Netflix : « Uncoupled », l’occasion manquée d’un très bonne comédie sur le couple

Après 17 ans de relation, Michael, un agent immobilier new-yorkais, se fait larguer du jour au lendemain par son compagnon. A l’aube de la cinquantaine, il doit redécouvrir la drague chez les gays, dans une grande ville. Spoiler : ce n’est pas évident. Réapprendre à être célibataire demande un petit temps d’adaptation, surtout quand vous ne savez pas vraiment pourquoi votre ex est parti.

Si vous cherchez un peu de légèreté, Uncoupled, une mini-série créée par Darren Star (Ally McBeal, Sex and the City, The Undoing) et Jeffrey Richman (Modern Family) pour Netflix, est pour vous !

De belles performances d’actrices

Au-delà de son histoire, menée tambour battant, et de son interprète principal, Neil Patrick Harris (How I met your mother), on retient quelques beaux moments dans Uncoupled, comme la brouille et la réconciliation de Michael avec son ami Stanley, l’un des rares moments touchants dans cet océan de comédie, ou de belles performances d’actrices, en particulier celle de Tisha Campbell, en collègue célibataire, ou celle de la toujours impeccable Marcia Gay Harden, en millionnaire délaissée et un peu envahissante.

Occasion manquée

Avec de tels atouts, la déception vient d’un certain manque d’ambition. On regrette ainsi que les auteurs de la série n’aient pas profité de cette occasion pour aborder plus en profondeur la thématique du jeunisme et du vieillissement chez les gays, qui sont pourtant de vrais sujets.

Pour commencer, les spectateurs auront sans doute du mal à s’identifier aux personnages. Michael et ses amis évoluent dans un univers à la mixité sociale plutôt limitée : tout le monde est soit riche, soit ultra-riche. Même lorsque Michael rencontre un professeur des écoles, celui-ci prend soin de préciser qu’il enseigne à des enfants de familles aisées. Ouf ! On a eu peur…

Par ailleurs, Neil Patrick Harris a beau avoir l’âge du rôle (49 ans), cela reste un très bel homme, relativement peu affecté par les affres du temps, et qui n’a aucun mal à trouver d’autres partenaires plus beaux les uns que les autres.

On reste dans le registre de la rom-com

La presse spécialisée a beaucoup comparé Uncoupled à Sex and the city, mais And just like that, la suite de cette série-phare des années 2000 aborde justement sans fard la question du vieillissement de Carrie, Miranda et Charlotte, sans pour autant renoncer à l’aspect plus léger de la série. A l’opposé, une série britannique datant de 2015, Cucumber, créée par Russell T. Davis (Queer as folk, Docteur Who), mettait également en scène un homme gay qui redevenait célibataire aux environs de la cinquantaine, mais avec un traitement très différent : on n’y montrait pas forcément de corps imberbes et musclés et pas de duplex ou triplex new yorkais, juste la réalité dans toute sa brutalité, parfois sa laideur.

Et il n’y a rien de laid ou même de vraiment réaliste dans Uncoupled. Darren Star et Jeffrey Richman se contentent de rester dans le registre de la rom-com. Si c’est ce que vous recherchez, vous passerez un excellent moment, si vous êtes plus exigeant, vous resterez sans doute un peu sur votre faim.