Netflix, Disney+, HBOMax… Le plan de bataille des plateformes de streaming américaines

Comcast, Disney, Apple et WarnerMedia s’apprêtent à lancer leur plateforme de streaming — Comcast, Disney, Apple et WarnerMedia

  • Le marché de la vidéo en streaming est actuellement dominé par Netflix.
  • Comcast, Disney, Apple et WarnerMedia s’apprêtent à lancer leur plateforme de streaming.
  • La guerre du streaming est déclarée.

La guerre est déclarée ! Le marché des services de vidéo en streaming, aujourd’hui largement dominé par Netflix, ressemble de plus en plus à une partie de Risk édition Game of Thrones. Disney, Warner, Apple, Comcast ont compris que la consommation de vidéo en ligne est l’avenir du divertissement et s’apprêtent à lancer leur plateforme. Netflix et Amazon préparent leur résistance. Découvrez leur plan de bataille respectif.

Netflix, le leader

Début de l’offensive aux Etats-Unis : 2007

Abordage en France : 15 septembre 2014

Prix : 7,99 euros/mois

Force : Netflix, qui frôle les 160 millions d’abonnés dans le monde dont  6 en France, bénéficie d’une belle longueur d’avance sur la concurrence. Netflix est actuellement le leader incontesté du streaming.

Faiblesse : Netflix ne possède pas de contenus « froids ». Son catalogue est constitué en grande partie de contenus sous licence, loués aux studios historiques. Des contenus que Netflix pourrait perdre petit à petit, à l’instar de Friends et The office, les deux séries les plus regardées sur la plateforme de Los Gatos. C’est pourquoi Netflix a acquis les droits de Seinfeld, pour 500 millions de dollars, selon les estimations de la presse américaine.

Tactique : La firme de Los Gatos va continuer d’investir dans des contenus originaux (15 milliards de dollars en 2019 selon les experts, cités par Variety). A la suite de l’échec de Triple Frontière, Netflix entend également rationaliser ses super productions et penser purement en termes d’audience.

Troupes : Netflix a signé de mirobolants contrats avec de grands showrunners comme Ryan Murphy (Glee, American Horror Story), Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) ou encore David Benioff et Dan Weiss (Game of Thrones) pour étoffer son catalogue de séries originales, qui compte d’ores et déjà de grands succès tels que Stranger Things ou BoJack Horseman.

Arme en développement : Netflix compte beaucoup sur The Witcher, l’adaptation de la saga d’Andrzej Sapkowski, surnommé le « Tolkien polonais », Le Sorceleur portée par Henry Cavill (le Superman de Man of Steel).

Prime Vidéo, le challenger

Début de l’offensive aux Etats-Unis : 2006

Abordage en France : 14 décembre 2016

Prix : 49 euros par an, 24 euros par an pour les 18-24 ans.

Force : Amazon propose l’abonnement à Prime Vidéo pour un prix très modeste, le tout dans un package incluant la livraison gratuite sur Amazon, Prime Music, un service de streaming musical, Amazon Photos, un espace de stockage de photos en ligne, Prime Reading, une sorte de bibliothèque en ligne.

Faiblesse : L’interface n’est pas encore à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un géant du Web tel qu’Amazon.

Tactique : Avec des séries comme The Marvelous Mrs. Maisel, Transparent ou Mozart In The Jungle, Amazon Studios a prouvé sa capacité à produire des séries exigeantes. La plateforme de Jeff Bezos doit désormais montrer des productions plus fédératrices. Avec The Boys, proposé cet été, Amazon pourrait avoir enfin trouvé sa série de référence.

Troupes : Amazon Prime Video signe aussi des accords exclusifs avec des talents comme l’auteur de best-sellers Neil Gaiman (American Gods) ou encore John Krasinski.

Arme en développement : Amazon consacre plus d’un milliard de dollars (900 millions d’euros) à la série Le Seigneur des anneaux, le préquel très attendu de la trilogie de Peter Jackson.

Disney +, le rouleau compresseur

Début de l’offensive aux Etats-Unis : 12 novembre 2019.

Abordage en France : Au printemps 2020.

Prix : 6,99 dollars/mois aux Etats-Unis, 6,99 euros aux Pays-Bas

Force : La principale force de Disney, c’est son catalogue ! Outre les films et dessins animés Disney, Disney + dispose des créations Pixar, des licences Star Wars et Marvel. La firme aux grandes oreilles a également racheté la 21st Century Fox et dispose ainsi de tout son catalogue comme l’intégral des Simpson ou de X-Files par exemple ou les programmes de National Geographic. Disney promet 500 films et 7.500 épisodes dès la première année.

Faiblesse : A force d’exploiter ses licences et de multiplier les remakes de ses classiques, Disney ne risque-t-il pas de lasser et tarir sa créativité ?

Tactique : Disney + aura pénétré l’entièreté du marché d’ici à fin 2020 et diffusera ses nouvelles séries au rythme d’un épisode par semaine. Le géant du divertissement a plus d’un atout dans sa manche. La firme aux grandes oreilles peut aussi jouer la synergie, puisqu’il est devenu le plus gros actionnaire de la plateforme américaine Hulu (The Handmaid’s Tale), qu’il possède le plus gros network américain, ABC, et la plus grosse chaîne de sports US, ESPN.

