« Ne refaites plus jamais ça » : Controverses autour de l’IA dans le docu Netflix Lucy Letby
Le documentaire « Lucy Letby, au cœur de l’enquête », sorti le 4 février sur Netflix, revient sur l’affaire de Lucy Letby, infirmière britannique reconnue coupable d’avoir tué sept nouveau-nés entre 2015 et 2016. Les visages de la mère de l’une des petites victimes, ainsi que d’une amie proche de Lucy Letby, ont été « anonymisés numériquement » grâce à l’intelligence artificielle, suscitant des réactions négatives de la part des téléspectateurs.
Coupable ou innocente ? Le débat s’intensifie à la suite du documentaire *Lucy Letby, au cœur de l’enquête*, diffusé le 4 février sur Netflix. Déjà classé troisième des films les plus visionnés, ce long métrage propose des images inédites sur l’affaire de Lucy Letby, une infirmière britannique en néonatalogie reconnue coupable d’avoir tué sept nouveau-nés entre 2015 et 2016.
Condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible en 2023, Lucy Letby est au centre d’une des affaires les plus controversées du Royaume-Uni. Des doutes persistent autour de sa culpabilité, comme le souligne un rapport d’experts médicaux publié en février 2025 qui remet en question sa condamnation. Le documentaire de Netflix relance donc le débat, tout en soulevant une nouvelle polémique, éloignée de l’affaire principale.
### Des visages modifiés par l’IA
Outre les incertitudes entourant cette histoire, un autre aspect du film a suscité l’intérêt des téléspectateurs. Le documentaire a utilisé l’intelligence artificielle pour protéger l’identité de certains témoins, au lieu du traditionnel floutage. Les visages de la mère d’une des petites victimes et d’une amie proche de Lucy Letby ont été « anonymisés numériquement ». Ces termes, régulièrement utilisés lors de leur apparition dans le documentaire, ont laissé de nombreux internautes perplexes.
Le résultat est troublant, avec des visages « parfaits » correspondant à des stéréotypes de beauté, mais dépourvus d’émotion. De plus, il existe un décalage entre le son et le mouvement des lèvres. Cela soulève des interrogations sur l’adéquation de l’utilisation de l’IA dans un tel contexte. Bien que les opinions divergent sur la culpabilité de Lucy Letby, tous semblent s’accorder à critiquer l’emploi de l’IA pour protéger les témoins. « Que vous pensiez que Lucy Letby est innocente ou coupable […], nous sommes tous d’accord pour dire que cette utilisation déplorable de l’IA doit cesser immédiatement », déclare une utilisatrice sur X.
### « Ne refaites plus jamais ça »
Les internautes regrettent surtout que cette utilisation de l’IA gêne la compréhension du documentaire, en raison du manque d’émotion affiché par les témoins concernés. « La modification par l’IA des vidéos des témoins dans le documentaire Netflix sur Lucy Letby est tellement dérangeante et bizarre », se plaint une utilisatrice. « Je n’ai même pas pu continuer à regarder le documentaire après avoir vu comment ils utilisaient l’IA au bout de 6 minutes… C’est horrible et ridicule », ajoute une autre.
D’autres internautes soulignent qu’un tel usage n’est pas approprié pour « un sujet aussi sérieux » et qu’il pourrait blesser les familles ainsi que les téléspectateurs. Ils se demandent pourquoi les réalisateurs n’ont pas fait appel à de véritables acteurs. « L’IA utilisée dans le documentaire Netflix sur Lucy Letby était assez irrespectueuse envers les familles et le public. Soit on utilise une personne réelle, soit on n’utilise personne ! », affirme un autre utilisateur insatisfait. Une utilisatrice conclut : « Ne refaites plus jamais ça ! ».
Qu’on l’apprécie ou non, le documentaire pose une question cruciale : l’emploi de l’IA, bien que déconcertant pour le public, protège-t-il mieux les témoins que la méthode traditionnelle de floutage et de modification de voix ? Le respect de la vie privée pourrait justifier cette approche. Cependant, cela soulève la question de la pertinence d’ouvrir le documentaire sur l’arrestation de Lucy Letby dans sa maison familiale. Les images, fournies par la police du Cheshire, ne se contentent pas de montrer l’infirmière, mais mettent également en avant l’intérieur de la maison de ses parents, qui réagissent à l’arrestation. Contacté par *20 Minutes*, Netflix n’a pas encore répondu à notre demande de commentaire.

