France

Municipales à Marseille : Amine Kessaci en campagne avec protection policière

Amine Kessaci a annoncé ce lundi rejoindre la liste du Printemps Marseillais, emmenée par Benoît Payan. Le lancement de la campagne a été fait dans les quartiers nord de Marseille, à l’Après M, un ancien McDo repris par ses ex-salariés au terme d’une longue lutte sociale.


À Marseille, le gilet pare-balles prend place dans le dressing de campagne d’Amine Kessaci. Ce militant politique d’EELV, engagé dans la lutte contre le narcotrafic, a annoncé ce lundi son ralliement à la liste du Printemps Marseillais, dirigée par Benoît Payan. Ce soutien intervient quelques semaines après l’enterrement de son frère Mehdi, assassiné en novembre dernier dans un « crime d’intimidation ».

Le lancement de la campagne s’est déroulé dans les quartiers nord, à l’Après M, un ancien McDonald’s récupéré par ses anciens salariés après une longue lutte sociale. Bien que ce type de déplacement soit habituel en temps normal, tout a été soigneusement planifié à la minute près, car le jeune homme est sous protection policière depuis plusieurs mois.

« Les menaces qui pèsent sur lui nécessitent évidemment de s’adapter », indiquent les organisateurs de la campagne du Printemps Marseillais. « Mais cela ne l’empêchera en rien de participer pleinement. Nous veillerons à ce qu’il ne prenne aucun risque. Des dispositifs sont prévus et adaptés en collaboration avec les autorités. » Aucune information sur ces dispositifs ne sera divulguée, « moins cela se sait, plus il est en sécurité ».

Concernant la protection, le meilleur moyen reste de se fondre dans l’anonymat. « Cela complique tout pour un homme ou une femme politique », souligne Jean-Pierre Diot, vice-président de la Fédération française de la protection rapprochée et ancien garde du corps de Nicolas Sarkozy.

« Le plus difficile à gérer, ce sont les foules, bien plus que les réunions ou événements dans des espaces contrôlés », précise l’expert. Un déplacement est généralement précédé d’une inspection approfondie. « Quelques heures ou jours avant, un « précurseur » est chargé de repérer l’itinéraire, de s’imprégner de l’endroit et de prévoir des issues de secours pour permettre un temps de réaction rapide en cas d’incident », ajoute-t-il.

Dans le cadre d’une campagne électorale, être sur le terrain est inévitable, ce qui constitue un moment de tension pour les équipes de protection. « Le protocole ordinaire veut qu’il y ait dans le premier cercle 4 à 5 personnes. Un élément avancé, généralement ayant fait partie de l’équipe de reconnaissance, un flanc gauche, un droit, un “kevlar” – c’est son nom – et un évacuateur », explique Jean-Pierre Diot. Un second cercle est composé de « libéraux, qui circulent autour et observent ce qui se passe ».

Des scènes de protection rapprochée pourraient être attendues lors de cette campagne marseillaise, qui ne pourra éviter un débat ainsi qu’un programme contre le narcotrafic. « Je suis sur un combat, sur une lutte à mort que j’ai entamée avec le narcotrafic, avec tout ce dispositif de sécurité qui m’entoure », déclare à 20 Minutes Amine Kessaci, qui tient à remercier les membres du service de protection.

Il décrit sa démarche comme une « lutte à mort », et souhaite œuvrer aux côtés du Printemps Marseillais pour faire de Marseille « la vitrine nationale de lutte contre le narcotrafic », avec pour objectif de créer « une association des maires de France contre le narcotrafic ». Un programme qu’Amine Kessaci prévoit de promouvoir tout au long de la campagne, escorté et avec son gilet pare-balles si nécessaire, lui qui avait été battu de justesse lors des législatives anticipées de 2024 dans les quartiers nord de Marseille.