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Municipales à Lyon : Jean-Luc Mélenchon ne prône pas le calme en meeting LFI

Au meeting de La France insoumise à Lyon, plus de 2.000 personnes ont assisté à l’événement de la candidate aux municipales Anaïs Belouassa-Cherifi, en présence de Jean-Luc Mélenchon. Selon le dernier sondage sorti par Ifop pour Lyon Capitale, Anaïs Belouassa-Cherifi est créditée de 11 % des intentions de vote au premier tour.

Lors du meeting de La France insoumise à Lyon,

« Il reste encore 200 personnes qui attendent dehors », indique l’entourage de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier ne s’attendait pas à « autant de monde » ce jeudi soir à la Bourse du travail de Lyon. Les draps recouvrant les sièges ont rapidement été retirés, permettant à plus de 2.000 personnes d’assister au meeting de la candidate aux municipales, Anaïs Belouassa-Cherifi, en présence du leader du mouvement.

« C’était important pour nous d’être là, de montrer notre soutien dans ce contexte sous haute tension, qu’on ne recule pas », déclare Alex, 50 ans, en faisant référence aux menaces de mort visant les candidats LFI, aux saccages des locaux et aux alertes à la bombe survenues après la mort de Quentin Deranque. « J’ai failli ne pas venir à cause de cela », ajoute Danielle, 79 ans, inquiète, qui accompagne Alex. Brigitte, 68 ans, indique connaître plusieurs personnes ayant choisi de ne pas se déplacer pour ces raisons. Cette militante locale a cessé de tracter pendant plus d’une semaine et a même reporté une réunion publique en raison de la situation. « Il est temps de revenir sur le terrain », affirme-t-elle.

« On ne doit pas laisser la peur gagner »

Ce rendez-vous était donc « sous haute surveillance », tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Même si « aucune menace caractérisée » n’avait été détectée avant l’événement, selon une source sécuritaire, un dispositif renforcé a été mis en place dès la fin d’après-midi. Une compagnie de CRS (entre 50 et 60 personnes) ainsi que des effectifs de la Direction interdépartementale de la police nationale du Rhône ont été mobilisés jusqu’à la fin du meeting autour de la Bourse du travail.

Des policiers d'une unité du CRS surveillent les abords de la Bourse du Travail lors du rassemblement de la candidate LFI aux élections municipales de Lyon.
Des policiers d’une unité du CRS surveillent les abords de la Bourse du Travail lors du rassemblement de la candidate LFI aux élections municipales de Lyon. - M. Delaty/Hans Lucas/AFP

« À moins qu’il y ait une bombe à l’intérieur, je ne vois pas comment quelque chose pourrait se passer », déclare Thomas*, 33 ans. Il ajoute : « On ne doit pas laisser nos peurs nous dicter nos actions, c’est justement cela, le combat contre le fascisme. Et s’il se passe quelque chose, nous serons morts en luttant pour des idées antifascistes. »

Le public lance alors le slogan « Siamo tutti antifascisti », d’origine italienne en opposition à Mussolini, pour se chauffer les voix et les mains avant l’entrée des orateurs. Anaïs Belouassa-Cherifi se présente ensuite comme « la candidate de l’antifascisme », après un bref passage de Florestan Groult, candidat à la métropole de Lyon.

La députée candidate expose ses mesures et attaque frontalement Jean-Michel Aulas, qu’elle qualifie de « coquille vide », « pion de la droite et de la macronie agonisante ». Les applaudissements viennent remplacer les huées dirigées contre l’ex-patron de l’Olympique lyonnais.

Les consignes ? « Pas de bagarre »

« C’est cool de voir qu’il y a du monde », exprime Jean*, 23 ans, venu au meeting avec des amis. Pour ce soutien de LFI, « cela donne du courage » de voir « toutes ces forces vives ». « On voulait vraiment être là parce que ce qui se passe depuis la mort du militant nationaliste est trop grave, assurent-ils. C’est un moment hyper charnière, car tout est fait pour diaboliser LFI ».

Ce sujet est abordé par le leader du mouvement. Ovationné à son entrée sur scène par des « Mélenchon, président », il débute son discours en évoquant cet aspect, critiquant la presse pendant plus de quarante-cinq minutes. Jean-Luc Mélenchon insiste sur « la déferlante médiatique » qu’il dit subir « sans interruption » depuis dix jours, mentionnant « menaces, injures, et portraits diffamatoires ». Le tout est accueilli par des applaudissements continus.

Anaïs Belouassa-Cherifi et Jean-Luc Mélenchon lors du meeting de La France Insoumise pour les municipales à Lyon.
Anaïs Belouassa-Cherifi et Jean-Luc Mélenchon lors du meeting de La France Insoumise pour les municipales à Lyon. - O. Chassignole/AFP

Il aborde ensuite le « traquenard » du collectif identitaire Némésis et l’agression mortelle d’un jeune de 23 ans, rappelant son soutien à la Jeune Garde qui n’a « jamais voulu la mort de qui que ce soit ». « C’est nous qui mourrons sous les coups », affirme-t-il en citant 12 attentats d’extrême droite depuis 2022.

Entre deux moments où il fait rire l’assistance, il rappelle avoir également été victime de deux tentatives de meurtre, et avoir « pardonné » à l’un des agresseurs pour « remporter la victoire morale, celle des non-violents ». « S’il m’arrive quelque chose de mauvais, il n’y aura pas de vengeance. Et nous aurons gagné la bataille avec les seuls mots que je viens de prononcer », déclare-t-il. Il répète alors plusieurs fois « les consignes ». « Quand une bagarre commence, on ne sait jamais comment cela va finir, c’est pourquoi je vous dis : Pas de bagarre ! ». « S’il y a des perturbateurs, vous savez ce qu’il faut faire ? Rien », rappelle-t-il à l’assistance. Habitué, dit-il, aux meetings chahutés, il appelle à la discipline.

Puis, après de longues minutes de critiques à l’encontre de Donald Trump et du gouvernement, le leader de LFI adresse également des piques locales, notamment à Jean-Michel Aulas et sa volonté de mettre « le portrait d’un fasciste sur l’Hôtel de ville ». À l’attention de l’actuel maire de Lyon, Grégory Doucet, il lui lance un avertissement : « Changez de ton. Les conditions, c’est nous qui les posons », en référence aux propos de l’élu concernant une éventuelle alliance au deuxième tour.

« Lyonnais, choisissez »

« Lyonnais, choisissez », a enfin déclaré Jean-Luc Mélenchon. Le public, déjà conquis, se lève pour chanter La Marseillaise, L’Internationale, puis, une nouvelle fois, « Siamo tutti antifascisti ».

« Ahhh, c’était un grand show », s’écrient en souriant Raphaël et Seif, âgés de 50 et 60 ans, en sortant de la salle après 2h30 de discours. « On l’a [Jean-Luc Mélenchon] rarement vu comme cela », poursuivent-ils. Pour eux, ce meeting représentait « un coup de boost » dans cette période de « stigmatisation des électeurs de LFI ». « Ça fait du bien au moral, on en avait besoin. Et eux [les candidats] ont aussi besoin de nous, de voir notre mobilisation », affirment-ils.

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Selon le dernier sondage publié par Ifop pour Lyon Capitale, Anaïs Belouassa-Cherifi est créditée de 11 % des intentions de vote au premier tour.