Troupes : Disney + va lancer trois séries Star Wars, des séries Marvel consacrées à Loki, à la Sorcière rouge et à Faucon, une version en prise de vues réelles de La Belle et la Bête, un remake du Muppet Show et une série Lizzie McGuire à l’âge adulte.

Armes en développement : Les fans de Star Wars attendent beaucoup de la série de The Mandalorian de Jon Favreau.

Peacock, le collectionneur

Début de l’offensive aux Etats-Unis : Avril 2020.

Abordage en France : Encore inconnu.

Prix : Encore inconnu. Peacok devrait proposer une offre mixant des abonnements payants et de la publicité.

Force : Peacock est la plateforme de NBC Universal, filiale du câblo-opérateur Comcast. A l’instar de Disney, Peacock (le paon, symbole historique de la chaîne NBC) mise sur son catalogue existant et annonce 15.000 heures de programmes dès son lancement. La future plateforme semble miser sur des reboots de programmes NBC cultes.

Faiblesse : Peacock réussira-t-il à séduire les jeunes avec ses reboots de séries des années 1980 et 1990 ?

Tactique : Peacock a récupéré les droits de diffusion de ses séries populaires.

Troupes : Outre The Office, obtenu pour 500 millions de dollars, la plateforme de NBC Universal proposera des séries cultes comme Parks and Recreation, Dr House, Brooklyn Nine-Nine, Cheers ou encore Will & Grace.

Arme en développement : Peacock a annoncé des reboots de Sauvés par le gong et Punky Brewster, mais surtout un remake de Battlestar Galactica par Sam Esmail, le créateur de Mr Robot.

HBOMax, le défricheur

Début de l’offensive aux Etats-Unis : Printemps 2020.

Abordage en France : Encore inconnue. OCS, la filiale d’Orange, bénéficie d’un contrat d’exclusivité sur les contenus HBO jusqu’en 2022. HBO pourrait choisir de ne pas le renouveler.

Prix : Inconnu. Les médias américains estiment que HBOMax coûtera au moins autant que les 14,99 dollars par mois actuellement facturés pour le service HBO Now.

Force : HBOMax, plateforme de WarnerMedia, bénéficiera du catalogue de la référence absolu en matière de télévision, HBO et du catalogue ciné de Warner. HBO Max bénéficiera aussi des contenus de New Line, DC Entertainment, TNT, The CW, Cartoon Network, Adult Swim. Soit plus de 10.000 de programmes.

Faiblesse : WarnerMedia semble avoir, à la différence de Disney, moins anticipé le rapatriement de ses différentes œuvres phares et ne pourra pas se lancer dans le monde entier d’ici à fin 2020.

Tactique : WarnerMedia va devoir arrêter de louer ses mastodontes, tels que Friends ou la saga Harry Potter, à la concurrence.

Troupes : Il sera possible de voir sur HBO Max Les Sopranos, Veep, Westworld ou encore Game of Thrones, mais aussi la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson, les films DC de Wonder Woman à Shazam en passant par la Justice League ou encore les séries de The CW comme Arrow et Riverdale. WarnerMedia a aussi acquis les 279 épisodes de The Big Bang Theory pour 1 milliard de dollars, selon The Hollywood Reporter.

Armes en développement : The Flight Attendant, série portée par la star de Big Bang Theory, Kaley Cuoco, Gremlins, une série animée basée sur les longs-métrages cultes, le prochain film de Steve Soderbergh, Let Them All Talk, avec Meryl Streep, quatre films young-adult développés avec Hello Sunshine, la société de production de Reese Witherspoon, et les séries très attendues de HBO, His Dark Materials, Watchmen et les spin-offs de Game of Thrones.

Apple +, le nouveau joueur

Début de l’offensive aux Etats-Unis : 1er novembre 2019

Abordage en France : 1er novembre 2019

Prix : 4,99 dollars par mois

Force : Apple bénéficie d’une implantation forte dans tous les pays du monde et d’un savoir-faire inégalé en matière d’interface. La firme de Cupertino dispose aussi une énorme réserve de cash pour investir dans la production audiovisuelle.

Faiblesse : Apple n’a pas d’expérience dans la production audiovisuelle.

Tactique : La grosse inconnue est le catalogue parce qu’Apple mise sur des contenus exclusivement originaux.

Troupes : Apple a annoncé la série futuriste See avec Jason Momoa, For All Mankind, la nouvelle série de SF de Ronald D. Moore, le créateur de Battlestar Galactica, Servant, le nouveau thriller psychologique de M. Night Shyamalan, Little Voice, une comédie dramatique musicale avec J.J. Abrams comme producteur exécutif et Amazing Stories, une série anthologique de Steven Spielberg.

Armes en développement : Le programme phare d’Apple est The Morning Show, drama glamour porté par Jennifer Aniston, Reese Witherspoon et Steve Carell, plus coûteux que Game of Thrones, selon les médias américains.

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