Municipales à Paris : Agnès Buzyn succède à Benjamin Griveaux pour réanimer une campagne en perdition

Agnès Buzyn remplace Benjamin Griveaux et prend la tête de la campagne municipale parisienne — engagés dans la campagne

  • Après trois jours de marasme politique, « l’affaire Griveaux » a finalement trouvé, ce dimanche, une issue avec la désignation d’Agnès Buzyn.
  • La validation de cette candidature – en interne et par la commission nationale d’investiture – semble être une formalité compte tenu de l’urgence pour la majorité présidentielle d’avoir un candidat, à un mois du premier tour.
  • La ministre de la Santé n’avait jamais caché sa volonté de s’engager politiquement à Paris.

« J’y vais, j’en ai envie. J’y vais pour gagner. » Après trois jours de marasme politique, « l’affaire Griveaux » a finalement trouvé, ce dimanche, une issue. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé en fin d’après-midi qu’elle se portait candidate pour prendre les rênes de la campagne pour la mairie de Paris. La validation de cette candidature – en interne et par la commission nationale d’investiture – semble être une formalité compte tenu de l’urgence pour la majorité présidentielle d’avoir un candidat, à un mois du premier tour. Vendredi, après la divulgation d’une vidéo intime, Benjamin Griveaux a en effet annoncé son retrait.

Une demi-surprise

Dès l’annonce du retrait de l’ancien porte-parole du gouvernement, le nom d’Agnès Buzyn a circulé comme potentielle remplaçante. La ministre de la Santé n’a jamais caché sa volonté de s’engager politiquement à Paris. « J’ai toujours dit que je voulais être candidate à Paris et que je voulais m’engager pour ma ville », confiait-elle encore la semaine dernière sur BFM. Ces derniers jours, pourtant, la ministre semblait plus hésitante. Alors que son nom était évoqué pour être tête de liste dans le 6e arrondissement où elle réside puis dans le très stratégique 15e arrondissement, elle n’a eu de cesse de repousser la décision. Si elle mettait en avant un agenda particulièrement chargé, certains y ont également vu un effet des mauvais sondages de la campagne parisienne.

De nombreux dossiers en suspens

Réforme des retraites, crise à l’hôpital, coronavirus… Ces dernières semaines, la ministre de la Santé a effectivement été sur tous les fronts. Samedi encore, elle donnait une conférence de presse après le premier décès lié au coronavirus en France. Alors que plusieurs ministres engagés dans la campagne – Edouard Philippe compris – ont décidé de garder leurs portefeuilles, Agnès Buzyn a pris la décision de démissionner de son poste dès son investiture. « Le surcroît d’activité intense, notamment liée à la crise du coronavirus, demande une implication intense », a-t-elle justifié, précisant toutefois que « la continuité de l’action du ministère pourra compter sur la solidité et l’implication totale des équipes opérationnelles ». Olivier Véran, député LREM de l’Isère et médecin neurologue, est pressenti pour la remplacer.

Une première politique pour la ministre

Si son investiture est un soulagement pour les cadres du parti, la ministre de la Santé, qui n’a jamais exercé le moindre mandat électif ou même été sur une liste, n’aura que peu de temps pour se familiariser aux rouages d’une campagne. Professeure de médecine, spécialisée en hématologie, en immunologie des tumeurs et en transplantation, la carrière d’Agnès Buzyn n’a pris un tournant politique qu’en 2017, lorsqu’elle est nommée par Emmanuel Macron. Elle incarne la « société civile » que le nouveau Président n’a eu de cesse de mettre en avant tout au long de sa campagne. Elle était alors directrice de la Haute autorité de Santé (HAS) depuis le mois de mars 2016 après avoir été longtemps présidente de l’Institut national du Cancer.

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