Nantes : « Trahis », les auteurs de l’Arbre aux hérons dénoncent un « tour de passe-passe » de la métropole

Devant de nombreux journalistes et une partie des salariés de la compagnie La Machine, ils ont « parlé avec le cœur ». Au lendemain de l’annonce faite par la maire de Nantes et présidente de la métropole au sujet de l’abandon de l’ambitieux projet d’Arbre aux hérons, ses coauteurs sont sortis de leur silence sans cacher leur amertume ce vendredi midi. « On a appris seulement lundi que Johanna Rolland décrétait la mort de l’Arbre, une annonce d’une violence extrême », lâche François Delarozière. « C’est un gâchis énorme, un rêve brisé, qui génère beaucoup d’incompréhensions, de tristesse, voire un sentiment de trahison », estime Pierre Orefice, qui rappelle que 80 entreprises mécènes s’étaient déjà engagées financièrement.

Accompagnés de la directrice juridique de la Machine, tous deux soulèvent un « problème de méthode » et expliquent ne pas adhérer aux arguments avancés par Johanna Rolland pour expliquer ce renoncement. Et notamment au principal, la raison financière, avec une facture qui aurait finalement dépassé les 80 millions d’euros, selon la métropole. « L’inflation ajoutera en effet un coût supplémentaire, mais ce sera le cas pour tous les projets ! Pourquoi doit-on être les seuls à la porter ? C’est une entourloupe ! », s’insurge Pierre Orefice, qui dénonce qu’aucune solution alternative n’a été recherchée. Idem pour les complications liées au montage juridique, qui là encore auraient alourdi l’enveloppe budgétaire, a estimé Johanna Rolland. « On n’a pas pu défendre notre cause, Nantes métropole nous a écartés de l’histoire, il n’y a eu aucun dialogue », déplore François Delarozière.

« A Nantes ou dans une autre ville »

Selon eux, leur structure métallique végétalisée géante aurait été mise aux oubliettes au profit « d’un projet plus sage et plus raisonnable », la Cité des imaginaires (dont le budget de 50 millions d’euros a été voté en juillet), qui doit ouvrir ses portes juste en face du Jardin extraordinaire, en 2028. Un tour de « passe-passe », selon Pierre Orefice, qui se montre très critique sur le bâtiment, qui hébergera notamment le musée Jules-Verne agrandi. « Ce n’est pas une médiathèque qui fera rêver les gens comme l’aurait fait l’Arbre aux hérons, poursuit-il. On nous scie les pattes alors que les Machines viennent de vivre le meilleur été de leur histoire. […] Les retombées économiques ne seront pas les mêmes pour les restaurateurs, les hôteliers… »

Parlant du projet parfois au passé, parfois au présent voire au futur, ses coauteurs ne se disent pour autant pas vaincus. Ils annoncent vouloir reprendre le dialogue avec la métropole, estimant que l’Arbre aux hérons peut encore voir le jour, « à Nantes ou dans une autre ville ». S’il n’est pas question que l’Elephant et le Carrousel des mondes marins s’arrêtent, ils indiquent réfléchir à l’avenir du bestiaire mécanique de la galerie, où la visite devrait rapidement être réadaptée… « Nous refusons de croire que Nantes ne reste pas la ville que nous avons connue, innovante, joyeuse et créative », concluent-ils.