Municipales à Paris : Rachida Dati relance sa campagne pour le second tour.
Rachida Dati a obtenu 25,46 % des voix au premier tour des municipales à Paris, accusant un retard de plus de 12 points face à Emmanuel Grégoire, qui a obtenu 37,98 %. Le retrait de Sarah Knafo du parti Reconquête a été annoncé mardi, soulignant son objectif de battre la gauche.
Rachida Dati peut retrouver le sourire. L’ambiance n’était pourtant pas à la fête dimanche soir dans son siège de campagne, suite aux résultats du premier tour des élections municipales à Paris. Avec 25,46 % des voix, la candidate de la droite accusait un retard de plus de 12 points face à son concurrent socialiste Emmanuel Grégoire (37,98 %). Surtout, l’ancienne ministre de la Culture voyait Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Sarah Knafo (Reconquête) se qualifier pour le second tour, ce qui complique la situation pour le match face au candidat socialiste.
**« Pressions » sur Bournazel**
Cependant, au cours des dernières heures, Rachida Dati a finalement réussi à fusionner les listes avec le bloc central, aidée par Edouard Philippe, le leader d’Horizons, qui aurait, semble-t-il, exercé des pressions sur son poulain.
« Bournazel n’a pas envie de se retirer, mais c’est Edouard Philippe qui le paye à la fin du mois. Comme tout le monde, faut qu’il paye ses factures », a raillé un poids lourd de la campagne de Rachida Dati.
C’est avec une mine contrite que Pierre-Yves Bournazel a annoncé lundi soir la fusion, précisant toutefois qu’il n’en ferait pas lui-même partie. « Il a dû avoir un certain nombre de pressions pour fusionner les listes et comme il avait dit qu’il ne rejoindrait pas Dati, il reste aligné avec ce principe », a commenté une militante macroniste.
Dans le camp de Rachida Dati, on s’intéresse peu aux états d’âme du centriste. « Cette fusion est une évidence pour mettre en œuvre l’alternance à Paris après 25 ans de gestion socialiste. C’est un signal fort, la question des personnes est secondaire », a affirmé David Alphand, élu parisien et soutien de la candidate.
**Knafo se retire**
La problématique Knafo s’est également réglée ce mardi avec le retrait de la candidate du parti Reconquête. « J’ai toujours dit que j’avais un objectif depuis l’annonce de ma candidature : battre la gauche. Donc je tiens le cap », a déclaré Sarah Knafo dans une interview au journal *Le Parisien*, malgré les réserves de certains de ses proches. « Je suis pour le maintien, comme beaucoup de colistiers. En cas de retrait, il y aurait beaucoup de déception chez les Parisiens qui nous ont fait confiance », avait assuré Samuel Lafont, candidat Reconquête dans le 15e arrondissement de la capitale, juste avant l’annonce.
Avec ces deux développements, Rachida Dati se donne un nouvel élan pour aborder les derniers jours de sa campagne, au grand dam de la gauche : « Paris devient le laboratoire de l’union des droites. Personne ne nous fera croire que Knafo se retire gratuitement, il y a un deal caché, et peut-être des gages sur la politique à mener à Paris », a tranché Ian Brossat, sénateur communiste parisien.
Le colistier d’Emmanuel Grégoire a également critiqué l’accord avec Pierre-Yves Bournazel. « C’est une fusion sous la contrainte et la menace. Lui-même ne l’assume pas, c’est la fusion honteuse », a soupiré l’élu. « Je suis convaincu que les électeurs de Bournazel ne seront pas dupes et que les électeurs de gauche se mobiliseront massivement », a-t-il ajouté. Cependant, Emmanuel Grégoire sera probablement affaibli par le maintien au second tour de la candidate insoumise Sophia Chikirou, une autre bonne « surprise » pour Rachida Dati, et ce sans même avoir besoin de demander.

