Nanterre : Un professeur accusé par une mère d’avoir fait « une balayette » a son enfant de 10 ans

« Le prof lui a fait une balayette et l’a laissé au sol. J’ai vu le dos de mon fils complètement tuméfié, son genou gonflé. Mon fils boitait, il se plaignait. » Dans une vidéo publiée mardi sur Twitter, une mère raconte que son fils de 10 ans a été agressé physiquement par un « professeur d’une trentaine d’années ». Les faits décrits se seraient déroulés à l’école Pablo-Picasso à Nanterre le 20 mai, rapporte le cabinet du maire.

D’après cette femme, son enfant serait allé voir l’enseignant pour se dénoncer au sujet d’un ballon mal rangé. C’est là que le professeur lui aurait « fait une balayette » avant de le laisser au sol et de dire aux autres élèves présents d’aller manger à la cantine. « Cinq petits garçons étaient là au moment des faits », précise la mère dans la vidéo.

Une plainte et une main courante déposées

Ce sont eux qui, ensuite, seraient allés voir le directeur de l’établissement. Plus tard, celui-ci aurait téléphoné à la mère de famille pour s’excuser et revenir sur ce qui s’était passé : « Il a dit que le professeur a eu un moment de « lâcher prise » », relate cette dernière, ajoutant : « Si vous n’arrivez pas à cumuler deux emplois, ne le faites pas au détriment des enfants. » Elle explique alors avoir décidé de porter plainte, constatant que son fils avait mal « et peur de retourner à l’école ».

Dans un communiqué daté de mercredi, la ville de Nanterre explique de son côté avoir pris connaissance des « accusations de violences et de menaces à l’école Picasso », rappelant que la mère a porté plainte, mais également qu’une autre procédure est en cours. Cette fois, il s’agit d’une main courante déposée par le directeur de l’établissement « suite à des menaces visant l’enseignant mis en cause ».

Joint par téléphone, le cabinet du maire explique que « deux versions des faits s’opposent dans cette affaire ». « D’un côté le témoignage de la mère qui, s’il est avéré, est complètement inadmissible, et de l’autre celui de la direction de l’établissement et de l’enseignant qui réfutent les accusations. »

Des agents de tranquillité mobilisés

La ville ajoute qu’il advient désormais à la justice d’« établir les faits », précisant suivre « attentivement » les procédures et que le maire a contacté le procureur de la République des Hauts-de-Seine au sujet cette affaire. Dans une démarche d’« apaisement et de dialogue », elle a ajouté avoir mobilisé des agents de tranquillité publique aux abords de l’école au moins jusqu’à lundi. « C’est une mesure de prévention, on ne veut pas que ça dégénère », explique le cabinet du maire.

Dans l’attente des conclusions de l’enquête, la ville de Nanterre affirme rester vigilante à ce que les élèves et les enseignants continuent de « travailler dans des conditions sereines, et en toute sécurité ». Elle précise également rester à disposition de la famille de l’élève et de l’enseignant « qui seront reçus s’ils le souhaitent ». Un courrier a été adressé en ce sens à la mère de l’enfant, lui proposant un rendez-vous pour la semaine prochaine.