Nantes : Cinquante potagers solidaires plantés sur l’espace public, utile ou futile ?

Récolte de haricots secs sur une parcelle du parc du Grand-Blottereau à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

  • Une cinquantaine de potagers solidaires ont été créés à Nantes après le confinement.
  • 25 tonnes de légumes ont été récoltées ou sont en cours de récolte.
  • L’opération sera reconduite l’an prochain, annonce déjà la ville.

Vous les avez peut-être croisés dans les douves du château, au cours Cambronne, au Jardin des plantes, sur la place Mangin ou au Mail Pablo-Picasso. Depuis la sortie du confinement, 52 potagers ont été créés sur l’espace public à Nantes. Les agents municipaux y ont fait pousser des tomates, concombres, courgettes, patates douces ou haricots… Au total, pas moins de 10.000 plants cultivés à la vue des passants.

L’initiative, venue du service des espaces verts (Seve), n’avait pas pour but d’amuser la galerie. L’idée était bel et bien d’être « utile » dans un « contexte d’urgence » qui voyait la pauvreté s’accroître tandis que le monde agricole ne parvenait plus à répondre à la forte demande de produits frais. Les légumes obtenus devaient ainsi être distribués gratuitement « aux plus démunis » via des associations caritatives ou le  CCAS.

Cinq mois plus tard, le bilan est jugé « très positif ». Près de 11 tonnes de légumes ont déjà été récoltées. Il en reste au moins autant à ramasser d’ici à la fin octobre, notamment au parc du Grand-Blottereau où de grandes parcelles de pommes de terre, de courges et haricots ont été ensemencées. Les bénéficiaires, eux, se comptent en milliers. « Quand on voit les familles satisfaites, certaines dans le besoin pour la toute première fois, on se dit que le pari a été relevé », se réjouit Johanna Rolland, maire de Nantes.

Après les légumes, des animaux?

Parfois, la distribution s’accompagne de conseils et de recettes. « Lorsqu’on donne des cardes ou des potimarrons, les bénéficiaires ne savent pas toujours comment les cuisiner. On fait donc de la pédagogie, pour donner envie de sortir des habitudes », raconte Catherine Daviaud, responsable du pôle de développement territorial au CCAS. Quelques plants ont été abîmés ou récoltés trop tôt par des riverains mais « très peu dans l’ensemble ».

Et la suite ? « L’initiative sera reconduite l’an prochain », de manière «moins précipitée», annonce Johanna Rolland. « On ne va pas forcément multiplier par deux la production. On ne souhaite pas concurrencer les maraîchers », prévient Romaric Perrocheau, directeur du Seve. Lui a son idée pour surprendre encore plus les habitants. « Pourquoi pas mettre des animaux dans la ville ? Des moutons, des bovins… Ils sont précieux pour notre agriculture et la gestion du paysage. Montrer leur intérêt en milieu urbain, ça aurait du sens. »

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