guerre en Ukraine).

« A chaque fois qu’on ajoute une licence, on “débloque” une certaine population de fans, qui va être intéressée à l’idée de collectionner les clubs qui rejoignent la plateforme, conclut Thibaut Predhomme. Quand on ajoute une Ligue entière, avec des équipes comme les Lakers, les Knicks ou les Warriors, on est assez confiant dans le fait de se dire qu’on va débloquer de nouvelles bases de fans. » Il ne reste plus qu’à jouer responsable.