Nantes : Le premier garage 100 % dédié aux véhicules électriques en a sous la pédale

A première vue, c’est un garage classique, implanté dans une zone industrielle de Carquefou, près de Nantes. Mais les dizaines de voitures déposées ici depuis l’ouverture de Revolte, il y a quelques semaines, ont toutes un point commun. « Ce sont des véhicules électriques ou hybrides qui ont en moyenne plus de cinq ans, rapporte Alexis Marcadet, 35 ans, l’un des huit cofondateurs de ce garage d’un nouveau genre. Des voitures qui ne sont plus sous garantie mais qui présentent des pannes qui les empêchent de rouler. Notre objectif est de lutter contre l’obsolescence programmée dans l’automobile, en identifiant et en remplaçant le composant en cause, et non toute la pièce comme les constructeurs le proposent la plupart du temps. »

A l’intérieur de ce vaste atelier de 1.300 m², le premier de France entièrement consacré aux véhicules électriques, des Peugeot iOn, Citroën C-Zero ou Renault Zoé en souffrance voire en fin de course attendent de passer entre les mains de ces « e-mécaniciens ». Equipé de gants et d’une large visière de protection, dans un espace consigné, Jérémie Noirot s’occupe d’une Kangoo dont il vient d’ouvrir la batterie, à l’origine d’un tiers des pannes traitées pour l’instant ici.

« On peut repérer à l’œil nu un composant grillé, mais l’opération est parfois plus longue et complexe si l’on veut aller au fond des choses, détaille-t-il. La semaine dernière, un client est arrivée avec un devis à 7.000 euros pour remplacer le bloc moteur de sa Twizy, alors que le problème venait en fait d’une résistance défectueuse dans la batterie ! » Un diagnostic plus « fin » qui serait également plus économique pour le client, moyennant une centaine d’euros de l’heure.

Un tiers des pannes traitées chez Revolte viennent de la batterie, informe Jérémy Noirot
Un tiers des pannes traitées chez Revolte viennent de la batterie, informe Jérémy Noirot – J. Urbach / 20 Minutes

A la recherche de nouvelles recrues

Imaginé pendant le confinement, Revolte (dont le slogan est qu’une voiture « doit durer 100 ans ») est né du constat que « peu de garages ont aujourd’hui l’habilitation et la formation » pour prendre en charge ces voitures électriques, qui nécessitent moins d’entretien et sont réputées plus fiables que les thermiques. Mais plutôt que les plus âgées d’entre elles (dont la valeur est souvent inférieure à la somme demandée pour la réparation) ne finissent à la casse ou transformées en offres de reprise, ses fondateurs ont fait le pari de les faire durer le plus longtemps possible en ouvrant d’abord un premier garage prototype à Rennes. Une expérimentation grâce à laquelle ils ont « développé leurs propres outils et connaissances » et ont pu voir que « les clients sont demandeurs et font confiance », même si le temps de traitement d’un véhicule excède souvent une semaine.

Avec « une centaine de clients en attente » et des ventes de voitures électriques qui ont dépassé pour la première fois en septembre celles du diesel, le garage nantais a aujourd’hui pour objectif de très vite étoffer son équipe, composée d’une quinzaine de personnes. « Nous allons recruter entre dix et trente mécaniciens d’ici à la fin de l’année 2023 et nous les formerons nous-mêmes, en interne, précise Alexis Marcadet. Nous recherchons tous types de profils dont des autodidactes, qui ont une appétence pour l’électrique, l’électronique, la mécanique et ont envie de travailler dans un garage qui a des airs de laboratoire de R & D ! »