Municipales à Paris : Rachida Dati et la droite misent sur le grigri Sarkozy pour l’emporter

Rachida Dati et Nicolas Sarkozy — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

  • Rachida Dati était en meeting salle Gaveau à Paris à cinq jours du premier tour.
  • La candidate Les Républicains a reçu le soutien de Nicolas Sarkozy.
  • Depuis le début de la campagne, Rachida Dati revendique une filiation avec l’ancien président de la République.

« Cher Nicolas… Quelle fierté et quel bonheur de t’avoir à nos côtés ». Quelques mots, la salle Gaveau exulte. Christian Jacob reprend sous les hourras. « Toi qui nous as tant donné ! Qui a tant donné à la France et a permis à Rachida de se révéler et d’être ce qu’elle est aujourd’hui ! ». Le patron des Républicains poursuit, mais les militants de droite n’attendent qu’une chose : l’arrivée de Nicolas Sarkozy.

L’ancien président est dans le 8e arrondissement ce lundi soir pour soutenir Rachida Dati, la candidate LR dans la capitale, à quelques jours du premier tour des municipales. Lorsque les deux arrivent sur scène, celle-là même où l’ancien chef de l’Etat avait fêté sa victoire le 6 mai 2007, les acclamations redoublent. « Mes chers amis, vous imaginez mon émotion de revenir ici. Chère Rachida, on a pratiqué cette salle tant de fois… » Le cheveu est aujourd’hui plus gris, la voix moins puissante, mais très vite, l’animal politique réapparaît.

Le (très court) show de Nicolas Sarkozy

« J’ai voulu être ici car c’est un moment politique important […] Rachida, c’est quelqu’un de fidèle, c’est juste de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Car dans la politique, dire de quelqu’un qu’il est fidèle, wahou… c’est un truc énorme, c’est une maladie extrêmement rare ». Nicolas Sarkozy s’amuse avec la salle puis retrace brièvement le parcours de sa protégée, depuis son poste de conseillère au ministère de l’Intérieur en 2002, à sa nomination comme garde des Sceaux en 2007.

« J’ai toujours pu compter sur elle, et aujourd’hui, tu peux compter sur moi. […] Ça me fait plaisir de voir ce succès et cette dynamique. Ça me fait plaisir pour toi, pour la France et pour la droite républicaine », reprend l’ancien président. A ses côtes, Rachida Dati écoute timidement, tête baissée. Il reprend : « Il y a quelque chose que j’aime chez elle, elle est tellement courageuse », rappelant le manque d’allant de certains, à droite, en début de campagne. « J’aime mieux qu’ils soient peu nombreux au début et énormes à l’arrivée que le contraire. Elle a une énergie inépuisable. Et ça, c’est quand même ton côté sarkozyste ». L’intervention du retraité de la vie politique n’a duré qu’une poignée de minutes, mais elle a galvanisé la foule.

Dati la joue comme Sarkozy

Dans la foulée, Rachida Dati déroule son programme autour de son triptyque : sécurité, propreté, famille. Elle torpille aussi, avec son aisance habituelle, ses principales concurrentes, Anne Hidalgo et Agnès Buzyn. « Elle fait campagne sur les fondamentaux de la droite, mais c’est surtout les sujets de préoccupation des habitants, tacle Agnès Evren, candidate LR dans le 15e arrondissement. Car sur la sécurité ou la propreté, madame Hidalgo se dérobe. »

Ses soutiens louent ses multiples déplacements sur le terrain, dans les quartiers populaires notamment, et sa promesse de fermeté contre les dealers de drogue et l’insécurité. Du terrain, des attaques, et des sorties polémiques, un modèle de campagne « sarkozyste ». « Il y a beaucoup de similitudes. Ce sont des « warriors » tous les deux. Rachida est une battante comme Nicolas Sarkozy. Et comme lui, elle est sans ambiguïté sur ses propositions », insiste Agnès Evren. Dans la salle, les militants sont convaincus du parallèle. « Certains disent que Dati est la Sarkozy féminine, je trouve ça juste, sourit ainsi Monique. Elle a la pêche et n’a pas eu peur d’aller dans les endroits difficiles ».

« La présence de Sarkozy est bonne pour le moral de la droite », salue Jean-Pierre Lecoq. Mais le maire du 6e arrondissement pense déjà à la suite. «Il reste très populaire dans l’électorat, et pourrait attirer les personnes qui commencent à revenir du macronisme ». Car malgré sa bonne dynamique dans les sondages, Rachida Dati devra rassembler plus largement au second tour si elle veut l’emporter. La droite mise pour cela sur son grigri, Sarkozy, et ses recettes de campagne victorieuses. Ce soir, elle fait aussi mine d’oublier que l’ancien président a pu échouer, par deux fois en 2012 et 2016, avec ces mêmes recettes.

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